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Affaire de Filippis: les sociétés de journalistes indignées

L'arrestation de l'ancien directeur de la publication de Libération provoque des remous dans le landerneau journalistico-politique hexagonal. Si la Garde des Sceaux trouve que c'est la procédure "normale" qui a été appliquée, d'autres - y compris au sein de la majorité présidentielle jugent la dite procédure un peu excessive par rapport à un simple délit de presse. Mais derrière l'émoi que focalise le cas de ce confrère, il faut imaginer que ce sort humiliant (fouille au corps etc...) constitue le lot de nombreux autres citoyens moins connus et moins défendus dans les médias. On peut plus globalement s'interroger sur les méthodes appliquées à tous au regard du respect et de la dignité de l'homme...

En attendant, voici la prise de position du Forum des Sociétés de journalistes sur ce dossier brûlant...

"Le Forum des Sociétés de journalistes (FSDJ) (1) exprime sa stupeur et son indignation face à l’invraisemblable traitement policier et judiciaire dont le journaliste Vittorio de Filippis, ancien PDG de Libération, a fait l’objet le vendredi 28 novembre.
Les conditions de son interpellation, humiliantes, et son interpellation elle-même pour une affaire de presse relevant de la seule loi de 1881, témoignent d’un dérapage dangereux pour la démocratie dans notre pays.
Le Forum des sociétés de journalistes s’associe à la Société civile des personnels de Libération (SCPL) pour demander qu’une enquête soit ouverte et ne comprendrait pas que les participants aux Etats généraux de la presse écrite -et surtout les journalistes ou directeurs de la publication- n’émettent pas de protestation contre cette atteinte intolérable au droit de la presse.
Cette triste affaire intervient alors qu’un certain nombre d’événements préjudiciables à l’exercice du métier de journaliste se sont enchaînés ces derniers mois. Projet de loi ambigu sur la protection des sources, perquisitions de plus en plus fréquentes aux sièges de journaux, gardes à vue, mises en examen, et maintenant menottes et fouille au corps : où s’arrêtera la liste funeste ?
Cette affaire touche chaque journaliste, et chaque citoyen, parce qu’elle peut être vécue comme l’expression d’un mépris grandissant à l’égard de notre métier, voire d’une volonté d’humilier ou d’inquiéter une profession dont le seul but est d’informer, quitte parfois à déplaire.
Il est difficile de ne pas la rapprocher du contexte délétère qui règne autour de la presse alors que de soi-disant Etats généraux, où n’ont pas été accueillies toutes les parties désireuses de participer à la réflexion commune (dont les sociétés de journalistes), sont organisés par la présidence de la République. Difficile aussi de ne pas la corroborer aux attaques dirigées contre la profession par certains patrons de presse qui, ayant la part belle à ces tables rondes, réclament aux pouvoirs publics des modifications substantielles au statut des journalistes garant de leur indépendance."

Paris, le 30 novembre 2008.
[1] Sociétés de journalistes de L'AFP, L'Alsace, Courrier Cadres, Les Echos, Elle, L'Equipe, L'Etudiant, L'Express, Le Figaro, l'Humanité, I-Télé, Le Journal du Dimanche, Libération, Livres Hebdo, Marianne, Midi libre, Le Monde, Le Monde interactif, Le Nouvel Observateur, Paris Match, Le Point, Radio France, Radio France internationale, Sciences et Avenir, Télérama, La Tribune, La Vie

Commentaires

  • Que ça se passe tous les jours pour d'autres, plus anonymes, ne justifie aucune clémence.
    D'ailleurs, Sarkosy lui-même comprend l'émoi provoqué, c'est bien qu'ils y ont été un peu fort.
    Le menottage par exemple ne se justifie guère avec un type accusé d'avoir laissé trainer un commentaire diffamant sur un site internet...C'est une négligence, et c'est amendable, pas plus.
    Qui accepterait en se faisant choper à 62 km/h au lieu de 50 en agglo, de se faire passer les menottes ?

  • On est bien d'accord, mais ce que je veux dire c'est qu'on en parle parce que c'est un journaliste connu. Tous les autres, on n'en parle pas...

  • Je ne connaissais pas ce monsieur avant cette affaire et puis notons que la raison est futile. Un administrateur de blog, le plus anonyme qui soit, aurait été victime de ce genre d'interpellation, je ne suis pas certain que ça n'aurait pas causé un buzz.
    Il n'y a manifestement pas beaucoup de graduation dans la manière d'appréhender, et beaucoup sont en train de le déplorer.
    Toutefois, les policiers ne sont pas en cause, ils appliquent des instructions, c'est leur métier.

Les commentaires sont fermés.

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