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états généraux - Page 2

  • La presse régionale lance aussi son forum

    La presse régionale lance un forum pour permettre à ses lecteurs de participer eux aussi aux états généraux de la presse.

    Si cela vous intéresse, cliquer ICIpresseregionale.jpg

     

  • Le gratuit n'est pas un modèle pour le payant

    Gratuits contre payants: le match est-il encore d'actualité? Disons que la partie n'est pas finie mais que le résultat attendu n'est certainement pas la victoire ou la défaite de l'un ou l'autre. Match nul donc? Peut-être, car finalement la question de la presse qu'elle soit gratuite ou payante est celle de ses lecteurs. De là à dire que la presse écrite payante a encore de l'avenir, il y a un pas que certains n'hésitent pas à franchir, avec comme enjeu de trouver "l'offre qui justifiera un acte d'achat. Les éditeurs n'ont certainement pas intérêt à essayer simplement de reproduire le modèle des gratuits (petits formats, infos brèves, conso, people, zapping de l'actu) en pensant que les lecteurs seraient soudain convaincus que ce qu'ils ont déjà gratuitement ils vont le payer désormais pour sauver la presse! Jean-Michel Arnaud, Président de Metro France dans sa réponse aux propos du Président de la République Nicolas Sarkozy, lors de la conférence de presse sur Les Etats Généraux de la Presse suggérait l'idée suivante: "Journaux gratuits et payants sont deux formes de presse complémentaires que distingue essentiellement leur modèle économique. Les gratuits ont attiré un nouveau lectorat (1 lecteur sur 3 de Metro ne lisait pas la presse écrite), plus jeune, séduit par une information rapide, pédagogique, et agréablement mise en scène. Cette forme de presse a créé de nouvelles habitudes de consommation de l'information écrite, et participe, à sa manière, aux bons résultats de la presse quotidienne d'information générale en termes d'audience. Et ce, dans un contexte de démocratisation de l’accès à l’information via Internet. Opposer ces deux modèles n'apporte pas de solution aux problèmes structurels et commerciaux de la presse écrite. J'espère que nous serons invités à nous exprimer sur ces sujets, ne serait-ce que par respect pour les plus de 5 millions de lecteurs quotidiens de la presse gratuite". Jean-Michel Arnaud, Président de Metro France en réponse aux propos du Président de la République Nicolas Sarkozy, lors de la conférence de presse sur Les Etats Généraux de la Presse.

     

  • Ceux qui font les états généraux...

     

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    On connait depuis hier la composition des groupes de travail (pôles) des états généraux de la presse écrite. On y retrouve (voir ci-dessous les listes complètes), beaucoup de personnalités connues et reconnues de la profession, y compris certaines comme François Bonnet de Média Part par exemple qui s'étaient montrées récemment critique vis-à-vis de la démarche sarkozienne, pointée du doigt comme "le fait du prince" et réclamant des états généraux organisés par la presse et non pas orchetsrés par l'Elysée...

    Les principaux patrons de quotidiens nationaux (Le Monde, Libé...) sont présents, tout comme les représentants des quotidiens régionaux (Lignac, la famille Coudurier, les journaux du Midi... ).

    Des ateliers décentralisés des états généraux sont également annoncés à Lyon à l'occasion du XVIème congrès de la presse, organisé par la Fédération nationale de la presse française (FNPF) du 19 au 21 novembre à Lyon. Nous y reviendrons en temps utile.

    Voici donc ceux qui font les états généraux:

