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La « modernité singulière » de Gustave Courbet à la Fondation Beyeler

Après Ornans, son village natal en Franche-Comté, c’est la Suisse et la Fondation Beyeler à Riehen qui célèbrent l’œuvre du peintre Gustave Courbet (1819-1877). et qui présentent pour la première fois "L'Origine du monde" dans l'espace germanophone.

Courbet, Origine du monde, Riehen, Beyeler, Suisse

Au travers d’une soixantaine de tableaux, la Fondation Beyeler, près de Bâle, propose de pénétrer dans l’œuvre de Gustave Courbet, considéré comme l’un des précurseurs de l’art moderne. « Son art doit toujours provoquer, relève Urs Küster, commissaire de l’exposition bâloise. Chaque peinture est un manifeste. »

« Au cœur de sa peinture »

Si le très sulfureux tableau L’Origine du monde (lire ci-dessous) fait événement à lui seul, les autres toiles méritent largement l’attention des spécialistes… et du public. Comme le relève Domini-que de Font-Réaulx, conservatri-ce en chef du musée du Louvre à Paris, « Courbet est un artiste qui se comprend dans sa totalité ». Ainsi à travers ses paysages d’Ornans, grottes du Jura et vues de la Loue, toiles qu’il y a quelques années encore les musées refusaient d’acquérir mais qui illustrent fortement l’art de Courbet : une volonté de s’exonérer de l’académis-me, une forte subjectivité dans le traitement du sujet ou la liberté dans celui des couleurs.

Gustave Courbet Beyeler

Accueilli par un Bonjour Monsieur Courbet et un Autoportrait au chien noir de 1842, le visiteur pénètre dans cet univers fait d’obscurité, de grottes, de falaises, de vagues ou de neige. Point de grands formats comme à Orsay, où trônent les immenses Un enterrement à Ornans et L’Atelier du peintre, mais une intimité magnifique avec la nature.

Courbet incarne donc bien « une modernité singulière , insiste Dominique de Font-Réaulx, qui n’est pas celle de la vie ‘‘moderne’’, de la ville, du train, de la vie sociale, ni celle d’un réalisme politique et social, mais celle d’un artiste mettant la peinture au centre de son art ».

« Un sens aigu du scandale »

Une singularité affirmée très tôt : « À 16 ans, Courbet écrit qu’il sera un grand peintre ou rien » , rappelle la conservatrice du Louvre. C’était « quelqu’un qui avait un sens aigu du scandale. Cette capacité de se mettre en avant comme artiste, c’est aussi un signe de sa modernité. » Au Salon de 1870, Courbet est le peintre le plus important de son temps. Une référence pour les autres grands artistes du moment : Manet, Monet, Pissarro, Renoir, Cézanne…

Gustave Courbet beyeler

Mais après 1871, son engagement dans la Commune de Paris, puis son emprisonnement, c’est l’exil en Suisse (lire sa biographie ci-contre), « quelque chose de cruel dans son destin » , jusqu’à sa mort en 1877. Il aura été, à travers son « réalisme intime et subjectif » , plus que tout, « un peintre au cœur de sa peinture ».

Dominique Bannwarth (L'Alsace)

Y ALLER Fondation Beyeler à Riehen, tous les jours de 10 h à 18 h (mercredi de 10 h à 20 h), jusqu’au 18 janvier 2015. Site internet : www.fondationbeyeler.ch

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