Avertir le modérateur

sarkozy - Page 4

  • Tous les journalistes ont-ils voté?

    Bon, ça y est, à peine élu et juste avant de prendre possession de la charge suprême, Nicolas Sarkozy fait nouveau l'objet d'un fort soupçon d'ingérence médiatique. La future "first lady" n'aurait pas fait son devoir électoral le 6 mai dernier. Quelle belle affaire! Serait-elle contrariée du destin présidentiel de son époux?

    Mais ce n'est pas cela qui gêne dans l'affaire. Ce qui fait polémique, après Paris Match et les remerciements adressés à son directeur jadis pour avoir eu l'outrecuidance de publier les photos de la même - à l'époque -  ex-future première dame en compagnie d'un autre homme que son candidat de mari, c'est la soi-disante autocensure d'une direction du Journal du Dimanche qui aurait "en toute conscience" choisi de ne pas publier l'info de l'incivisme électoral de Mme Sarkozy, arguant du "domaine de la sphère privée" .

    Tout de suite, la logique des observateurs de l'ordre juste des médias a conclu à une pression de Lagardère, le copain de Sarkozy, qui a défaut de transformer son bateau en yacht présidentiel, accepterait de concéder des faveurs médiatiques à son meilleur pote, sur le mode: pour te rendre service, - on ne sait jamais je peux aussi avoir besoin de toi tantôt - je calme ces fiéfés journalistes qui n'en ratent pas une pour venir te chatouiller.

    Une nouvelle fois, les péripéties post-électorales interrogent le fonctionnement des médias.

    Est-ce que l'info de Dame Sarkozy ne votant pas est essentielle à la vie du pays?

    Si simple auto-censure du JDD il y a, pourquoi invoquer la sphère privée et pas simplement le peu d'intérêt de l'information qui valait à tout casser un écho dans une rubrique de bruits de couloirs. C'est quand même pas l'affaire du siècle!

    Si intervention il y a eu, quelle maladresse, alors que dans les 5 mn qui suivent tous les médias sont au courant...

    Bref, encore une de ces anecdotes qui meublent nos colonnes et font écran de fumée par rapport aux vraies questions qui vont se poser dans les prochaines semaines du sarkozisme naissant.

     

     

  • La mouche du coche

    Plantu a raison quand il "mouche" Sarkozy. Mais évidemment cela ne plait pas au peut-être futur locataire de l'Elysée...

    On a tellement dit que Le Monde roulait pour le candidat de l'UMP que la résistance du dessinateur du Monde vient apporter une sorte de démenti à cette rumeur. Un dessin suffit-il à marquer la ligne éditoriale d'un journal? Certainement pas, mais dans une société où l'on se retrouve devant les tribunaux parce qu'on a publié des caricatures mettant en jeu la question de l'islam (cf Charlie hebdo, qui n'a pas été condamné, heureusement!), on peut se dire que la liberté de la presse peut encore se réfugier dans le trait critique et acéré d'un Plantu.

    Après que cela énerve Sarkozy...

    medium_Sarko_Plantu.jpg

  • Les sondages mènent la danse

    Ce qui frappe dans cette campagne des présidentielles, c'est la versatilité des grands médias. Surfant sur les sondages dont on finit par faire des acteurs importants de ce barnum médiatique (cf l'expression de Michel Onfray), les médias font osciller le balancier des tendances au même rythme que IPSOS, TNS-SOfres et CSA.

    Ainsi, prenons François Bayrou. Quand il affichait encore moins de 20 % au compteur, soit un score ne lui permettant pas d'espérer passer en seconde mi-temps de ce match présidentiel, les instituts de sondage se fendaient néanmoins d'une question sur ses chances... au 2e tour!

    Finalement, cela a peut-être boosté son score (du moins dans les intentions de vote) de manière mécanique. Et après certains osent encore dire que les sondages n'ont aucune influence sur la seule réalité du "terrain". Le terrain ici c'est un électeur encore indécis mais qui semble jouer au casino avec des jetons Sarkozy, Bayrou, Royal.

    Et finalement, les journalistes commentent plus les sondages que les programmes. Evidemment, à ce jeu statistique et de marketeing politique pur, les petits candidats mangent la pelouse. La campagne officielle et ses règles d'égalité stricte de temps de parole leur redonne certes un porte-voix, mais le brouhaha médiatique dans la presse écrite n'est pas pour autant atténué, puisque les journaux et les magazines ne sont pas tenus aux mêmes règles.