    POLE 1 : METIERS DU JOURNALISME

    Président : Bruno Frappat

    Pierre-Christophe BAGUET Député des Hauts-de-Seine, UMP ; Francis BALLE Professeur à l’Université Panthéon-Assas, directeur de l’IREC (Institut de recherches et d’études sur la communication) ; Nathalie BARRET Responsable de projet, Observatoire des métiers de la presse ; Jean-François BOURBOULON Rédacteur en chef, Paris Match online ; Hubert COUDURIER Directeur de l’information, Le Télégramme ; Charles-Henry DUBAIL Fondateur et gérant, Victoires Editions SARL ; Marc FEUILLEE Président du directoire, groupe Express-Roularta ; Michel FRANçAIX Député de l'Oise, PS ; Alain GIRARD Journaliste, Ouest-France, premier secrétaire général du SNJ ; Erik IZRAELEWICZ Directeur de la rédaction, La Tribune ; Ivan LEVAÏ Chroniqueur, France Inter ; Gérard LIGNAC Président, groupe EBRA ; Elisabeth MARSHALL Rédactrice en chef, La Vie ; Gérard PERRIER Directeur de l'organisation et de la fabrication, groupe Le Parisien ; Alain PLOMBAT Président du directoire, Journaux du Midi ; Philippe POUZERATTE Directeur des ressources humaines, Prisma Presse ; Claude SALES Ancien PDG de Télérama, ancien rédacteur en chef au Monde, au Point, à France Soir ; Nicolas THIERY Journaliste, AFP (CFDT) ; Valérie TORANIAN Directrice de la rédaction, Elle ; un membre de la Société des rédacteurs du Monde.

    POLE 2 : PROCESSUS INDUSTRIEL DE LA PRESSE ECRITE

    Président : Arnaud de Puyfontaine

    Marie-Odile AMAURY Président-directeur général, Editions Philippe Amaury ; Frédéric AURAND Président du directoire, groupe Hersant-Media ; Vincent BEAUFILS Directeur de la rédaction, Challenges ; Nicolas BEYTOUT Président-directeur général, DI Group ; Olivier BONSART Directeur délégué, groupe Sipa Ouest-France ; Hubert CHICOU Directeur général délégué, groupe Bayard Presse ; Gérald de ROQUEMAUREL Associé gérant, HR Banque ; Xavier DORDOR Directeur général, APPM et Audipresse ; David GUIRAUD Vice-Président du directoire et directeur général, Le Monde ; Bruno KEMOUN Co-Président, KR Media ; Patrick LE HYARIC Directeur, L'Humanité ; Frédéric LEFEBVRE Député des Hauts-de-Seine, UMP ; Bruno LESOUEF Directeur général de la presse magazine France, Lagardère Active ; Bernard MAFFRE Vice-Président-directeur général, La Dépêche du Midi ; André MAILLET Directeur technique, La Nouvelle République du Centre-Ouest ; Michel MARINI Maison de la presse, Haute-Savoie ; Patrice MARTIN-LALANDE Député du Loir-et-Cher, UMP ; Jean-Paul MAURY Président-directeur général, groupe MAURY ;Francis MOREL Directeur général, Le Figaro ; Michel MULLER Secrétaire général, FILPAC-CGT ; Jean-Louis NACHURY Président-directeur général, HDS Distribution ; Jean-Paul PEIGNIER Adjoint au sous-directeur de l’édition, de la production et de l’information, chargé de la production, Direction des Journaux officiels ; Hubert PROTON Directeur, Le Berry républicain ; Directeur industriel, groupe Centre France La Montagne ;Eryck EBBOUH Co-Président, KR Media ; Jean-Louis REDON Directeur général délégué, UFC-Que choisir ; Michel SASPORTES Managing partner, OC&C ; Jean-Clément TEXIER Président, Compagnie financière de Communication ; Jean-Christophe THIERY Directeur général, BolloréMedia ; Jean-Pierre VERDOLIVO Directeur général, La Liberté de l'Est ; Bernard VILLENEUVE Dirigeant de presse, Gérant de messagerie, Président de coopérative ;  Alain WEILL Président-directeur général, groupe NextRadioTV ; Jean-Pierre NIOCHAU Directeur du dépôt, Niochau Maréchal.

    POLE 3 : INTERNET ET LES NOUVEAUX MODELES

    Président : Bruno Patino

    Marc TESSIER Directeur général du pôle services médias, Netgem, Vice-président du pôle ; Maxime BAFFERT Groupe Publicis ; Laurent BERARD-QUELIN Directeur général délégué, Société générale de presse ; Julien BILLOT Directeur numérique et new business, Lagadère Active ; François BONNET Directeur éditorial, Médiapart ; Yann CHAPELLON Président du bureau Internet, OJD ; Bruno CHETAILLE Président-directeur général, Médiamétrie ; Pierre CONTE Président Publiprint, Figaro ; Mathieu COSSON Directeur général délégué, DI Group ; Edouard COUDURIER Président-directeur général, Le Télégramme de Brest et de l’Ouest ; Arnaud de SAINT SIMON Président du directoire, groupe Psychologies ; Michel DELBERGHE Le Monde, élu CFDT ; Hervé DIGNE Président, Postmedia Finance ; Antoine DUARTE Président-directeur général, Reed Business Information ; Aurélie FILIPPETTI Députée de Moselle, PS ; Frédéric FILLOUX Editeur auprès du groupe Schibsted, éditeur Monday Note ; Jean-François FOGEL Consultant et auteur ; Pierre HASKI Président du directoire, Rue 89 ; Eric HAZAN Senior Partner, McKinsey ; Olivier JACOBS Directeur du développement, Prisma Presse ; Philippe JANNET Président-directeur général, Le Monde Interactif ; Pierre JEANTET Président du directoire, groupe Sud-Ouest ; Laurent JOFFRIN Président du directoire et directeur de la rédaction, Libération ; François MARIET Professeur à l’université Paris-Dauphine, Président du conseil scientifique de l’IREP, Directeur associé, Start Up Avenue ; Eric MARQUIS Vice-président de la commission de la carte d’identité des journalistes professionnels, membre du bureau du SNJ, L’Express ; Franck RIESTER Député de Seine-et-Marne, UMP ; Raoul ROVERATO Directeur exécutif en charge des nouvelles activités de croissance, Orange ; Marie-Laure SAUTY de CHALON CEO, Aegis Media Europe du sud ; Eric SCHERER Directeur de l’analyse stratégique et des partenariats, AFP ; Jean-Noël TRONC Président-directeur général, Canal + Overseas ; Un représentant du SNJ-CGT.

    POLE 4 : PRESSE ET SOCIETE

    Président : François Dufour

    Concentration

    Patrick EVENO Historien, maître de conférences à Paris I, Vice Président du groupe  "concentration"

    Timothy BALDING Directeur général, Association mondiale des journaux Michel BALLUTEAU Inspecteur général de l'administration des affaires culturelles,  Rapporteur général de la Commission Lancelot ; Constance BENQUE Présidente, Lagardère Publicité ; Alexandre BUISINE Délégué régional SNJ, Lyon ; Emmanuel COMBE Membre du Conseil de la concurrence ; François d'ORCIVAL Président du comité éditorial, Valeurs Actuelles, Président Association Presse et Pluralisme ; Bertrand EVENO Président de BPE Conseil, président de l’Ecole nationale supérieure de la photographie, ancien président de l'AFP ; Jacques HARDOIN Directeur général, La Voix du Nord ; Frédéric JENNY Conseiller à la Cour de Cassation en service extraordinaire, ancien Vice-Président du Conseil de la concurrence ; Monique MAJEROWICZ Directrice déléguée et éditrice, Marie-Claire ; François MAYLIE Grand reporter, Le Point, SDJ ; Catherine MORIN DESAILLY Sénatrice de la Seine-Maritime, Nouveau Centre ; Robert SANDMANN Président, Axel Springer France ; Rémy SAUTTER Président du conseil de surveillance de la SA Ediradio-RTL ; Jean-Pierre VITTU de KERRAOUL, Président-directeur général, Sogemedia, PHR ; Pascal WILHELM Avocat ;

    Confiance

    Pascal GUENEE Directeur général, Institut pratique de journalisme, Vice-Président du groupe "confiance"

