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  • La mouche du coche

    Plantu a raison quand il "mouche" Sarkozy. Mais évidemment cela ne plait pas au peut-être futur locataire de l'Elysée...

    On a tellement dit que Le Monde roulait pour le candidat de l'UMP que la résistance du dessinateur du Monde vient apporter une sorte de démenti à cette rumeur. Un dessin suffit-il à marquer la ligne éditoriale d'un journal? Certainement pas, mais dans une société où l'on se retrouve devant les tribunaux parce qu'on a publié des caricatures mettant en jeu la question de l'islam (cf Charlie hebdo, qui n'a pas été condamné, heureusement!), on peut se dire que la liberté de la presse peut encore se réfugier dans le trait critique et acéré d'un Plantu.

    Après que cela énerve Sarkozy...

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  • Vous avez dit désir?

    Dernier  hoquet en date de la campagne, celui de Michel Rocard appelant - dès le premier tour - à une sorte d'union sacrée de principe Royal-Bayrou pour faire front à l'axe Sarkozy-Le Pen dans une interview au journal Le Monde. Souvenons-nous au passage que ce dernier avait été mandaté par la candidate du PS pour rédiger un rapport sur "les enjeux numériques", intitulé "République 2.0 Vers une société de la connaissance ouverte".

    Beaucoup d'observateurs, mais encore plus de simples électeurs, n'y retrouvent plus leur latin politique traditionnel dans cette messe qui soudain paraît loin d'être dite même si les pithies sondagières se piquent de lancer leurs oracles médiatiques.

    A tel point qu'ils risquent de se retrouver à voter par défaut, par souci de contrecarrer la tendance des affichages statistiques partiels des instituts de sondage, pour un candidat pour lequel ils n'ont aucun "désir". Une manière d'aboutissement logique du désamour des Français pour la politique.
    Cet absence de désir, évoquée ce soir sur l'antenne de France Inter par le philosophe Bernard Stiegler, contraste tristement ( eh oui, la chair est triste!) avec les "Désirs d'avenirs" markettés par Ségolène Royal.

    INTERNET: UN EVENEMENT IMPORTANT, EN POLITIQUE AUSSI 

    Stiegler oppose à ce désir absent, l'omniprésence de la "pulsion", qui se travestit dans tous les simulacres télévisuels notamment. Qu'on n'imagine pas pour autant qu'il rejette la société de la communication dans son ensemble. Et notamment pas internet dont il perçoit le caractère important dans l'évolution des modes relationnels et culturels dans le monde d'aujourd'hui. Particulièrement dans sa dimension participative remettant en jeu l'idée de démocratie, ec qui rapportée au débat présidentiel actuel est ainsi formulée par le philosophe: "Je pense qu’Internet va transformer très profondément la vie politique. Je crois que ça va conduire à une participativité, à une implication, à une contribution des gens beaucoup plus grande dans la vie politique et c'est une très bonne nouvelle. Il s’est produit une coupure pendant les dernières décennies du fait des médias de masse qui ont produit des courts-circuits dans l'individuation collective, à travers le fait que la radio et la télévision, les médias se sont substitués aux appareils démocratiques (ce que j'appelle la télécratie). Internet permet d'imaginer une relance de la démocratie. Ce peut être aussi un outil de manipulation beaucoup plus fort aussi."

    Plus qu'une évolution, une révolution à l'image de l'invention de Gutenberg ainsi que le suggère Stiegler en affirmant que "Si on considère l'informatique comme une nouvelle écriture, la mise en réseau des ordinateurs individuels sur le web correspond à un événement de même portée que l'invention de l'imprimerie". Avec un sacré enjeu à la clef: "L'accès aux textes, aux images, aux sons, à toute la mémoire matérialisée de notre civilisation fait surgir la même possibilité neuve: celle que chacun d'entre nous puisse accéder à ce fonds directement, sans passer par ces intermédiaires obligés que sont aujourd'hui les médias, les chaînes de télévision, les détenteurs du savoir... "

    "LA SORTIE DU MODELE"

    Au-delà de la seule cyber-révolution, l'émergence du web 2.0 inspire aussi Stiegler: "La grande nouveauté réside dans le fait que le destinataire n'est plus seulement passif sous la sujetion des médias, il est média lui-même, qui créé sa propre information. Internet, en ce sens, permet d'envisager la sortie du modèle (...) dans lequel le producteur délivre quelque chose d'en haut à des individus qui se contentent de l'absorber, et l'entrée dans un autre système, s'autoproduisant en permanence".

  • Que disent au fond les sondages?

    Que disent au fond les sondages? C'est un peu la question que soulève l'analyse de l'IRM, l'Institut de Recherche en Macropolitique animé par Jean-Marc Jouffroy qui répond à sa manière que le mieux placé des candidats au fauteuil élyséen ne rassemblerait au final mathématique que 8 % des suffrages. Du moins en se référant "aux certitudes de vote par rapport à l'ensemble de la population". En d'autres termes, l'animateur de l'IRM traduit aussi cette lecture des chiffres par une formule ironique: "l'impopularité latente de notre futur président de la république".

  • Tout le monde il est journaliste!

    medium_RUE89.pngArnaud Aubron, Pierre Haski, Michel Lévy-Provençal, Laurent Mauriac, Nicole Pénicaut et Pascal Riché vont lancer un nouveau site d'information basé sur le concept de co-production de l'information entre les journalistes professionnels qu'ils sont et des "journalistes-citoyens" élaborant directement leur propre information.

    Son titre RUE89, dont on peut déjà découvrir le making-off ainsi que l'interview vidéo réalisé par Benoit Raphaël, l'initiateur du site du Dauphiné Libéré quelcandidat.com.

    D'autres comme AGORAVOX ont déjà ouvert la voie en faisant participer l'internaute à cette élaboration de contenu informatif. ce site revendique 10 000 rédacteurs et a organisé dernièrement les Assises du journalisme citoyen

    Plus généralement le "journalisme citoyen" (citizen journalism) alimente le débat au sein d'une profession qui se pose aujourd'hui beaucoup de questions: à la fois sur sa légitimité par rapport à l'émergence d'une démocratie d'opinion que l'actuelle campagne des présidentielles flatte de façon populiste; mais aussi sur la légitimité et la place de la parole citoyenne comme 5 e pouvoir.

    Les journalistes "professionnels" se sont aussi retrouvés début mars à Lille et Arras pour "leurs" Assises du journalisme pour rappeler quelques principes qu'ils entendent défendre face à l'émergence de ces nouveaux modes de collecte et de diffusion de l'information générés par des journalistes "amateurs".

    A force de penser que leur pouvoir (le 4e dit-on) les exonère de rendre des comptes à leurs lecteurs-auditeurs-téléspectateurs-citoyens, les journalistes auraient-ils raté le coche du participatif, contributif, interactif?

    Le récente rapport Tessier (l'ex-patron de France Télévisions) pointe du doigt ce nouveau paramètre de la relation entre l'information et les acteurs de la démocratie, journaliste mais aussi citoyen-correspondants. Il préconise même de donner à ce citoyen-journaliste un statut dans la chaîne de production de l'information. Certains médias interactifs rémunèrent déjà ces contributions de journalistes spontanés (ex: citizenbay) et l'ancien patron du pôle public de télévision suggère que le statut existant du correspondant local de presse (dans la presse régionale et locale) offre un modèle adaptable à l'émergence de ces nouvelles relations de production de l'information.

     

     

     

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