Avertir le modérateur

journaux - Page 2

  • Faut-il abandonner le papier?

    "Etats généraux de la presse: et si on laissait tomber le papier"?, c'est la question-provoc que pose Benoît Raphaël (animateur du Post) sur son blog Demain tous journalistes.

    Une manière de contre-pied par anticipation sur les propos tenus hier par le chef de l'Etat en ouverture de ces états généraux où le message sous-jacent ressemblait un peu à: l'écrit, le papier et le payant ne doivent pas être condamnés et le salut ne vient pas que du gratuit et d'internet. Les éditeurs de la presse quotidienne ont d'ailleurs pour la plupart réagit très positivement à ces intentions affichées...

    Benoit Raphael renvoyant aussi sur Frédéric Filloux (l'ancien directeur de la rédaction de 20 Minutes) échaffaude un scénario où très radicalement les éditeurs papier basculaient du jour au lendemain du print vers le web intégral pour réduire leurs coûts, selon l'idée reçue (à vérifier encore) que cela coîte moins cher d'entretenir une rédaction pour une publication numérique que pour une version à imprimer qui rentre dans un processus industriel lourd et coûteux.

    Mais derrière ce type d'hypothèses, qui ont au moins le mérite de pousser à la réflexion, se terre une autre question: quelle valeur peut-on créer uniquement sur le web vs/le print?

    Pour sa part, Jean-Clément Texier, observateur et conseiller avisé du monde des médias, observe:  "le numérique est un défi, qui va peut-être donner un nouvel essor à l’écrit. Demain, on ne parlera plus de quotidien, d’hebdo, de papier, d’écran. Il y aura des producteurs d’info labellisée sous des marques fortes. Ces marques déclineront différents types de contenus sur différents supports. Il faut espérer que ces marques seront celles des éditeurs de presse, sinon elles seront développées par de nouveaux entrants."

     

     

     

     

  • En préambule des états généraux de la presse

    La presse française compte 7.000 titres (quotidiens, magazines, nationaux, régionaux ou locaux^). Elle réalise un chiffre d'affaires de 10,5 milliards d'euros. Elle est organisée en 300 groupes.

    C'est néanmoins la presse quotidienne payante, nationale (PQN) et régionale (PQR) qui rencontre le plus de difficultés ces dernières décennies. La concentration constitue par ailleurs une nouvelle donne dans ce paysage médiatique. Outre les grands groupes de la presse magazine (Lagardère, Prisma, Mondadori), la PQN a connu quelques soubressauts avec le rachat des Echos par Bernard Arnault par exemple.

    Mais la PQR a certainement été un secteur particulèrement métamorphosé ces dernières années, avec la constitution de grands groupes régionaux. Auparavant, il y avait Ouest-France, qui a encore élargi son périmètre lors du rachat des titres du groupe Presse-Océan. Mais aujourd'hui, plusieurs nouvelles galaxies régionales se sont constituées. Si la Voix Nord fait désormais partie de l'entité belge du groupe Rosset, le groupe Hersant Média a repris la Provence et Nice-Matin, alors que Midi Libre, La Dépêche et Sud Ouest se sont également rapprochés dans le sud. A l'est, du nouveau aussi. Le groupe Est Républicain avait racheté le groupe Rhône-Alpes (Le Progrès, Le Dauphiné, Le Bien Public, le Journal de Saône et Loire), qui ont ainsi rejoint sous la bannière d'EBRA (Est-Bourgogne-Rhône Alpes), l'Est Républicain, la Liberté de l'Est et les Dernières Nouvelles d'Alsace. Mais ce premier regroupement, opéré grâce aux capitaux du Crédit Mutuel,  n'a fait qu'esquisser la constitution d'un ensemble plus vaste. La banque mutualiste était jusqu'alors (juste) actionnaire principal du groupe L'Alsace-Le Pays en Alsace et Franche-Comté. Le Crédit Mutuel a affirmé ces dernières années sa volonté de devenir un acteur majeur de l'univers des médias et de la communication. Avec sa prise de participation dans EBRA  d'abord (49%), puis par le rachat à 100 % du titre historique de Metz, le Républicain Lorrain. La prise de contrôle récente de l'Est Républicain ajoutant encore une pierre décisive à cette montée en puissance du Crédit Mutuel.

    Tous ces groupes de presse sont en train de se restructurer avec l'affirmation d'une ambition désormais élargie: le socle traditionnel de la presse écrite payante ne sera pas suffisant pour assurer un développement futur. Qu'à cela ne tienne! On va donc tous se lancer dans le plurimédia. Plus vite dit que fait.

    L'un des enjeux de ces états généraux sera sûrement ce changement de culture dans les médias papier qui pose non seulement la question es investissements dans les nouvelles technologies, ou la compensation de la perte des recettes publicitaires, mais aussi celle de la question des droits d'auteurs des journalistes. Les éditeurs aimeraient pouvoir disposer des droits sur tous les supports et sur une certaine durée d'exploitation. Les journalistes restent relativement crispés sur cette question, réclamant plutôt une rémunération pour chaque support (papier,internet... ). Si les états généraux débouchent, comme le souhaite Christine Albanel, la ministre de la Culture et de la Communication sur les éléments d'une loi cadre, ce seront aux partenaires sociaux de cette branche, dans les entreprises de presse, de négocier l'application de cette intention. Trouveront-ils facilement un accord "gagnant-gagnant" ou plutôt "donnant-donnant"?