    Yves AGNES Ancien rédacteur en chef du Monde, Président de l’association de préfiguration d’un conseil de presse ; Max ARMANET Directeur du développement, Libération ; Fabrice BOE Président-directeur général, Prisma presse ; Jérôme BOUVIER Président Journalisme et citoyenneté, organisateur ; des Assises du journalisme Jean-Pierre CHAPELLE Rédacteur en chef adjoint, Ouest-France ; Emmanuel DERIEUX Professeur à l’Université Panthéon-Assas (Paris II), spécialiste du droit de la presse ; Béatrice GARRETTE Directrice générale, agence SIPA ; Serge GUERIN Sociologue, professeur de marketing et communication à l’ESG-Paris ; Michèle LERIDON Directrice de la rédaction, AFP ;  Pauline LEROY Rédactrice en chef adjointe, Le Petit Quotidien ; Véronique MAURUS Médiatrice, Le Monde ; Philippe ROBINET Oh Editions ; Hugh SCHOFIELD Service Anglais, AFP ; Christian MARTIN Président, Société des lecteurs du Monde ; Un représentant du SNJ-CGT.

     

    Contenu

    Jean-Marie CHARON Sociologue, spécialiste des médias, Vice-Président du groupe "contenu"

    Christophe BARBIER Directeur de la rédaction, L’Express ; Jean-François BARBIER BOUVET, Ancien directeur des études et du développement du groupe des P.V.C ; Laurent BECCARIA Directeur, Edition les Arènes, Magazine "21" ; Pierre-Jean BOZO Président, 20 minutes France ; Odile CONSEIL Rédactrice en chef, Courrier International ; Christian de VILLENEUVE Directeur de la rédaction, Journal du Dimanche ; Yvonne DIRAISON Mondadori ; Eric FOTTORINO Président du directoire et directeur de la publication, Le Monde ; Alix IMBERT Directrice générale, Auxipresse ; Francis LAMBERT Consultant médias ; Hervé LOUBOUTIN Directeur, Le Nouvel Ouest ; Valérie MIGATA Directrice, Marquemedia ; Jeff MIGNON Consultant médias, 5W ; Guillemette PAYEN Editrice, Madame Figaro ; Marcel QUIVIGER Rédacteur en chef, Le Télégramme ; Benoît RAPHAEL Lepost.fr ; Vincent REGNIER Directeur de la rédaction, Le Parisien-Aujourd'hui en France Agnès ROCHEFORT – TURQUIN, Directrice de la recherche, Bayard ; Thomas ZLOWODZKI Association pour la qualité de l'information Jeunesse ; Jeanne-Emmanuelle HUTIN Editorialiste, Ouest-France. Vice-Président du groupe "jeunesse" ;Jean-Michel ARNAUD Président, Métro France ; Bérangère ARNOLD Responsable Read n'go, Orange Christian BRUNEAU Président-directeur général, groupe L'Hôtellerie ; Jérôme BUREAU Directeur de l'information, M6 ; Matthieu GUEVEL Institut Quali Quanti ; Hanane KADDOUR Bondy Blog ; Benoît MENU Coordinateur général, CLEMI ; Elisabeth ROMAN Rédactrice en chef, Sciences et Vie Découverte ; Pascal RUFFENACH Directeur du département Enfance-Jeunesse-Famille, Bayard ; Corinne SORIN Directrice de la rédaction, 20 minutes.

     

     

  • Plenel veut des états généraux "organisés par la profession"

    Sur le site Mediapart, Edwy Plenel et François Bonnet publient une lettre ouverte réclamant de véritables états généraux organisés par les professionnels.

    "Nous sommes journalistes, et nous ne comprenons pas ce que divers représentants de notre profession sont en train de laisser faire. Nous ne comprenons pas comment l’avenir de notre métier peut être confié à une procédure qui est la négation même des principes que nous venons d’évoquer", écrit notamment le directeur de Mediapart, cité par le site journalisme.com

    Voici le texte intégral de cette lettre ouverte ainsi que

    les vidéos sur le même sujet

     

     

    "Une crise d'indépendance"

    "Nous sommes journalistes. Notre métier est l’information, c’est-à-dire la libre enquête sur tous les faits qui conditionnent la vie publique. C’est un travail qui nous oblige, car il est au cœur d’un enjeu qui nous dépasse: la démocratie.

