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journaux - Page 3

  • Le canard qui rit

    Alors que la tendance est à la morosité dans les titres de presse, que les éditeurs s'interrogent sur la viabilité du modèle économique de la presse généraliste payante, que d'autres se lancent sur le web en testant les deux schémas (payants comme Médiapart, ou gratuit comme la plupart des autres sites d'informations), il est un journal qui sourit. Ou plutôt, un canard qui rit: Le Canard Enchaîné.
    L'hebdomadaire satirique ne dément pas sa réputation de rentablité puisqu'en 2007 ses ventes ont progressé de 24 %, avec un coup de pouce aussi des élections.

    En diffusion, cela donne 503.125 exemplaires en moyenne par semaine. Certes, comme le souligne le journal Les Echos, "le bénéfice a baissé de 7,8 à 6,2 millions d'euros entre 2006 et 2007", mais la plupart des titres aimeraient afficher ce type de performance encore...
    Rappelons que le Canard Enchaîné vit sans publicité et des seules ressources de ses ventes. Il incarne toujours le média indépendant et critique qui a fait sa réputation et sa qualité.

  • Les journaux ont vu leur diffusion augmenter en 2007

    On a tendance à penser que la presse écrite courbe le dos devant le développement d'internet, mais pourtant en 2007 la diffusion des journaux à l'échelle mondiale a encore augmenté, grâce aussi aux gratuits mais pas uniquement.

    C'est ce que révèle l'Association Mondiale des Journaux dans son rapport annuel. Voici quelques chiffres qui illustrent cette tendance:

    + 2, 57% pour les journaux payants

    + 3,65 % si on y ajoute la diffusion des journaux gratuits

    + 14 %, c'est la progression sur les cinq dernières années de la presse payante et gratuite

    Les journaux gratuits représentent 7 % de la diffusion mondiale des journaux, et l'Europe constitue un terrain privilégié puisquece marché capte à lui seul 23 % de leur diffusion.

    Parallèlement à la progression de la diffusion des journaux, les recettes publicitaires ont aussi augmenté en 2007 (+ 0,86 % l'an dernier, + 12, 84 sur les cinq dernières années).

    La presse écrite reste le média le plus utilisé par la publicité à l'échelle de la planète avec 40 % de part de marché contre 38 % à la télévision.

     

     

  • Des chiffres qui parlent

    medium_Projet1.4.jpgQuel est aujourd'hui en France le premier quotidien d'information? C'est 20 Minutes qui grimpe sur la première marche du podium défini par l'étude EPIQ 2006-2007. Avec 2,4 millions de lecteurs, le journal gratuit progresse encore cette année de plus de 12% par rapport à l'an passé. Il précède aussi le quotidien L'Equipe qui a longtemps détenu la palme du quotidien le plus lu, mais qui reste quand même le journal... payant le plus lu selon la même étude, avec tout de même 2,3 millions de lecteurs!

    20 MINUTES + METRO = 4,4 millions de lecteurs

    On peut bien sûr s'interroger sur la mesure d'audience d'un titre distribué gratuitement dont le tirage n'est pas contrebalancé par une performance commerciale pure. Mais, ce serait là une défense mesquine car, gratuit ou pas, le phénomène 20 Minmedium_PODIUM.3.JPGutes est bien réel et ses lecteurs aussi. D'ailleurs, l'autre gratuit Métro fait un bond en avant de près de 28 % d'une année à l'autre et affiche aussi 2 millions de lecteurs au compteur.

    L'EFFET "SARKOZY"? 

    L'année électorale aura toutefois dopé aussi quelque peu les ventes d'autres nationaux qui montraient ces dernières années de nets signes d'essoufflement. Avec + 2,4 % pour Le Monde, + 0,6 % pour Libération et + 0,3 % pour Le Figaro, la presse dite de qualité recueille les miettes de l'engouement médiatique pour les présidentielles. Une embellie qui a aussi profité au secteur des magazines qui réalise un honorable + 0,7%.

    LES NEWS AUSSI 

    Les mesures d'Audipresse confirment cet effet électoral. Les hebdos d'information tirent encore mieux leur épingle du jeu électoral: +11,2% pour les quatre news magazines Le Nouvel Obs, Le Point, L'Express et Marianne. Ce dernier titre fait encore mieux que les autres avec un flatteur + 18,6 % (pour 1,5 million de lecteurs estimé) grâce certainement à un positionnement plus original et impertinent que ses confrères.

    Mais une hirondelle, même sarkozienne, ne suffit peut-être pas à faire le printemps. Attendons donc le suivant (de printemps) avec les municipales et les cantonales, que la presse quotidienne, régionale et locale, espère elle aussi florissant!