    Ajoutez à cela que ce sont la plupart du temps les médias eux-mêmes qui commanditent les sondages et la boucle infernale est bouclée.

    Ce qui est finalement rassurant, c'est qu'au matin du 22 avril, chacun se retrouvera juste face à son droit de vote sans une petite voix qui lui souffle, juste avant le passage à l'acte, la tendance du jour...

     

     

  • Quand les candidats se plantent

    En journalisme il existe un principe désigné par le terme "droit de suite". Il consiste, pour celui qui pense que ce métier requiert encore quelque rigueur, à revenir à la charge sur un sujet déjà traité pour vérifier si tout cela colle vraiment ou si les réponses obtenues aux questions posées correspondent bien à la réalité.

    Le journal Le Monde a dernièrement repris ce principe pour épingler les candidats passés dans l'émission de TF1 "j'ai une question à vous poser".

    L'exercice confirme que souvent le discours politicien ne s'embarrasse pas de précision et surfe allégrement sur la vague de l'à peu près ou de l'intox.

    Quelques exemples cités dans l'article du Monde, déclinés par candidat à l'Elysée:

    Sarkozy pour commencer, qui affirme que la moitié des Français touchent le SMIC. Perdu! Selon Eurostat, rapporte Le Monde, près de la moitié des Français perçoivent 1484 euros par mois et seulement 15,6 des salariés gagnent le SMIC à plein temps.

    Même plantage su re prix du baril de pétrole: le record historique du baril s'établit à 77,25 dollars, le 13 juillet 2006. Sarkozy joue la surrenchère quand il affirme: "Lorsque j'étais ministre des Finances, le Brent était à 42 dollars le baril, c'est monté jusqu'à 90, c'est redescendu".

    Fâché avec les chiffres, l'ancien locataire de Bercy, l'est aussi avec les dates: quand il évoque l'inflation: "Il y a 40 ans, on empruntait à 18 % et il y avait une inflation à 24". Faux! Il y a 40 ans, on était donc en 1967, l'inflation était de 2,7 % seulement. C'est en 1974 (choc pétrolier!) avec 13,7 % et en 1980 avec 13,6 % que l'inflation bat ses records et donc que le différentiel avec les taux d'emprunt joue de son effet positif.

    Bon d'accord, c'est du direct et du "sans fiches" genre "je vous regarde dans les yeux et je vous dis ce que je crois savoir", mais quand même ce sont là des repères classiques de l'histoire économique hexagonale qu'un ancien ministre des Finances devrait parfaitement maîtriser.

    Pour respecter l'ordre juste, passons à Ségolène Royal, qui n'est pas en reste dans "l'inexactitude" tout en ayant fait preuve d'une grande 'bravitude" lors de son passage d'examen participatif télévisuel.

    Sur la question du salaire minimum, elle ne fait guère mieux que son adversaire UMP quand elle lance que "notre salaire minimum est l'un des plus bas, notamment par rapport aux pays du Nord". Plantée! Le salaire minimum français (1254 euros mensuels brut) est au contraire l'un des plus élevés d'Europe après le Luxembourg, L'irlande et la Belgique. Quant aux pays du Nord, Suède et Finlande, il n'y a tout simplement pas de salaire minimum!

    Comme quoi, on a beau avoir fait l'ENA, on peut tout de même être fâchée avec le calcul. Quand la candidate socialiste dit que la revalorisation de 5% des minimum vieillesse mettrait immédiatement 50 euros de plus dans la tirelire de nos anciens chaque mois, elle se trompe. 5% de 625 euros, cela fait 31 euros! Elle sert à quoi la calculette?

    Bon, ça suffit, arrêtons le massacre! On peut se dire que quand les discours plus classiques sont préparés toutes ces données sont vérifiées par une cohorte de conseillers experts et vigilants et que finalement c'est l'épreuve médiatique qui dans ce cas a troublé la bonne intelligence de nos candidats... Et que dans ce spectacle politique, l'animateur de la soirée (un journaliste nommé PPDA qui a plutôt l'air de s'emmerder) ne sert pas non à rectifier en direct ce genre d'erreurs et d'approximation..

     

     

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu