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  • La photographie au jardin

    Reporter photographe travaillant habituellement pour des magazines (L'Optimum, Citizen K... ) Jean-Claude Figenwald présente sa première exposition actuellement à la Filature de Mulhouse. Un accrochage et une présentation pas complètement anodins dans une ville où il a grandi et où il est revenu à la recherche d'un temps perdu: celui de l'enfance où l'on exporte ses jeux hors du quartier dans les jardins familiaux à piquer des pommes et des groseilles.

    En choisissant de travailler sur un thème choisi - les jardins familiaux - Jean-Claude Figenwald a à la fois opéré par balayage systématique de tous ces carrés de verdure au coeur de la ville ou tout juste à ses marges et par une sorte de focalisation plus subjective dont son regard a choisi les règles sensibles.

    Ces jardins aujourd'hui appelés "familiaux" mais que jadis on nommait "jardins ouvriers" - il reste pourtant encore beaucoup d'ouvriers dans cette ville de Mulhouse notamment dans l'industrie automobile - offrent au photographe un tableau vivant et naturel changeant au fil des saisons. En travaillant en format carré, le photographe accentue évidemment cette manière d'encadrer l'espace, faisant de ces espaces cultivés, appentis et autres chambrettes de cabanons, le théâtre clos d'une vie presque hors du temps.

    Dans cette géométrie de l'espace, les objets et les personnes sont mis en scène non pas dans leur activité vernaculaire -  cultiver son jardin, faire pousser ses légumes, arroser ses plants - mais posant pour le photographe comme les personnages figés d'une histoire laissée en creux.

    Ces femmes, ces hommes et leurs enfants, seuls, en couple, en famille, jeunes et vieux, affichent leur appartenance à cet espace terrien où ils passent leurs loisirs, à l'écart de la rumeur urbaine, à biner, bêcher, éclaircir, taluter, amender, pincer les gourmands, cueillir les fruits et récolter leurs légumes. Une activité jadis aussi vivrière.

    La manière dont Jean-Claude Figenwald a capté cet univers rejoint le testimonial et le documentaire. Chacun y est représenté dans sa simplicité, dans la pose la moins spectaculaire possible.

    La nature occupe évidemment certains plans comme une matière parfaitement poétique alors que les ustensiles de jardins, les meubles des petites vérandas improvisées, évoquent le travail de la terre et le repos qui s'en suit, les repas entre amis ou en famille quand le soleil tape fort, les apéros joyeux, les fins d'après-midi dominicaux où l'on ferme sa cabane et l'on redescend vers la ville avec son panier des légumes frais pour la semaine, ses fruits pour les confitures...

    Dans notre monde agité et bruyant, pollué et autodestructeur, ces jardins sont ici comme le symbole d'un paradis perdu. Le photographe y promène son regard avec l'empathie acérée de celui qui à la fois sait écouter ces vies qui se racontent dans la calosité d'une main, les rides d'un visage ou sur les murs d'un abri décoré avec soin par ses occupants, et en même temps recherche cette distance qui permet d'extraire de ces sujets le seul vecteur narratif pour laisser s'exprimer le sens propre de l'image.

    Mais au-delà des portraits que propose Jean-Claude Figenwald, qui sont autant de preuves d'humanité profonde où se mêlent diverses cultures issues de l'immigration qui disent leur "être-là", c'est dans les clichés sans personnages que le jardin soudain éclate de sens. Bosquets, plants alignés, ombrages d'un arbre fruitier, mottes de terre donnent les couleurs de ces tableaux inanimés. Le cadrage cherche sa perspective, comme une échappée belle de la vie au coeur d'une nature oubliée...

  • "Présumés innocents": deux autres mises en examen

    Après Henry-Claude Cousseau, ce sont les deux commissaires de l'exposition "Présumés innocents" qui viennent d'être mis en examen par un juge bordelais pour "diffusion d'images à caractère pornographique" dans le cadre d'un procès scandaleux fait à l'expression artistique contemporaine. Marie-Laure Bernadac, actuellement conservatrice au Louvre, et Stéphanie Moisdon-Tremblay, critique d'art, qui avaient conçu l'exposition visée au CAPC de Bordeaux, se retrouvent à leur tour sur le banc des accusés.

    Le premier mis en examen, directeur du CAPC au moment de l'exposition incriminée il y a 6 ans déjà, et aujourd'hui directeur de l'école nationale des beaux-arts de Paris, a certes reçu le soutien du Ministre de la culture, mais surtout celui de la communauté artistique et critique face à cette "réaction" qui attente à la liberté d'expression artistique.