     

     

  • Vive l'écrit: 3. La "mal info" et les nouveaux média-consommateurs

    La "mal info": Denis Muzet, directeur de Médiascopie auteur du livre portant ce même titre provocateur, a explicité ce concept au parterre d'éditeurs de presse en congrès à Strasbourg. L'évidente parenté avec la "mal bouffe" dont on alimente volontiers la problématique de la qualité de ce que nous trouvons dans nos assiettes et nos cuisines, nous renvoie donc aux catégories détestables et forcément mauvaises pour la santé de nos titres et de nos lecteurs!

    FAST NEWS, BAD NEWS! 

    Vite dit, quand même... Car si derrière cette expression qui fait mouche se cachent en effet les fast news qui seraient à la presse ce que le hamburger est à la gastronomie, nous n'avons de loin pas encore atteint l'indigestion en consommant l'info étiquetée fast food que nous livrent chaque matin (restons en France), 20 minutes ou Métro et quelques autres quotidiens d'informations gratuits (dont ceux édités par des journaux régionaux) qui n'hésitent pas au contraire à revendiquer le qualificatif de "plus" alors qu'il y en aurait moins (de l'info, bien entendu).

    Mais laissons Denis Muzet développer sa théorie. En posant tout d'abord ce constat, qui s'apparente à une forme de diagnostic de l'état de santé d'un lecteur rendu au rôle de patient, victime soudain d'une nouvelle maladie du siècle naissant: les médias sont confrontés, nous suggère Muzet, à de nouvelles attentes qui nécessitent une nouvelle forme de veille face à un flot ininterrompu d'informations en continu qui déferle sans qu'on le réclame fatalement. A la réception de cette houle d'infos, le "média-consommateur" mémorise des titres, des bribes éparses et successives, des messages partiels, aux formats brefs, comme autant de "flashes" qui le mettent dans un état second: approximation des paramètres de l'information, "paupérisation du sens" ose même Denis Muzet, qui en déduit qu'"à force de consommer du fast news, le média-consommateur souffre de mal info".

    C'est grave docteur? Rassurons-nous, le remède suit le scanner critique et s'affiche avec sûreté et conviction:

    1. Pratiquer une forme de "jeûne médiatique"
    2. Se tourner vers des "médias d'approfondissement"
    3. Consommer des médias "jardin-terrasse"
    4. Participer à la co-production de l'information.

    Une fois qu'on a dit cela, rien n'est réglé. Car face à ces ripostes proposés à l'individu-lecteur-consommateur, la tentation du "multimédia" -cette sollicitation polymorphe et perverse qui de gratuit en internet, de blogs en Yahoo actu ou Wikio, en passant par l'autoradio ou le podcast, l'alerte et la vidéo sur téléphone mobile - sort ses armes et la rechute menace! Et le lecteur n'arrive pas toujours à reconstituer sereinement le puzzle de l'info entre "médias verticaux" (TV, radio, presse) et "médias horizontaux" (internet).

    L'INFO SUR LE MODE CONVERSATIONNEL 

    Cette multi-consommation tourne au café du commerce planétaire (salut Mc Luhan!) et a fait apparaître cette nouvelle info sur le mode conversationnel. L'immédiateté, l'accès permanent (n'importe où , n'importe quand) renforce la tension qu'exerce ce vacarme médiatique sur la psychologie de notre média-consommateur : s'il rate une alerte, entre deux SMS à sa femme qui fait les courses, le voici déjà semé par l'actu... mais Denis Muzet y voit - plus sérieusement - aussi, à travers cette tension permanente suspendue à l'alerte info, le moteur d'un climat de peur qui rend finalement cette info anxiogène. Nous assistons à "la mise en concurrence des médias par un lecteur qui perd confiance et s'éparpille", résume le responsable de Médiascopie.

    Du coup, dans ce contexte de perversion du langage médiatique le malaise s'installe, le citoyen-consommateur se rebelle et "se réapproprie l'info pour donner du sens au monde". "Son" média se nourrit d'interactivité et d'esprit contributif, prêt à court-circuiter le réseau officiel des médias "pros".

    Avec tout ça, nos bons vieux médias et la presse écrite en particulier peuvent-ils encore redresser la tendance?

    DU JARDIN A LA TERRASSE 

    Denis Muzet mise lui sur "l'opportunité de l'approfondissement et de la mise en perspective" de l'information, vertu à redécouvrir par la presse et ses journalistes. Parallèlement, une autre manière de réagir consiste à cultiver son jardin, du moins, selon l'expression du directeur de Médiascopie, les supports thématiques joliment baptisés "jardin-terrasse": c'est dans son jardin qu'on se retrouve dans un univers et des centres d'intérêt familiers; c'est sur sa terrasse qu'on peut prendre de la hauteur pour considérer et essayer de mieux comprendre le monde...  Et de croire qu'il y a un métier à poursuivre entre le traitement court et rapide sur le web, le développement plus long sur le papier, sans omettre une bonne doser d'interactivité et de "connivence" avec ses lecteurs-internautes, dimension de la relation avec son lecteur devenue impérative!

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