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ART BASEL Comme l’art en foire

Du 13 au 18 juin, Bâle s’est affiché une nouvelle fois comme la capitale mondiale de l’art moderne et contemporain avec la 48e édition de sa foire internationale Art Basel réunissant 291 galeries, enrichie des propositions de « Unlimited » et se déployant aussi dans la ville à travers un « Parcours » gratuit.

Par Dominique BANNWARTH

 

« Now I won » , que l’on pourrait traduire par « Ça y est, maintenant j’ai gagné », s’inscrit en lettres géantes sur une colline artificielle créée sur le parvis de la Messe, où se déroule Art Basel cette semaine. L’œuvre de la Suissesse Claudia Comte donne le ton en proposant une véritable kermesse à laquelle sont conviés les visiteurs qui peuvent se livrer à divers jeux : concours de boisson, jeu de quilles, minigolf, jeu de massacre, bras de fer ou dance floor.

« Les pensées sont libres »

Mais l’art fait aussi sa foire dans les halls où l’on privilégiera le hall 1 avec « Unlimited », un véritable show d’art contemporain, imaginé par le curateur Giani Jetzer et qui rassemble, sur 16 000 m², 76 œuvres constituant une exposition digne d’un musée éphémère. Il faut prendre son temps, parcourir ces allées aux propositions multiples et multiformes – installations, peintures, sculptures, vidéos, performances… – pour prendre le pouls de cet art contemporain qui se plaît à séduire, interpeller, provoquer… mais surtout à réfléchir, comme le suggère l’œuvre de Susan Hiller Thoughts are free (« Les pensées sont libres »).

La pieuvre bleue géante d’Otto Piene déploie ses tentacules dans cet immense espace, alors que le bourdonnant dirigeable de Chris Burden s’élève lentement pour entamer son vol circulaire. Si David Claerbout détourne le dessin animé du Livre de la Jungle , Doug Aitken, plonge sa capsule constituée de miroirs au fond de l’océan et livre une vidéo immersive magnifique.

Repas partagé et diva alanguie

L’Australienne Sue Williamson, suspend ses filets de pêche provenant d’un ressac lui aussi marin mais constitué d’une multitude de bouteilles, désignant les 12,5 millions d’Africains qui entre 1525 et 1866 ont été déportés vers ce qu’on appelait le Nouveau Monde. Avec Cooking the world (« Cuisiner le monde »), une sorte de cantine des pauvres faite de casseroles assemblées et servant de vrais repas cuisinés sur place – pour des riches –, l’Indien Subodh Gupta invite au partage et au métissage des cultures. Plus classe, l’installation performative de John Baldessari, avec sa diva alanguie et ses chiens à ses pieds, nous renvoie à l’univers du luxe mais pas fatalement de la volupté.

Glissons ensuite dans les halls voisins, où les galeries font leur marché, celui d’un art où les noms se déclinent en valeur d’achat, mais où émergent aussi de jeunes artistes grâce au secteur « Statements » et ses solo shows ou encore des projets curatoriaux originaux à travers « Feature ». Au fil des stands, le visiteur peut faire son marché entre pointures internationales ou vraies découvertes, s’orienter au feeling ou aller directement vers les galeries les plus connues.

Ou encore croiser cette jeune artiste mulhousienne, Véronique Arnold , présente ici pour la première fois avec la galerie bâloise Stampa et qui confie, comme stupéfaite : « C’est un peu incroyable ! Ça fait bizarre d’exposer ici… »

Une chose est sûre, il y a tant de choses à voir à Art Basel qu’il faut prendre son temps et… tenir la distance. En parcourant l’édition 2017, nous avons ainsi effectué 11 000 pas et parcouru 8 km !

 95 000 visiteurs et une très bonne année

« Difficile d’imaginer qu’Art Basel se renforce et grandit chaque année, mais c’est pourtant le cas », résume le galeriste Thaddaeus Ropac à l’issue d’une semaine bâloise qui a vu défiler plus de 95 000 visiteurs à l’occasion  ce qu’on peut sans conteste qualifier de premier événement mondial du marché de l’art, alors que se tiennent à nouveau cette année, la Biennale de Venise et la Documenta de Kassel, deux autres grands rendez-vous de l’art contemporain.

Avec 291 galeries représentant 35 pays différents et exposant 4000 artistes, Art Basel dans sa déclinaison bâloise – il y a aussi un Art Basel à Miami Beach aux Etats-Unis et à Hong Kong en Asie – a connu une année intense entre les 76 propositions d’Unlimited qui connaissent chaque année un regain d’intérêt et les affaires qui animent le secteur Galleries notamment durant les deux premiers jours réservés depuis quelques années maintenant aux professionnels (300 musées ou institutions présentes à Bâle cette semaine), aux collectionneurs et aux médias.

Enthousiaste, Marc Payot de la galerie zurichoise Hauser & Wirth déclare  à propos de l’édition 2017  «Cela a été notre plus grand succès à Art Basel ! La grande force de la foire combinée à un public incroyable de collectionneurs nous a permis de placer des œuvres dans des collections en Europe, aux Etats-Unis, dans des institutions en Chine, au-delà de nos prévisions, allant d’œuvre de maîtres de l’art moderne valant plusieurs millions de dollars, jusqu’au œuvres plus récentes moins cotées ».

Dominique Bannwarth

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