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photographie

  • Plossu, les années hippies

    Avec Far Out, petit album photographique et textuel, les éditions Médiapop font revivre au photographe Bernard Plossu ses années hippies, entre Californie et Inde…

     

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    Route 66; Californie 1974. Photo Bernard Plossu

    C’est à Besançon que le Mulhousien Philippe Schweyer, l’un des animateurs des éditions Médiapop, rencontre le photographe Bernard Plossu. « La première chose que je lui ai dit, c’est que je voulais faire un livre avec lui », confesse-t-il, taquiné par les souvenirs des articles écrits par Plossu dans les numéros de Rock & Folk du début des années 70, lucarnes poétiques et voyageuses ouvertes sur l’univers hippie.

    Avec derrière la tête, l’idée d’en faire un opuscule de la collection « Sublime », lancée avec son comparse strasbourgeois Bruno Chibane (*).

    « Tout ça a un rapport avec la musique », avoue Philippe Schweyer et la mélodie qui se dégage des images de Plossu s’apparente à « la musique du silence ».

    Bernard Plossu - révélé par Le voyage mexicain en 1979 seulement - a 20 ans, lorsque, plein des films de Bunuel, Aldrich, Bergman ou Bresson (Robert le cinéaste… pas Cartier, le photographe), il part au Mexique.

    « Evidemment la liberté »

    « Le grand sous-entendu de la photographie, c’est évidemment la liberté », écrit Denis Roche dans l'avant-propos de ce livre initial (sinon initiatique ) d’une démarche née dans la spontanéité des rencontres humaines. En 1970, direction Ceylan, puis Goa en Inde croisant des hippies nus sur les plages…

    Tout l’intérêt de Far out réside justement dans la révélation de ces photographies échappées d’un autodafé qu’accomplit Plossu en 1985 en revenant des Etats-Unis pour se réinstaller en France et où il avait choisi de brûler toutes ses photos faites au grand angle : « Je lui préfère de loin l’objectif ‘’normal’’ de 50 mm qui ne déforme pas la réalité ! », clame, aujourd’hui encore, le photographe.

    Philippe Schweyer ne cache pas son bonheur d’avoir pu convaincre Plossu de réunir dans un même livre, les articles qu’il avait écrit à l’époque et ces images rescapées d’un rêve hippie : « C’est un livre qui a cheminé », suggère l’éditeur qui a aussi réalisé avec son complice Bruno Chibane un entretien en 2010 publié en fin d’ouvrage où Bernard Plossu raconte ces années-là .

    Pour ceux qui ont vécu cette période, la nostalgie sera certainement caressée par les portraits des trois sœurs Baez ou d’Allen Ginsberg. Pour les plus jeunes, cet ouvrage au format de poche apportera une sorte de « snapshot », d’image prise sur le vif, dans le sens du vivant, intelligente introduction à la découvert de cette époque.

    Une découverte sensible en tout cas, en harmonie avec la posture photographique de Plossu dont Alain Sayag disait très justement, dans la préface du livre Les paysages intermédiaires (1988) : il se sert du réel « comme d’un écran où il projette ses émotions ».

    Dominique Bannwarth

    LIRE « Far out » dans la collection Sublime chez Médiapop éditions. 15 euros. Dans la m^me collection : About Rock, Sex and Cities de Denis Scheubel et Henri Walliser et Magnificence (amours Blondie) d’Emmanuel Abela et Jennifer Yerkes.

  • L'instant invisible de Lisette Model

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    "J'ai compris que ce qui me fascinait avec la photographie, c'était l'instant. La photographie est un art qui, à la seconde près, révèle des images et des aspects de la vie qui sont quadi invisibles au regard". C'est ainsi que la photographe Lisette Model éfinit son rapport à la photographie. Un travail que le Jeu de Paume vient très heureusement de mettre en lumière lors d'une exposition remarquable qui était proposée depuis février dernier.
    La découverte de Lisette Model fut tardive avec un premier livre rassemblant ses images édité par Aperture seulement en 1979, l'année suivant sa venue aux Rencontres internationales de la photographie d'Arles, invitée d'honneur de Lucien Clergue. Quatre années avant sa disparition.
    Sa démarche de photographe - après une éducation qui fut d'abord musicale, débute pourtant dans les années 30 déjà. Sa "Promenade des Anglais" de 1935...
    LisetteModel5.jpgAlors, en contemplant sa fameuse "Baigneuse de Coney Island", on ne peut être aujourd'hui qu'impressionné par l'acuité de ce regard où, selon l'expression même de Lisette Model, "les gens deviennent égaux à eux-mêmes". Elle livre dans se sphotographie  une humanité à la fois intime et parfois spectaculaire (on pense aussi à ses travestis ou hermaphrodites qui ont notamment été mis en relation par la suite avec le travail de Diane Arbus qui fut son élève).
    Dans sa série d'images de rue à Paris (on peut se référer aussi à Atget et Berenice Abott...) le point de vue presque toujours en contre-plongée n'est pourtant pas agressif. Les personnages se livrent simplement dans l'expression naturelle de leur état.
    La série sur l'Opéra ou la Promenade des Anglais dénote la même distance qui laisse au sujet sa propre expression. Et en même temps, point d'anecdote dans l'image, juste ce cadre qui enserre son sujet, l'étale comme un "all over" qu'illustre la magnifique Baigneuse de Coney Island qui occupe tout son cadre ou ces plans serrés sur deux amoureux qui échangent un regard.
    Cette saturation de l'image, on la retrouve aussi dans la série "Reflections" où le jeu des miroirs et des reflets démultiplie, comme dans un mille-feuille visuel, le réel capturé et lui donne par ces superpositions une nouvelle dimension imaginaire. Fiction de l'instant qui se dédouble, où se mêle le sujet regardé et l'incidence d'une image non contemplée mais qui se convoque dans cet invisible instant. Sorte de caverne platonicienne où les ombres telles des spectres, épiphanies de réalités, transgressent le réel.
    "C'est la surface qui m'intéresse, disait encore Lisette Model. Parce que la surface, est l'intérieur. Chacun possède une façon propre d'exprimer son corps, pas uniquement son visage".
    Autre confession, révélée par l'interview diffusée lors de l'exposition, "C'est le volume qui toujours m'intéresse".
    Se souvient-elle de l'instant où chacune de ses photos a été prise? "Définitivement", répond la photographe, "en prenant une photo, c'est comme si je demandais une question". Il y a parfois une réponse qui est donnée dans l'instant, cet instant "fixé qu'on ne peut pas retenir par le regard et ce doit être un instant important" L'instant qui rèvèle en somme car pense Model "La photographie est l'art de l'instant".
    Dominique Bannwarth



  • Quelle place pour le photojournalisme?

    1047301076.jpg"La presse ne prend plus aucun risque pour la photo", c'est Jean-François Leroy, directeur et fondateur du festival Visa pour l'Image de Perpignan qui l'affirme dans une interview publiée par le quotidien Le Monde. "C'est un métier encore plus difficile qu'avant. De moins en moins de journaux prennent le risque de faire des productions, de lancer des commandes qui donnent suffisamment de temps aux photographes. La crise de la presse, ça me fait marrer : les journaux appartiennent à des groupes, et dans ces groupes, il y a des titres qui gagnent de l'argent ! La différence, c'est qu'il y a vingt ans, les gens cherchaient à équilibrer leurs comptes, aujourd'hui, ils veulent faire du profit. Mais de l'argent, il y en a : la preuve, on est prêt à payer 100 000 euros pour des photos volées de Jamel Debbouze... Il faudrait instaurer un "impôt people" : taxer les images de célébrités pour financer la vraie photo... "dit encore, Leroy, en soulignant néanmoins que sa conclusion est faite sur le mode de la plaisanterie.

    Ce festival permet chaque année depuis 20 ans de rappeler que le journalisme, la liberté de la presse et le droit d'informer disposent avec le photo-journalisme d'un levier toujours actif même face à l'omniprésence de la télévision et de flux ininterrompu de breaking news, de l'internet et son flot d'informations, de désinformations, de commentaires approximatifs, de buzz, rumeurs et autres emballements...

    Voir le site du festival pour apprécier le travail de ces photo-reporters

  • Jacques Hébinger

    medium_HEBINGER.JPGLe photographe Jacques Hébinger est mort la semaine dernière. Cette image est  intitulée "Bâtisseur et sans-abri" , elle témoigne de la double personnalité de Jacques: l'artiste d'une part, épris de sens; l'homme d'autre part, dont l'art premier reste l'humanité.

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