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A la fondation Beyeler de Bâle-Riehen, Gauguin, nomade au paradis perdu

Une cinquantaine d’œuvres majeures de Paul Gauguin (1848-1903) constituent la nouvelle exposition de la Fondation Beyeler présentée jusqu’au 28 juin à Riehen. Une occasion exceptionnelle de découvrir l’univers et la pensée créatrice de cet artiste précurseur de l’art moderne, insatiable aventurier sur le chemin de la liberté.

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Beyeler, Gauguin, Bâle

 

La Fondation Beyeler a mis la barre très haut pour sa nouvelle exposition consacrée à Paul Gauguin (1848-1903). Le nombre de peintures et de sculptures rassemblées, leur importance dans l’œuvre du peintre contribuent au caractère exceptionnel de cette rétrospective. 43 tableaux, de la période bretonne mais surtout de ses séjours à Tahiti et aux Îles Marquises, ainsi que huit sculptures pleines de mystère forment un accrochage inédit à Riehen, où la Fondation Beyeler ne possède aucune œuvre du peintre symboliste français.

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Des œuvres de 13 pays

« Jamais autant d’œuvres d’un grand artiste n’ont été rassemblées dans nos murs », insiste Sam Keller, le directeur de la Fondation, tout en soulignant les efforts consentis pour obtenir certaines pièces. Venues de 13 pays différents, des plus illustres musées (Orsay à Paris, Pouchkine à Moscou, l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, le Moma à New York…) ou prêtées par des grands collectionneurs, elles ont parcouru 160 000 km pour rallier Bâle et correspondent à une valeur d’assurance de 2,5 milliards de francs suisses. L’exposition nous invite à pénétrer l’univers coloré et mystérieux de Gauguin. Quand, à 35 ans, il abandonne son métier de courtier en bourse pour se dédier entièrement à la peinture, il emprunte un chemin sans concessions vers une liberté qu’il veut sans limite, en quête d’un « paradis perdu ».

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« Que de l’art simple »

Ses autoportraits témoignent de cet engagement et de cet esprit aventurier qui va le mener de la ruralité bretonne à l’exotisme océanien. « Je pars pour être tranquille, pour être débarrassé de l’influence de la civilisation. Je ne veux faire que de l’art simple ; pour cela j’ai besoin de me retremper dans la nature vierge, de ne voir que des sauvages, de vivre leur vie » , confie-t-il en 1891. Un sacerdoce qui se nourrit aussi de multiples imaginaires puisés dans les cultures locales (maorie) mais aussi d’autres civilisations (Égypte, Asie). « Un kaléidoscope riche d’un extraordinaire potentiel d’inspiration » , souligne Martin Schwander, commissaire d’exposition.

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Mysticisme, sensualité, symbolisme, provocation parfois, rupture avec l’académisme, toutes ces interprétations restent ouvertes dans les toiles du peintre, avec sous l’apparente simplicité formelle, sous l’évidence des partis pris de couleurs, une complexité bien plus énigmatique.

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Gauguin ne cherche pas à copier la nature mais à pénétrer ses « infinis mystérieux » , sa « puissance d’imagination ». « Un cosmos personnel », suggère l’autre commissaire Raphaël Bouvier, en commentant le tableau D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?, qui peut être considéré comme une sorte de testament artistique, puisque peint à la même époque (1897-1898) que sa tentative de suicide à l’arsenic, qui pouvait en faire son ultime chef-d’œuvre…

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Un héritage qu’on retrouve chez d’autres artistes qui l’ont suivi : ceux du mouvement Die Brücke (Ludwig Kirchner, Franz Marc) ou chez Picasso, Matisse… jusqu’au contemporain Peter Doig, également exposé à Riehen. Pour servir cette conviction qui animait Gauguin que « la peinture est, comme l’homme, mortelle mais vivante, toujours en lutte avec la matière ».

Dominique Bannwarth

 

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