    Les droits et devoirs de notre profession ne sont pas un privilège, mais une responsabilité envers les citoyens. La déclaration qui vaut charte déontologique pour les journalistes européens l’énonce clairement : "La responsabilité des journalistes vis-à-vis du public prime toute autre responsabilité, en particulier à l’égard de leurs employeurs et des pouvoirs publics". Tout simplement parce que les journalistes sont à la fois dépositaires, instruments et gardiens d’une liberté qui ne leur appartient pas : "Le droit à l’information, à la libre expression et à la critique est une des libertés fondamentales de l’être humain, rappelle le même texte, adopté en 1971 à Munich par nos fédérations et organisations professionnelles. De ce droit public à connaître les faits et les opinions procède l’ensemble des devoirs et des droits des journalistes".

    Nous sommes journalistes, et nous ne comprenons pas ce que divers représentants de notre profession sont en train de laisser faire. Nous ne comprenons pas comment l’avenir de notre métier peut être confié à une procédure qui est la négation même des principes que nous venons d’évoquer. Nous voulons parler de ces Etats généraux de la presse, initiés, convoqués et organisés par le président de la République française dont les quatre groupes de travail commencent aujourd’hui à se réunir. "

    "Un déni de démocratie"

    "Les Etats généraux qui, en 1789, abolirent les privilèges, adoptèrent la déclaration des droits de l’homme et instituèrent une assemblée constituante, étaient autrement démocratiques, transparents et pluralistes que la caricature qui nous est aujourd’hui proposée. "La publicité de la vie politique est la sauvegarde du peuple", affirmait en août 1789 Jean-Sylvain Bailly, président du tiers-état et premier maire de Paris, résumant d’une phrase cet enjeu crucial où la liberté de la presse garantit celle des citoyens. Citant cette sentence dans son Histoire des médias (Seuil, 1990), l’historien et praticien des médias Jean-Noël Jeanneney ajoute ce commentaire : "Il ne suffit pas de dire que désormais la souveraineté ne tombe plus d’en haut, et qu’elle procède du peuple ; il faut que tout se fasse en public, sous le regard attentif et sévère des citoyens". De fait, en 1789, les Etats généraux donnèrent lieu à l’expression publique de revendications par les cahiers de doléances, à la désignation pluraliste de représentants par l’élection de députés, à la confrontation transparente des opinions dans des assemblées ouvertes, à l’élaboration patiente de consensus légitimes sanctionnés par des votes.

    Faut-il avoir perdu confiance en nous-mêmes, en l’ambition de notre métier et en l’exigence démocratique qui le fonde, pour accepter de cautionner, à plus de deux siècles de distance, une mise en scène où tous ces principes sont piétinés? Sous couvert de république, la procédure est monarchique. C’est le président de la République qui, seul, décide, choisit, arbitre. Ainsi le pouvoir exécutif, en son expression à la fois la plus symbolique et la plus sommaire, s’arroge sans partage le droit de décider ce qui sera bon pour ceux qui, dans ce pays, font profession d’informer."

    "Il s’agit de "ma proposition", a insisté Nicolas Sarkozy dans son discours d’ouverture, le 2 octobre. Le "comité de pilotage", dont il a désigné seul les quatre membres sans aucun critère transparent ni procédure publique, sera coordonné par "mon cabinet", a-t-il ajouté, ne citant qu’ensuite, et donc dans une explicite soumission hiérarchique, la ministre de la culture et de la communication ainsi que la direction du développement des médias qui dépend du premier ministre. Ce comité est chargé de lui faire des "propositions" qui, a-t-il précisé, "tiendront compte [des] suggestions" des professionnels, formule aussi vague dans l’énoncé que souple dans l’exécution. Mais, au final, c’est lui et lui seul qui fera le tri : "J’écouterai et je tiendrai compte de ce qui sera dit". On a connu engagement plus contraignant… "




    "Une procédure opaque"

    "De cette régression stupéfiante – le pouvoir s’arrogeant la maîtrise du contre-pouvoir –, tout le reste découle. Désignés par privilège présidentiel, les quatre «pilotes» choisissent de façon régalienne les membres de leurs groupes de travail. Quant à l’organisation des travaux, ni règle précise, ni transparence codifiée, encore moins de procédure claire ou d’ordre du jour précis: l’opacité règne, avec son cortège d’arrière-pensées, de manœuvres et de clientèles, d’intérêts et de réseaux. Un secteur économique qui représente pas moins de 400.000 emplois voit donc la réflexion sur son avenir confiée à une poignée d’experts arbitrairement sélectionnés par le Prince du moment, lequel président a pourtant maintes fois démontré le peu de cas qu’il faisait de l’indépendance des journalistes et de la liberté de la presse."