    En guise de prélude à ces débats que nous suivrons sur ce blog, voici (cités par la Newsletters de Presse-Editiion) quelques citations pour réfléchir à tout cela...

    • "L’ensemble des groupes de presse – à diffusion constante – devront dépenser 143 millions d’euros de plus d’ici à 2015 et l’État 139 millions de moins" Bruno Frappat, Président du Directoire du Groupe Bayard, édito paru le jeudi 24 juillet dans La Croix, à propos des accords État Presse Poste.
    • "Le syndicat du livre CGT est la verrue qui explique l’état calamiteux de la presse", Alain Minc sur France Inter.
    • "La distribution et la commercialisation de la presse sont de vrais enjeux. Ce ne sont pas les seules causes des difficultés de ce secteur, profondément bouleversé par l’irruption d’internet et des quotidiens gratuits" Christine Albanel, ministre lors de l’inauguration d’une nouvelle Maison de la presse, dans le 13e arrondissement de Paris.
    • "Le problème auquel nous sommes confrontés aujourd’ui : faire que les jeunes de la génération numérique aient l'envie de lire nos journaux. Le défi est clair, à défaut d’être simple. Il s’agit de combiner le paradoxe d’un éditorial plus exigeant et d’une forme plus séduisante et créer des maquettes toujours plus attractives " Christian de Villeneuve, Directeur de la Rédaction du JDD.

     

  • Etats généraux de la presse et des médias

    On en parlait depuis un certain temps du côté de l'Elysée, on sait désormais que les états généraux de la presse demandés par certains et promis par d'autres (en mai par le Président de la République), auront bien lieu, à partir de début octobre. C'est Emmanuelle Mignon, conseillère de Nicolas Sarkozy qui est chargée d'orchestré ce grand brainstorming. Elle a choisi de mettre en place une consultation qui va durer deux mois un peu su rle modèle du Grenelle de l'environnement. Objectif, réfléchir aux difficultés économiques que rencontre la presse: " Je préfère ce système" du type "Grenelle de l'environnement plutôt qu'un système dans lequel on fait des auditions pour aboutir à un rapport sûrement de bonne qualité, mais qui n'engage pas ceux qui ont participé à ce dispositif", a affirmé la conseillère de l'Elysée lors du Forum de Grenible organisé par le journal Libération où elle a confirmé la tenue de ces états généraux.

    Voir aussi (mais nous y reviendrons) le rapport Giazzi

  • A la criée

    Enfant, je me souviens des vendeurs de France Soir qui déboulaient en fin de journée dans les café en criant: "France Soir, France Soir, les dernières actualités". Ils avaient un tablier bleu et une casquette d'appariteur posée sur la tête. C'était un moment magique, où dans le brouhaha d'un bistrot (joueurs de cartes, fanas de tiercé, joueurs de flippers ou simplement buveurs de bière), l'actualité du monde débarquait. Bien sûr, c'était France Soir. Mais France Soir,  version Lazareff. Les grandes manchettes de Une sur la vie du monde et les grands événements du siècle passé dans notre belle France.

    Allors quand on apprend que le SPQN (syndicat de la presse quotidienne parisienne - adjectif désignant en fait la presse dite nationale car la France ne saurait se résumer à Paris "surface") - se remettent aux modes anciennes de diffusion de ventes à la criée.

    Le maillage des points de vente - les kiosques, tabac-presse et autres marchands de journaux - en France a subi cres dernière année quelques reculs. Déjà évoqués ici dans ce blog. Mais quand on sait que la densité des diffuseurs de presse en France est de un marchand de journaux pour 2000 habitants alors que par exemple en Allemagne elle est de un diffuseur pour 800 habitants, on comprend que la préoccupation des éditeurs est d'aller vers les lecteurs-acheteurs potentiels.

    Les gratuits avaient repris ce mode de diffusion à leur compte. 20 minutes, Métro, Direct Soir... Lille Plus... ont choisi un mode de contact avec les lecteurs-consommateurs d'info très direct: sur le chemin du travail, dans les lieux de communication et de transit des transports en commun.

    Aussi la PQN a-t-elle choisi de reprendre ce mode de "ciommercialisation" en investissant à son tour les bouches du métro parisien. Ainsi, Une vingtaine de vendeurs proposeront aux heures de pointe 14 quotidiens nationaux dans les couloirs de 11 stations de métro parisiennes, dont Saint-Lazare, La Défense, Saint-Michel-Notre-Dame, Bastille, Châtelet-Les Halles... L'expérience semble payante: chaque vendeur aurait ainsi écoulé environ 100 exemplaires par jour. En touchant des lecteurs qui n'auraient pas fait l'effort d'aller vers le kiosque le plus proche. Selon l'adage qu'il faut aller au consommateur si le consommateur ne vient pas naturellement à soi!

    Le principe du producteur (d'infos) au consommateur a déjà largement été éprouvé par la presse quotidienne régionale, plus particulièremenyt dans l'est et dans le nord avec le système du portage matinal à domicile. Mais, en France, seulement 10% des titres de la presse nationale sont portés, alors que c'est le cas de 94% des quotidiens au Japon et de 74% aux Etats-Unis.

    En province, certains quotidiens régionaux ont développé une sous-traitance pour d'autres journaux nationaux permettant aux abonnés de province de recevoir leur quotidien national dans leur boîte aux lettre le matin en même temps que la PQR (Presse Quotidienne Régionale).

     

     

     

     

     

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu