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journalistes - Page 3

  • Une journée sans?

    Il y avait déjà la kyrielle des journées "sans": tabac, voiture... Y aura-t-il bientôt une journée sans... Sarkozy dans les médias?

    C'est en tout cas l'idée lancée par Jean-François Kahn et relayée par d'autres confrères qui proposent une "Journée sans lui" le 30 novembre prochain.

    Cela ressemblerait à quoi? Pas d'images, d'articles, d'interviews radios? Pas de micros tendus, de caméras en roue libre, d'ordinateurs qui chauffent sous l'effet Sarko?

    "Pourquoi une journée sans lui ne serait pas une occasion de travailler l'actualité autrement que depuis l'angle du bureau de presse du gouvernement?" s'interroge Clara, journaliste à Radio Ici et Maintenant.

    Cela signifie-t-il que les médias et ceux qui les animent, donc les journalistes, auraient désappris de choisir un autre angle que celui proposé par une attachée de presse ou un bureau politique élyséen? L'actualité, Nicolas Sarkozy en produit à tout moment, c'est bien là le problème de la presse. Et comme cette dernière, la presse, fonctionne avec un parfait mimétisme amplificateur comme le dénonçait jadis Pierre Bourdieu, on finit vite par sarkozyser toutes les Unes, ouvertures de JT et autres émissions d'info.

    Mais est-ce que les lecteurs, auditeurs, téléspectateurs en ont aussi besoin de cette journée "sans"? Ou au contraire, sont-ils friands des péripéties présidentielles quand ce n'est pas de ses soucis familiaux?

    La séparation du couple Sarkozy, la sortie domicale du président allant chercher des ressortissants français en avion au Tchad ce sont tout de même de belles unes, non? Le côté peopilisation du traitement de cette actualité n'est-il pas du goût du public? Si ce n'était pas le cas, pourquoi la presse et les journalistes en parlent-ils autant?

    On va nous rétorquer, oui mais pas tous les journalistes, oui mais pas tous les journaux...

    N'empéche, ça changera quoi une journée sans?

     

     

     

     

     

  • Quel statut pour les journalistes?

    Dernier point abordé par le rapport du sénat sur l'avenir de la presse, celui concernant les journalistes. Le sénat préconise en résumé de "conforter le statut des journalistes". Selon deux axes de réflexion et d'action:

    • intégrer des chartes d'éthique et de déontologie des journalistes au sein des textes régissant la profession et notamment de la convention collective des journalistes professionnels. Plus que symbolique, cette avancée viserait à redonner aux journalistes un garde-fou opposable et par là-même un nouvel espace d'indépendance cautionné par des valeurs librement acceptées qu'on s'impose de respecter. La liberté du journaliste en sera-t-elle plus accomplie? La qualité de l'information en bénéfiera-t-elle?
    • garantir la protection des sources dans le droit positif français. "Il convient ainsi de préciser qu'il ne pourra être porté atteinte au droit des journalistes à la protection de leurs sources d'information qu'à titre exceptionnel et lorsque la nature de l'infraction, sa particulière gravité, le justifient. Il paraît également nécessaire d'étendre au domicile des journalistes les règles spécifiques applicables aux perquisitions effectuées dans une entreprise de presse, protégeant ainsi le travail des nombreux journalistes indépendants et free-lance." indique le rapport.

    DANS QUEL CONTEXTE?

    Au-delà des pratiques individuelles et des codes déontologiques gravés dans les tables du sacro-saint statut, l'évolution du métier, les changements de postures des professionnels de la profession, les grandes mutations intervenues dans leur environnement et notamment parmi leur(s) public(s), lui aussi dans une nouvelle posture face à l'information et ceux qui la font, on peut s'interroger aussi sur le contexte des entreprises de presse aujourd'hui où ne règne pas toujours un climat serein et libéré de toute contrainte, économique notamment.

    Le sénat n'a pas manqué dans son rapport de relever aussi ces paramètres contextuels. Relevant "les inquiétudes légitimes des journalistes", le rapport qui cite en exemple une affaire qui vient ces derniers jours encore d'alimenter la chronique, celle de la vente des Echos par Pearson au groupe LVMH: "Les inquiétudes exprimées par les 220 journalistes des Echos à l'occasion du rachat du titre par M. Bernard Arnault illustrent le désarroi d'une profession précarisée qui lutte pour conserver une indépendance mise à mal par des pressions de plus en plus nombreuses."

    Par delà ce cas d'actualité, les sénateurs identifient la précarité de l'emploi dans des groupes de presse soumis à des difficultés économiques où souvent - mais pas eux seuls disons-le quand même - les effectifs de la rédaction servent de "variables d'ajustement" dans des plans de reprise en main. Ce qui entraine aussi des réorganisations au sein des rédactions dont on ne peut, a priori, penser qu'elles sont nécessairement synonymes d'amélioration de la qualité et de l'offre rédactionnelle et des conditions d'exercice du métier. Même si, l'adaptation aux nouveaux modes de communication et aux nouveaux supports peut elle aussi nécessiter des réorganisations - même à effectif constant - qui ne sont pas toujours saluées avec enthousiasme par les rédactions de la presse écrite...