    "Que des Etats généraux d’une presse minée par la crise et ébranlée par le numérique soient une excellente initiative, c’est une évidence. Que le discours introductif de Nicolas Sarkozy contienne des pistes intéressantes, c’est même possible. Mais l’on ne saurait être journaliste et accepter des Etats généraux qui non seulement ne sont pas organisés par la profession elle-même, mais qui, de plus, ne respectent aucun formalisme démocratique. De même que l’on ne saurait prendre pour argent comptant un simple discours présidentiel quand notre métier nous apprend à distinguer communication et information, en confrontant les mots aux actes. Journalistes, nous pouvons d’autant moins accorder notre confiance à cette procédure incertaine quand nous savons ce qui l’a précédée."

    "D’abord, le feuilleton de la réforme de l’audiovisuel public : service rendu en sous-main aux opérateurs privés qui réclament le monopole des ressources publicitaires ; commission parlementaire bafouée par le rejet présidentiel de ses propositions les plus consensuelles ; annonce unilatérale de la désignation des futurs dirigeants par le seul président de la République, confondant ainsi le service du public et celui de l’Etat pour mieux réduire l’autonomie conquise, depuis 1981, par les rédactions."

    "Ensuite, le rapport préparatoire confié par Nicolas Sarkozy à une élue parisienne du parti présidentiel, l’UMP Danièle Giazzi, sur Les médias et le numérique: les quelques propositions pertinentes y sont accessoires par rapport à son objectif essentiel qui est de dérégulation et de concentration, porte ouverte à une régression accentuée d’un pluralisme médiatique déjà bien mis à mal. "



    "Imposer de vrais Etats généraux"

    "Enfin, le rôle occulte assumé, en toute vergogne, par l’officieux conseiller du président, particulièrement en ces matières médiatiques, Alain Minc: sa dernière sortie haineuse contre Mediapart en particulier et le journalisme en général montre en quel estime il tient la liberté de la presse, alors même qu’il gagne sa vie en conseillant des opérateurs financiers directement intéressés à ce que décidera ce président qu’il conseille également, dans le secret de leurs conciliabules, sans rendre compte à quiconque et dans un mélange des genres stupéfiants."

    "Autant de raisons pour en appeler à la raison d’être de notre profession. Accepter de prétendus Etats généraux ainsi conçus, c’est forcément acquiescer à un marché de dupes. C’est surtout renier nos valeurs professionnelles et nos principes démocratiques, au risque d’accentuer le discrédit du journalisme dans l’opinion et d’aggraver ainsi une crise de confiance qui est au cœur des difficultés de la presse. Nous en appelons donc à toute la profession, à tous les métiers de la presse et de l’information, à toutes les organisations syndicales et professionnelles, pour les inviter à choisir une autre voie, en imposant de véritables Etats généraux de la presse, organisés par la profession elle-même, avec des assemblées délibératives, des délégués élus, des doléances recueillies, selon une authentique procédure démocratique, c’est-à-dire publique."

    "Ne pas le faire, céder à l’appétit des intérêts particuliers et aux sirènes du pouvoir présidentiel, ce serait trahir la promesse démocratique qui nous légitime professionnellement, aussi essentielle pour nos concitoyens que celle qui, par le suffrage, légitime le chef de l’Etat. "Le principe de la liberté de la presse n’est pas moins essentiel, n’est pas moins sacré que le principe du suffrage universel, rappelait Victor Hugo, dans un discours à l’Assemblée constituante de 1848. Ce sont les deux côtés du même fait. Ces deux principes s’appellent et se complètent réciproquement. La liberté de la presse à côté du suffrage universel, c’est la pensée de tous éclairant le gouvernement de tous. Attenter à l’une, c’est attenter à l’autre".

    Edwy Plenel, François Bonnet

     

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