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Une autre posture professionnelle

Le web 2.0 stimule la réflexion sur l'exercice du métier de journaliste. Une simple évolution ou une véritable révolution? L'avenir le dira, mais par les temps qui courrent, les rédactions doivent s'interroger sur leur pratique professionnelle à deux niveaux:

- quels outils et quels supports pour l'information?

- quels rapports avec l'info-consommateur?

Avec une question connexe, celle de la valeur (marchande?) de l'information dans un monde de la communication où la gratuité bouge les lignes traditionnelles.

Les deux questions sont évidemment liées.

Sur la première, cela fait longtemps maintenant que l'ordinateur d'abord, puis l'accès à internet, ont modifié le travail du journaliste. Dans son rapport à l'écriture et aux processus de production par exemple, notamment dans la presse écrite. Mais aussi dans la rapidité de la recherche d'information facilitée par le web, par l'immédiateté des sollicitations que permet le net (on s'attend toujours à une réponse immédiate à une question qu'on pose à son interlocuteur...).

Mais aujourd'hui, le web 2.0 et la téléphonie en rajoutent une couche dans l'immédiateté, la réactivité, la rapidité et remettent en question l'exclusivité des professionnels sur le traitement de l'information.

Dans ce contexte, le schéma habituel du journaliste communiquant traditionnel générant une information descendante ou sortante diffusée à une audience plus large, est remis fortement en question.

L'infoc-onsommateur veut participer aujourd'hui au "progrès" de la communication: il veut immédiatement de l'info sur tout mais veut aussi pouvoir lui-même nourrir ce flux avec ses propres "iniformations", réactions, questions ou opinions, en résumé être acteur et plus simplement consommateur.

Cela déstabilise réellement des journalistes encore persuadés que leur métier est indispensable à la qualité, à la fiabilité et à l'indépendance de l'information.

L'utilisation de nouveaux outils pour traiter l'information s'ajoute à ce trouble existentiello-corporatiste.

Je prends ici l'exemple des journalistes de presse écrite qui évoluaient jusqu'à présent dans une dimension temps particulière. En effet, quand on travaille dans un journal quotidien, on évolue sur plusieurs strates temporelles. On cherche (et on trouve!) l'information en temps réel, on écrit pour une parution le lendemain en parlant déjà d'hier...

Avec internet, bien sûr, cette dimension de temps décalé explose. Et la pression sur l'information devient plus forte avec le risque de ne pas toujours prendre le temps de vérifier son information qui est une règle de base du métier.

L'autre nouveauté, c'est la nécessité d'entrer dans un processus conversationnel avec son "lecteur". Et d'accepter la légitimité de la prise de parole de ce dernier...

Quant aux outils, on ne dit pas la même chose de la même manière quand on écrit un papier de 3000 signes à paraître le lendemain, qu'un flash sur un fil info sur le net ou un message d'alerte SMS sur un portable. Et là, on ne parle que du texte, car du côté de l'image, tout cela bouge aussi énormément!

 

 

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