    Dans le journal Libération du 20 décembre dernier, parlant de l'association La Mouette qui a porté plainte contre lui, Henry-Claud Cousseau notait "Cette association se trompe de cible. Ce n'est pas aux artistes qu'il faut s'en prendre, mais à la mercantilisation de l'image de l'enfant dans la publicité et ailleurs".

    On apprend dans ce même quotidien que des enquêteurs se sont rendus chez l'Autrichienne Elke Krystufek à Vienne à la recherche d'une "pièce à conviction", une oeuvre "coupable" citée par les plaignants... On croit rêver! Le fait de ne pas distinguer ce qui a pu être publier du travail de l'artiste dans le catalogue de l'exposition et ce qui a été effectivement montré au CAPC ajoute à la confusion. Sur 200 oeuvres et quelques 80 artistes que réunissait l'exposition "Présumés innocents" il y a sûrement encore matière à persécuter pour cette association dont on s'interroge vraiment sur les réelles motivations.

    Citons simplement notre ministre de la Culture argumentant sa défense d'Henry-Claude Cousseau: "L'objet [de l'exposition] était de mettre en relief les agressions multiples dont les enfants peuvent être victimes, même si cela peut choquer, et (...) des mesures avaient été prises pour restreindre l'accès à certaines parties de l'exposition".

    Il faut, plus que jamais, soutenir ces personnalités du monde artistique français aujourd'hui clouées au pilori d'une inacceptable censure!

    Et signer la pétition de soutien

    noslibertes-nosdroits@aliceadsl.

  • La mauvaise plaisanterie belge

    Orson Welles a fait des émules à la RTBF, la télévision belge qui a semé le trouble dans l'opinion publique avec son canular de mercredi dernier. L'interruption des programmes par une édition spéciale annonçant la déclaration d'indépendance de la Flandre, la fuite du roi et la partition de la Belgique a surpris tout le monde (sauf ceux qui étaient prévenus). Le faux JT et ses envoyés spéciaux et quelques invités connus ont suffi pour laisser croire pendant quelques minutes tout de même qu'il s'agissait bien de l'événement du siècle au pays de Tintin.

    Bien sûr tout cela n'était qu'une info-fiction parfaitement menée et parfaitement cautionnée par la direction de la RTBF. Au-delà des commentaires et des réactions virulentes que cette forme de journalisme a provoqué on peut se souvenir que l'invasion des Etats-Unis par des extra-terrestres avait déjà été annoncée avec le même type d'impact par Orson Welles à la radio il y a bien longtemps déjà., s'inspirant du roman La Guerre des Mondes. Le hasard télévisuel fait qu'un remake du film portant le même titre était diffusé jeudi soir sur une chaîne française...

    Cette manière de provoquer le débat - puisque c'est ainsi que la RTBF a justifié son canular - est-elle journalistiquement parlant défendable? Car c'est bien l'équipe rédactionnelle de la RTBF avec son présentateur vedette du JT quotidien qui a servi la farce et non des comédiens interprétant une fiction. Alors, peut-on ainsi journalistiquement parlant, prêcher le faux pour provoquer le vrai (les réactions d'un pays sur la question de la partition linguistique dans le cas présent)?

    Les docu-fictions se multiplient: on nous a refait le coup de la tempête, on nous a joué le drame des automobilistes bloqués sur l'autoroute par la neige, en mélangeant allégrement le vrai-faux reportage, des images d'actualités et des acteurs efficaces et crédibles.

    A trop vouloir jouer avec ces principes on risque fort de faire passer le journal de PPDA comme le dernier épisode de "Tintin au Congo"

    Bien sûr, au bout de quelques minutes le journaliste a annoncé que tout cela n'était qu'une fiction comme cela avait d'ailleurs été fait tout en début de séquence. Mais les téléspectateurs - à en croire les réactions évoquées par les médias le lendemain - ont cru à cette histoire belge assez longtemps pour trouver qu'elle était de mauvais goût dès lors qu'ils ont compris qu'ils étaient tombés dans le panneau...

     

     

     

  • Les journalistes se méfient des blogs

    70 % des journalistes n'utilisent pas les blogs comme source d'information.

    C'est ce que suggère l'étude réalisée par Fleishman Hillard auprès de 81 journalistes français, travaillant en majorité dans des titres de la presse écrite:

    • 45% d’entre eux consultent des blogs régulièrement
    • 63% déclarent que les blogs ont une influence sur l’opinion publique
    • 54% pensent qu'ils ont une influence sur les médias
    • 15% seulement estiment que ce phénomène va connaître un développement important
    • 70% des journalistes interrogés n’utilisent pas les blogs comme source d’information régulièrement. Principaux griefs: la fiabilité et la qualité des informations
    • 35% des professionnels interrogés dans le cadre de cette étude estiment que dans le futur les blogs seront intégrés dans l’exercice de leur métier
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