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médias - Page 5

  • Le règne d'Anastasie?

    Est-ce que Sarkozy rime avec Anasthasie? En tout cas la question des relations entre le pouvoir et les médias alimente une nouvelle fois le débat... journalistique.

    On passe sur les affaires Genestar (viré pour avoir publié dans Match les indélicates images de Mme Sarkozy avec son compagnon extra-conjugal), JDD (l'info trappée sur le non vote de la même épouse indifèle su second tour des présidentielles), ou encore l'intervention de la nouvelle Garde des Sceaux pour retenir la publication de photos personnelles, plus récemment encore le papier "retenu" dans Courrier international parce que trop négatif pour l'image de la police française.

    Tous ces cas de "censure" ou d'"autocensure" '(quand c'est le rédacteur en chef ou le directeur d'un titre qui décide de ne pas publier renvoient à une certaine "peopolisation" de l'information qui, fatalement, s'aventure dans la sphère privée où chaque citoyen, même lorsqu'on est une personnalité publique de tout premier plan, peut juger qu'il a le droit (et la  loi le lui donne d'ailleurs) de se protéger.

    Les ciseaux d'Anastasie sont-ils pour autant aujourd'hui plus sollicités qu'hier?

    Restons dans le domaine de la vie politique. Les médias, et l'on devrait même dire, les journalistes, ont une pratique assez répandue du "off", confidences plus ou moins manipulatrices des uns (les politiques) aux autres (les journalistes).

    De cette "connivence" découle donc une certaine confusion des pouvoirs (le politique et le médiatique) qui finalement jouent sur des règles communes non écrites qui ne contribuent pas toujours à la juste et complète information du citoyen. Le droit à l'information cela existe, mais il s'use vite si l'on ne s'en sert pas.

    Toutes les vérités ne sont pas égales à dire, on est bien d'accord, et entre l'essentiel et l'accessoire (qui couche avec qui ?) l'information peut s'écrire en majuscules ou en bas de casse.

    Interrogeons-nous plutôt sur l'indépendance des médias au niveau économique c'est-à-dire sur leur capacité à exercer librement leur fonction dans des conditions économiques qui ne les fragilisent pas.

    Lagardère, Dassault, Bolloré, Arnaud, Bouyghes sont devenus des acteurs puissants de l'économie des médias.  Proches du pouvoir (de l'actuel), vont-ils actionner leur armada médiatique à son profit? Le nouveau président va-t-il instrumentaliser ses leviers médiatiques à son profit?

    Seule la vigilance des journalistes et leur sens critique (et autocritique) peut contrecarrer une telle tentation.

    Peut-être une bonne occasion de reconquérir un peu de liberté. Ce qui se passe sur internet avec la prise de parole citoyenne et une circulation de l'information qui échappe d'une certaine manière à la censure (avec le risque évident de déformation et de manipulation aussi... ) peut les y aider.

     

     

     

     

  • La fin de l'ère Colombani

    Le remplacement de Jean-Marie Colombani à la tête du Monde constitue en soi un événement. Non seulement parce que la "règle maison" a été finalement respectée qui veut que le personnel et notamment la société des rédacteurs donne son avis sur le patron du journal. Mais aussi parce que le directoire et Alain Minc ont décidé de ne pas passer en force, concédant dès lors que la culture du Monde n'a pas été sacrifiée sur l'autel du développement capitalistique.

    Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction, parti justement en raison de son désaccord avec cette évolution économique du journal, plaidait lui pour la "sanctuarisation" du titre Le Monde au sein du grand ensemble voulu par Colombani et ses actionnaires. On ne sait pas si les faits lui donnent totalement raison aujourd'hui car Le Monde ambitionne encore d'étoffer son pôle régional dans le Sud. Y compris en négociant, semble-t-il, avec Hersant Média, dont l'appétit semble aussi aiguisé.

    Pendant ce temps, avec l'arrivée de Laurent Joffrin, Libération semble avoir retrouvé un certain ton, situant le quotidien national résolumment à gauche. Ce qui n'était plus toujours évident ces dernières années au Monde...

    Le Monde de Colombani a en revanche réussi sur un autre chantier. Celui de l'internet avec Le Monde.fr, site de qualité et dont l'audience justifie aujourd'hui l'investissement réalisé.

  • Tous les journalistes ont-ils voté?

    Bon, ça y est, à peine élu et juste avant de prendre possession de la charge suprême, Nicolas Sarkozy fait nouveau l'objet d'un fort soupçon d'ingérence médiatique. La future "first lady" n'aurait pas fait son devoir électoral le 6 mai dernier. Quelle belle affaire! Serait-elle contrariée du destin présidentiel de son époux?

    Mais ce n'est pas cela qui gêne dans l'affaire. Ce qui fait polémique, après Paris Match et les remerciements adressés à son directeur jadis pour avoir eu l'outrecuidance de publier les photos de la même - à l'époque -  ex-future première dame en compagnie d'un autre homme que son candidat de mari, c'est la soi-disante autocensure d'une direction du Journal du Dimanche qui aurait "en toute conscience" choisi de ne pas publier l'info de l'incivisme électoral de Mme Sarkozy, arguant du "domaine de la sphère privée" .

    Tout de suite, la logique des observateurs de l'ordre juste des médias a conclu à une pression de Lagardère, le copain de Sarkozy, qui a défaut de transformer son bateau en yacht présidentiel, accepterait de concéder des faveurs médiatiques à son meilleur pote, sur le mode: pour te rendre service, - on ne sait jamais je peux aussi avoir besoin de toi tantôt - je calme ces fiéfés journalistes qui n'en ratent pas une pour venir te chatouiller.

    Une nouvelle fois, les péripéties post-électorales interrogent le fonctionnement des médias.

    Est-ce que l'info de Dame Sarkozy ne votant pas est essentielle à la vie du pays?

    Si simple auto-censure du JDD il y a, pourquoi invoquer la sphère privée et pas simplement le peu d'intérêt de l'information qui valait à tout casser un écho dans une rubrique de bruits de couloirs. C'est quand même pas l'affaire du siècle!

    Si intervention il y a eu, quelle maladresse, alors que dans les 5 mn qui suivent tous les médias sont au courant...

    Bref, encore une de ces anecdotes qui meublent nos colonnes et font écran de fumée par rapport aux vraies questions qui vont se poser dans les prochaines semaines du sarkozisme naissant.

     

     

  • L'hypocrisie du 18 - 20

    Franchement, ça devient ridicule. Alors que tous les médias français font d'incroyables contorsions pour ne pas dire tout en faisant comprendre, il suffit d'un clic de souris et l'on tue le suspens...

    C'était, une nouvelle fois, dimanche dernier, entre 18 h et 20 h, la course aux sondages diffusés sur internet par les sites des médias étrangers. Très vite, l'info circule et l'attente devant le poste de télévision dans les QG des partis ressemble à une cérémonie plus proche d'une messe déjà dite que d'une divine révélation.

    Le plus simple serait de fermer tous les bureaux de vote en même temps et de clore ainsi le scrutiin à la même heure pour tous.

    Cela permettrait du coup à tous les médias d'être en saine concurrence pour livrer à leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs, le verdict des urnes.

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