Avertir le modérateur

Le "côté sombre" de Baselitz, à la recherche de l'invisible...

IMG_8001.JPG

Dans son espace de Pantin, Thaddaeus Ropac a présenté dernièrement une impressionnante exposition consacrée aux travaux récents de Georg Baselitz sous le titre "Le côté sombre" décliné en sculptures monumentales et en très grands formats picturaux.

IMG_7987.JPG

Tout part de cette interrogation de l'artiste allemand : «Que représente vraiment l’Allemagne en ce qui concerne la sculpture traditionnelle?»

«La dernière chose qui m’a parue sympathique et caractéristique de la sculpture allemande après l’art gothique a été le mouvement Die Brücke, donc Schmidt-Rottluff, Kirchner et Lehmbruck. Et mes réflexions m’ayant conduit jusque-là, j’ai pris un
morceau de bois et j’ai commencé » déclarait Baselitz en 2011.

IMG_7992.JPG

A Pantin, on retrouve ce travail dans la masse, comme ses sculptures en bois des années antérieures - la première d'entre elles avait été présentée à la Biennale de Venise en 1980.

Mais là, le bois ne sert plus que de matrice à une éclosion en bronze patiné de noir qui préserve cette immédiateté de l'outil qui a attaqué la matière, dans un geste primaire, proche d'une expression d'essence africaine.

IMG_7984.JPG

Pour Baselitz, la sculpture  est « primitive, plus brutale, elle n’est pas aussi réservée […] que parfois la peinture ». Elle est « moins cryptée qu’un tableau, plus directe, plus lisible », dit-il dès 1983.  Une manière pour lui d'emprunter "un chemin plus court que la peinture".

IMG_8014.JPG

Et le bois est travaillé avec violence, à grands coups de scie et de hache, sans en respecter l'harmonie ou la forme naturelle, pour bien marquer le geste, selon cette formule «Pour que naisse une sculpture, le bois doit être ouvert avec violence » (Uwe Schneede, 1993).

IMG_7991.JPG

Dans le catalogue qui accompagne l'exposition, où l'on peut aussi voir les photographies prises dans l'atelier et mesurer l'effort physique engagé par Baselitz dans ce travail monumental, John Paul Stonard suggère à propos des surfaces noires de ces sculptures «elles dénoncent l’absorption de la lumière par le bois où elles furent taillées initialement. La mémoire s’y engloutit bien plus que le drame n’en exsude».

Au mur, les toiles grand format récitent la même partition faite de noirceur où s'abîment la lumière et les formes. Dans la masse de la matière picturale s'esquisse de façon quasi fantômatiques des formes plus ou moins identifiables : oiseau ou figures humaines que des nuances de bleu intense ou de brun dense viennent à peine souligner.

IMG_8008.JPG

Ici, écrit Michael Semff,  «l’artiste nous surprend avec un concept plastique radical et nouveau qui, par une réduction presque minimaliste, vise à éliminer tous les contrastes visibles. […] ici, le temps semble s’être arrêté, ce qui ne veut pas dire immobilisé, mais s’être vidé, le calme ’après la bataille.»

Baselitz va encore plus loin dans l'affirmation de cette nouvelle volonté picturale en affirmant : «Je rêve de peindre jusqu’à l’invisibilité».

Dominique Bannwarth

* * *

Galerie Ropac Paris-Pantin

69, avenue du Général Leclerc, 93500 Pantin

Les commentaires sont fermés.

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu