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Le monde selon Botero

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Le musée Wurth à Erstein (Bas-Rhin), présente jusqu’en mai 2016 une rétrospective consacrée au peintre et sculpteur colombien Fernando Botero et une série d’œuvres érotiques jamais montrées sous le titre Boterosutra.

Le nom de Botero renvoie à la rondeur de ses modèles peints ou sculptés, dont la manifestation grand public la plus connue fut son exposition sur les Champs Elysées parisiens en 1991-1992.

Le musée Wurth d’Erstein offre la possibilité de (re)découvrir l’œuvre de cet artiste colombien  aujourd’hui âgé de  83 ans à travers une intéressante rétrospective associant des œuvres de la collection Wurth et des pièces d’atelier de l’artiste, couvrant la période de 1960 à nos jours.

Au milieu de son exposition, Fernando Botero explique simplement comment il est devenu peintre à l’âge de 15 ans après avoir dessiné ses premières scènes de tauromachie, un autre art auquel il était initialement destiné :   « Le jour où on décide de faire de l’art, c’est le jour où on devient artiste ». Aussi naturel que son trait, que la sensualité des lignes qui figurent ces corps dans toutes les situations : dictateur « méprisant pour le peuple », torero magnifique, prostituée généreuse, Infante échappée d’un univers à la Velasquez.

« L’art est déformation »

Quand le jeune Botero arrive en Europe, il découvre les grands maîtres : Velasquez, Goya, Ingres, Rubens, Raphaël…  et s’applique à s’en inspirer, sans oublier ses racines culturelles sud-américaines.

« Tout dans l’art de Botero, écrit l’écrivain Maria Vargas Llosa, résulte de cette alchimie entre la tradition esthétique  occidentale, qu’il étudia avec passion en Italie, et l’expérience de l’Amérique latine provinciale, exubérante et vitale de sa jeunesse ».

Les toiles des grands maîtres, il ne les copie pas mais les réinvente dans son propre monde où triomphent les formes dans cette manière devenue sa signature esthétique : «Je grossis mes personnages pour les rendre plus sensuels », avoue-t-il volontiers. Son mot d’ordre en forme de pirouette intellectuelle : « Faire la même chose, autrement ». Pour Botero, « l’art est déformation. Aucune œuvre d’art n’est vraiment réaliste ».

L’exposition à Erstein décline ainsi cet art parfaitement identifié selon les multiples thèmes abordés : la vie des saintes traitée comme une bande dessinée, les scènes de maison close qui font pénétrer dans une sorte d’intimité joyeuse et absolument pas vulgaire, comme si la douceur et la rondeur des courbes de tous ces personnages absorbaient le tourment du monde réel, non sans une pointe d’humour.

Une « abondance somptueuse »

Cette « abondance somptueuse » dont parle aussi Vargas Llosa à propos de l’œuvre de Botero , est également partagée par tous ses modèles ; elle engendre une forme de mise à distance du sujet par rapport à toute interprétation psychologique ou émotionnelle.  « Ils ne sont que ce qu’ils montrent : une abondance calme et somptueuse, une forme pléthorique et autosuffisante qui s’épuise elle-même ».

L’historien d’art et ancien directeur du Musée national d’art moderne-Centre Pompidou, ami de longue date du peintre  et de Max Ernst, Werner Spies,  résume ainsi la personnalité de Botero : « Un artiste libre, qui se rebelle contre tous les avant-gardismes du jour ».

Y ALLER

Rétrospective Botero au musée Wurth d’Erstein jusqu’au 15 mai 2016. Site internet www.musee-wurth.fr

 

 

 

 

 

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