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journalisme - Page 2

  • Déficit de l'offre?

    A lire l'interview de Pierre-Jean Bozzo, directeur général du quotidien gratuit 20 Minutes, on peut effectivement s'interroger sur la crise de l'offre dans le domaine de la presse d'information.

    « Le premier problème est un problème de contenus pas adaptés. Le second est la question de l’éthique des journalistes, confrontés à la perte de confiance du public et au déclin  de leur crédibilité », confie l'intéréssé à l'AFP, un rien provocateur quand on sait que beaucoup de journalistes restent très distants par rapport à l'offre éditoriale d'un produit comme 20 Minutes, osant souvent la sanction extrême de "mal information" (comme on parle de mal bouffe) ou de zapping sans intérêt sur l'actu...

    Crise de l'offre donc, comme le pense certains observateurs, plus que crise de la demande? Le scoop fait-il vendre, du moins la presse dite "de qualité"? Les sites comme Rue 89 ou Médiapart ont tablé sur cette posture de l'information exclusive, indépendante... Mais peuvent-ils s'aligner contre des "exclus" du type "qui est le père du futur bébé de Rachida Dati"?

     

     

     

  • Quelle place pour le photojournalisme?

    1047301076.jpg"La presse ne prend plus aucun risque pour la photo", c'est Jean-François Leroy, directeur et fondateur du festival Visa pour l'Image de Perpignan qui l'affirme dans une interview publiée par le quotidien Le Monde. "C'est un métier encore plus difficile qu'avant. De moins en moins de journaux prennent le risque de faire des productions, de lancer des commandes qui donnent suffisamment de temps aux photographes. La crise de la presse, ça me fait marrer : les journaux appartiennent à des groupes, et dans ces groupes, il y a des titres qui gagnent de l'argent ! La différence, c'est qu'il y a vingt ans, les gens cherchaient à équilibrer leurs comptes, aujourd'hui, ils veulent faire du profit. Mais de l'argent, il y en a : la preuve, on est prêt à payer 100 000 euros pour des photos volées de Jamel Debbouze... Il faudrait instaurer un "impôt people" : taxer les images de célébrités pour financer la vraie photo... "dit encore, Leroy, en soulignant néanmoins que sa conclusion est faite sur le mode de la plaisanterie.

    Ce festival permet chaque année depuis 20 ans de rappeler que le journalisme, la liberté de la presse et le droit d'informer disposent avec le photo-journalisme d'un levier toujours actif même face à l'omniprésence de la télévision et de flux ininterrompu de breaking news, de l'internet et son flot d'informations, de désinformations, de commentaires approximatifs, de buzz, rumeurs et autres emballements...

    Voir le site du festival pour apprécier le travail de ces photo-reporters

  • Les modèles économiques à l'épreuve du web

    ee307318fb4fc36412b2ddf8eb039737.jpgBakchich, Rue89, ou bientôt MediaPart, les sites d'info pur player ont le vent en poupe. Pourtant, leur modèle économique, entièrement gratuit comme Rue89 ou Bakchich, entièrement payant comme MediaPart, n'est pas encore vraiment éprouvé.

    Le journal Les Echos signale ainsi dernièrement que ces trois sites sont encore en recherche de  fonds.

    Même si le postulat journalistique qui les anime - faire de l'information autrement, de manière participative et citoyenne, et en tout cas en restant indépendants - est salué par toute la profession comme une bouffée d'air frais et une forme de résistance encourageante dans un contexte général de "sarkozysation" des médias (ceux des amis du président: Bouyghes, Lagardère, Bolloré, Arnault... ), certaines questions restent ouvertes.24f07b2a4df3a7b2673b6f8a606b2a04.jpg

    Ainsi, comment assurer le coût d'une ligne éditoriale dégagée de toutes pressions économiques (on appelle cela des actionnaires, des annonceurs... ) alors même que pour exister ces médias doivent trouver des capitaux. Même si de bonne fées (capitalistiques) se penchent sur le berceau de ces nouveaux nés.

    La publicité reste le ressort financier le plus répandu de ces modèles économiques pur web. Mais celle-ci est fortement motivée par l'audience d'un site quel qu'il soit. Et afficher 500 000 visiteurs uniques mensuels suffit-il à drainer des budgets en adéquation avec les besoins d'une rédaction qui veut se donner les moyens de travailler en toute liberté? La liberté dans ce cas étant aussi de se donner du temps, des moyens humains, voire des garanties financiières en cas de poursuites judiciaires (qui restent un bon moyen de tuer un journal fragile financièrement, sur le papier ou sur le web).

    A l'heure où, par mimétisme avec le grand modèle américain (The Washington Post, The New York Times... ) la tendance est plutôt à la gratuité de l'information sur internet, ces nouveaux sites pourront-ils perdurer?

    Edwy Plenel et MédiaPart veulent pousser le défi encore plus loin, avec un modèle financé par les lecteurs qui pourrait se passer de la mane publicitaire. Son "point mort" annoncé, entre 65 000 et 75 000 abonnés selon Les Echos.

     

  • Qui doit contrôler l'information?

    Dans sa série "changement d'ère", Libé se penche aujourd'hui sur "l'info citoyenne" ou comment concilier le souci aujourd'hui de plus en plus partagé par les médias en plein évolution de donner la parole à l'internaute et celui d'une information dite de qualité. C'est-à-dire pertinente, fiable et non polluée par des intérêts spécifiques ou particuliers?

    Certains avaient rapidement décrété que le journalisme était mort. Et que, puisque tout un chacun pouvait devenir contributeur, il n'y avait plus besoin de ces médiateurs d'info qui passaient dans l'opinion publique pour des donneurs de leçons, privilégiés fréquentant le pouvoir et étant dès lors soupçonnés de complaisance à son égard...

    D'accord, c'est un peu caricatural et cela résonne comme un résumé un peu simplifié d'une tentation poujado-populiste de renvoyer les journalistes dans leur coin.

    Mais, la contribution de l'internaute peut prendre plusieurs formes. Et ce n'est pas parce qu'une information remonte par un canal "non professionnel" que cela sera intéressant, pertinent et tout simplement juste.

    Gardons-nous de tout manichéisme. Il n'y a pas d'un côté des internautes qui prennent le pouvoir sur l'information et de l'autre des vilains journalistes devenus inutiles.

    C'est plus subtil. Le métier de journaliste peut simplement aujourd'hui se lancer le défi de réussir cette nouvelle forme de coproduction de l'information en réaffirmant son expertise, son sens critique et son indépendance.

     

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