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  • Les sondages mènent la danse

    Ce qui frappe dans cette campagne des présidentielles, c'est la versatilité des grands médias. Surfant sur les sondages dont on finit par faire des acteurs importants de ce barnum médiatique (cf l'expression de Michel Onfray), les médias font osciller le balancier des tendances au même rythme que IPSOS, TNS-SOfres et CSA.

    Ainsi, prenons François Bayrou. Quand il affichait encore moins de 20 % au compteur, soit un score ne lui permettant pas d'espérer passer en seconde mi-temps de ce match présidentiel, les instituts de sondage se fendaient néanmoins d'une question sur ses chances... au 2e tour!

    Finalement, cela a peut-être boosté son score (du moins dans les intentions de vote) de manière mécanique. Et après certains osent encore dire que les sondages n'ont aucune influence sur la seule réalité du "terrain". Le terrain ici c'est un électeur encore indécis mais qui semble jouer au casino avec des jetons Sarkozy, Bayrou, Royal.

    Et finalement, les journalistes commentent plus les sondages que les programmes. Evidemment, à ce jeu statistique et de marketeing politique pur, les petits candidats mangent la pelouse. La campagne officielle et ses règles d'égalité stricte de temps de parole leur redonne certes un porte-voix, mais le brouhaha médiatique dans la presse écrite n'est pas pour autant atténué, puisque les journaux et les magazines ne sont pas tenus aux mêmes règles.

    Ajoutez à cela que ce sont la plupart du temps les médias eux-mêmes qui commanditent les sondages et la boucle infernale est bouclée.

    Ce qui est finalement rassurant, c'est qu'au matin du 22 avril, chacun se retrouvera juste face à son droit de vote sans une petite voix qui lui souffle, juste avant le passage à l'acte, la tendance du jour...

     

     

  • Médias: toujours plus!

    De plus en plus et de plus en plus souvent. L'appétit médiatique des Français suit une courbe en hausse si l'on en croit la dernière étude "Media in life" de l'institut Médiamétrie. Celle-ci montre que nous utilisons plusieurs médias dans une même journée et notamment les quatre principaux: télévision, radio, presse et internet. La consommation de médias progresse de 6,9 % en 2006 par rapport à 2005.

    Il faut néanmoins rattacher ce bond en avant à l'augmentation continue de l'utilisation d'internet et à la pratique croissante du téléchargement musical.

    Media in life nous apprend également que ces nouvelles pratiques de consommation de médias viennent s'ajouter le plus souvent à celles déjà engagées par les consommateurs. Ces derniers grignotent leur "temps média" sur les autres plages de vie, et notamment sur les séquences de repos.

    Ces pratiques de substitution ne sont pas les seuls paramètres de hausse de consommation. Le fait de pouvoir pratiquer des médias en déplacement (grâce à la mobilité et au nomadisme des divers matériels de loisirs ou terminaux de communication portables):ainsi,

    71 % des Français s'adonnent à cette pratique médiatique voire multimédiatique, hors domicile.

    Les médias c'est de plus en plus, quand je veux, où je veux et comme je veux!

     

  • Quand les candidats se plantent

    En journalisme il existe un principe désigné par le terme "droit de suite". Il consiste, pour celui qui pense que ce métier requiert encore quelque rigueur, à revenir à la charge sur un sujet déjà traité pour vérifier si tout cela colle vraiment ou si les réponses obtenues aux questions posées correspondent bien à la réalité.

    Le journal Le Monde a dernièrement repris ce principe pour épingler les candidats passés dans l'émission de TF1 "j'ai une question à vous poser".

    L'exercice confirme que souvent le discours politicien ne s'embarrasse pas de précision et surfe allégrement sur la vague de l'à peu près ou de l'intox.

    Quelques exemples cités dans l'article du Monde, déclinés par candidat à l'Elysée:

    Sarkozy pour commencer, qui affirme que la moitié des Français touchent le SMIC. Perdu! Selon Eurostat, rapporte Le Monde, près de la moitié des Français perçoivent 1484 euros par mois et seulement 15,6 des salariés gagnent le SMIC à plein temps.

    Même plantage su re prix du baril de pétrole: le record historique du baril s'établit à 77,25 dollars, le 13 juillet 2006. Sarkozy joue la surrenchère quand il affirme: "Lorsque j'étais ministre des Finances, le Brent était à 42 dollars le baril, c'est monté jusqu'à 90, c'est redescendu".

    Fâché avec les chiffres, l'ancien locataire de Bercy, l'est aussi avec les dates: quand il évoque l'inflation: "Il y a 40 ans, on empruntait à 18 % et il y avait une inflation à 24". Faux! Il y a 40 ans, on était donc en 1967, l'inflation était de 2,7 % seulement. C'est en 1974 (choc pétrolier!) avec 13,7 % et en 1980 avec 13,6 % que l'inflation bat ses records et donc que le différentiel avec les taux d'emprunt joue de son effet positif.

    Bon d'accord, c'est du direct et du "sans fiches" genre "je vous regarde dans les yeux et je vous dis ce que je crois savoir", mais quand même ce sont là des repères classiques de l'histoire économique hexagonale qu'un ancien ministre des Finances devrait parfaitement maîtriser.

    Pour respecter l'ordre juste, passons à Ségolène Royal, qui n'est pas en reste dans "l'inexactitude" tout en ayant fait preuve d'une grande 'bravitude" lors de son passage d'examen participatif télévisuel.

    Sur la question du salaire minimum, elle ne fait guère mieux que son adversaire UMP quand elle lance que "notre salaire minimum est l'un des plus bas, notamment par rapport aux pays du Nord". Plantée! Le salaire minimum français (1254 euros mensuels brut) est au contraire l'un des plus élevés d'Europe après le Luxembourg, L'irlande et la Belgique. Quant aux pays du Nord, Suède et Finlande, il n'y a tout simplement pas de salaire minimum!

    Comme quoi, on a beau avoir fait l'ENA, on peut tout de même être fâchée avec le calcul. Quand la candidate socialiste dit que la revalorisation de 5% des minimum vieillesse mettrait immédiatement 50 euros de plus dans la tirelire de nos anciens chaque mois, elle se trompe. 5% de 625 euros, cela fait 31 euros! Elle sert à quoi la calculette?

    Bon, ça suffit, arrêtons le massacre! On peut se dire que quand les discours plus classiques sont préparés toutes ces données sont vérifiées par une cohorte de conseillers experts et vigilants et que finalement c'est l'épreuve médiatique qui dans ce cas a troublé la bonne intelligence de nos candidats... Et que dans ce spectacle politique, l'animateur de la soirée (un journaliste nommé PPDA qui a plutôt l'air de s'emmerder) ne sert pas non à rectifier en direct ce genre d'erreurs et d'approximation..

     

     

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