    LA PRESSION ECONOMIQUE ET POLITIQUE 

    La pression économique peut aussi devenir une pression politique comme l'ont démontré quelques exemples ces derniers temps où la censure d'une direction suite à l'intervention d'un actionnaire lui-même ami proche d'un politique ont donné au journaliste le statut de... victime.

    Cela dit, restons juste avec tout le monde. Les journalistes ne sont ni de vertueux professionnels ne pactisant jamais avec le pouvoir, ni d'affreux vendus attendant les consignes d'un patron inféodé à un pouvoir économique et/ou politique.

    LE PUBLIC JUGE ULTIME 

    Finalement, ici comme ailleurs, c'est le client qui est roi. Et si les journaux sont moins lus et moins vendus, c'est que l'ensemble d'une profession - médias et journalistes confondus - ne leur propose certainement plus une offre adaptée à leurs attentes.

     

     

     

     

     

  • Le règne d'Anastasie?

    Est-ce que Sarkozy rime avec Anasthasie? En tout cas la question des relations entre le pouvoir et les médias alimente une nouvelle fois le débat... journalistique.

    On passe sur les affaires Genestar (viré pour avoir publié dans Match les indélicates images de Mme Sarkozy avec son compagnon extra-conjugal), JDD (l'info trappée sur le non vote de la même épouse indifèle su second tour des présidentielles), ou encore l'intervention de la nouvelle Garde des Sceaux pour retenir la publication de photos personnelles, plus récemment encore le papier "retenu" dans Courrier international parce que trop négatif pour l'image de la police française.

    Tous ces cas de "censure" ou d'"autocensure" '(quand c'est le rédacteur en chef ou le directeur d'un titre qui décide de ne pas publier renvoient à une certaine "peopolisation" de l'information qui, fatalement, s'aventure dans la sphère privée où chaque citoyen, même lorsqu'on est une personnalité publique de tout premier plan, peut juger qu'il a le droit (et la  loi le lui donne d'ailleurs) de se protéger.

    Les ciseaux d'Anastasie sont-ils pour autant aujourd'hui plus sollicités qu'hier?

    Restons dans le domaine de la vie politique. Les médias, et l'on devrait même dire, les journalistes, ont une pratique assez répandue du "off", confidences plus ou moins manipulatrices des uns (les politiques) aux autres (les journalistes).

    De cette "connivence" découle donc une certaine confusion des pouvoirs (le politique et le médiatique) qui finalement jouent sur des règles communes non écrites qui ne contribuent pas toujours à la juste et complète information du citoyen. Le droit à l'information cela existe, mais il s'use vite si l'on ne s'en sert pas.

    Toutes les vérités ne sont pas égales à dire, on est bien d'accord, et entre l'essentiel et l'accessoire (qui couche avec qui ?) l'information peut s'écrire en majuscules ou en bas de casse.

    Interrogeons-nous plutôt sur l'indépendance des médias au niveau économique c'est-à-dire sur leur capacité à exercer librement leur fonction dans des conditions économiques qui ne les fragilisent pas.

    Lagardère, Dassault, Bolloré, Arnaud, Bouyghes sont devenus des acteurs puissants de l'économie des médias.  Proches du pouvoir (de l'actuel), vont-ils actionner leur armada médiatique à son profit? Le nouveau président va-t-il instrumentaliser ses leviers médiatiques à son profit?

    Seule la vigilance des journalistes et leur sens critique (et autocritique) peut contrecarrer une telle tentation.

    Peut-être une bonne occasion de reconquérir un peu de liberté. Ce qui se passe sur internet avec la prise de parole citoyenne et une circulation de l'information qui échappe d'une certaine manière à la censure (avec le risque évident de déformation et de manipulation aussi... ) peut les y aider.

     

     

     

     

  • La fin de l'ère Colombani

    Le remplacement de Jean-Marie Colombani à la tête du Monde constitue en soi un événement. Non seulement parce que la "règle maison" a été finalement respectée qui veut que le personnel et notamment la société des rédacteurs donne son avis sur le patron du journal. Mais aussi parce que le directoire et Alain Minc ont décidé de ne pas passer en force, concédant dès lors que la culture du Monde n'a pas été sacrifiée sur l'autel du développement capitalistique.

    Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction, parti justement en raison de son désaccord avec cette évolution économique du journal, plaidait lui pour la "sanctuarisation" du titre Le Monde au sein du grand ensemble voulu par Colombani et ses actionnaires. On ne sait pas si les faits lui donnent totalement raison aujourd'hui car Le Monde ambitionne encore d'étoffer son pôle régional dans le Sud. Y compris en négociant, semble-t-il, avec Hersant Média, dont l'appétit semble aussi aiguisé.

    Pendant ce temps, avec l'arrivée de Laurent Joffrin, Libération semble avoir retrouvé un certain ton, situant le quotidien national résolumment à gauche. Ce qui n'était plus toujours évident ces dernières années au Monde...

    Le Monde de Colombani a en revanche réussi sur un autre chantier. Celui de l'internet avec Le Monde.fr, site de qualité et dont l'audience justifie aujourd'hui l'investissement réalisé.

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