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  • Vive l'écrit: 2. Le face à face lecteurs-éditeurs

    Lors du congrès européen de la presse, IPSOS Médias et Seprem Etudes & Conseils ont présenté les résultats de deux études réalisées en miroir sous l'intitulé: "Attente des lecteurs, priorité des éditeurs, une confrontation nécessaire" (*)

    Confrontation, le mot sonne juste à la lecture des résultats livrés à Strasbourg.

    L'un des points évoqués dans ces études concerne évidemment la question de la gratuité de la presse, nouvelle donne à laquelle les éditeurs de titres payants sont confrontés que ce soit dans leur offre papier ou leur offre numérique:

    - 53% des lecteurs interrogés pensent pourtant que "demain, toute l'information dont j'ai besoin sera facilement accessible gratuitement que ce soit en presse ou sur internet et cela me suffira"

    - 47 % pensent que "l'information accessible gratuitement ne me suffira pas. C'est dans les journaux, les magazines et les sites internet payants que je continuerai à trouver ce que je cherche."

    Divine surprise pour les éditeurs, 65 % des lecteurs interrogés par Ipsos Médias acceptent la proposition suivante: "Peu importe la publicité et le prix de vente, je choisis d'abord les journaux et les magazines que je lis parce qu'ils me plaisent et que je leur fais confiance."

    Voici quelques autres items pour illustrer ces points de vue souvent divergents:

    Prochain post: La mal info et les nouveaux styles de vie

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  • Vive l'écrit : 1. la marche du business

    medium_Numeriser0007.jpgLe XVe congrès européen de la presse française vient de s'achever à Strasbourg. Son slogan: Vive l'écrit! Alors entre postures défensives, peurs de l'avenir, recherche de nouvelles voies et concurrents émergents, la presse écrite (ici avec toutes ses familles rassemblées: quotidiens nationaux et régionaux, magazines... ) a-t-elle enfin trouvé son salut?

    L'impression générale qui ressort de ces débats strasbourgeois est celle d'une prise de conscience des phénomènes environnants. On a évidemment beaucoup parlé de la "valeur" de l'information tant au niveau de la qualité de l'offre que de sa valorisation payée face à l'autre modèle économique du moment, le gratuit. On aussi beaucoup parlé de la "convergence" ou en tout cas de la manière dont la "marque" d'un média papier traditionnel pouvait se démultiplier sur internet.

    On reste sur le sentiment que la presse française n'a pas encore complètement lancé sa révolution. On croit encore à la force de l'acquis, de l'histoire. Mais on commence à accepter l'idée que cela ne suffira pas pour survivre. Il faut donc "vivre", comme le disait en conclusion le linguiste Alain Rey qui voit dans ce beau verbe l'élan salvateur qui permettra à l'écrit de rebondir.

    Mais trève de littérature, parlons non plus des (saintes) écritures des journalistes, mais des écritures (comptables) de nos financiers.

    La création de la valeur ne serait-elle plus dans l'écrit?

    Et de ce point de vue, l'exposé introductif de Jean-Clément Texier, directeur médias-télécoms de BNP-Paribas, sur les tendances économiques et financières du business presse, a parfaitement planté le décor du drame qui se joue...

    "Notre "médialand" se disloque". La terre tourne encore rond, mais le monde devient plat (Milton Friedmann), "il n'y a plus de frontières, il n'y a plus d'acquis". Et l'avenir de l'information "va appartenir à ceux qui l'organisent" et non plus à ceux qui la diffusent. Autrement dit encore: "Les journaux sont de plus en plus gratuits, mais l'accès à l'information sera de plus en plus payant'". Aujourd'hui, pour ce spécialiste des grandes manoeuvres dans le monde de la finance et de la communication, l'information n'est donc plus ce qu'elle était: on a tendance à lui préférer l'entertainment, les journalistes en ont perdu l'exclusivité (avec les contenus réalisés par les internautes notamment), et les éditeurs tentent de réagir en vendant... des "plus produits". "Vous vendez d'abord des encyclopédies nobles, suggère Jean-Clément Texier, et vous finirez par vendre de la vaisselle". La création de valeur ne serait-elle plus dans l'écrit?

    Les journaux sont devenus des valeurs marchandes qui s'échangent 

    La presse est bien devenue une industrie comme les autres "et les journaux des valeurs marchandes qui s'échangent", n'en déplaise à ceux qui croyaient encore que la noblesse de la pensée et de l'écrit suffisaient à ériger l'entreprise de presse sur un piédestal, telle une sculpture antique montée sur une colonne émergent d'un océan hostile, comme l'ultime ilôt de résistance à l'engloutissement.

    Une note d'espoir toute de même: "Savoir gèrer le déclin peut être profitable". Exemple: Dassault qui se retrouve aujourd'hui en position de '"plus value virtuelle substantielle".

    Les nouveaux entrants: de Bolloré au Crédit Mutuel 

    Et puis attention aux nouveaux entrants qui redistribuent aussi le jeu. Les internationaux d'abord: les Italiens Mondadori (qui rime avec Berlusconi), les Belges de Roularta (L'Express-L'Expansion); les outsiders plus inattendus: Vincent Bolloré en tête: "Ce Breton est un corsaire", "il vient du papier" métaphorise Texier. Un "petit prince du cash-flow" qui a investi 16 % de ses actifs dans la communication à la conquête d'une nouvelle "toison d'or" façon Havas de la grande époque. Autre acteur qui monte en puissance: le Crédit Mutuel. Déjà actionnaire du groupe régional L'Alsace et du Monde, il vient de s'offrir 49 % du nouvel ensemble EBRA (Est-Bourgogne-Rhône Alpes) que Gérard Lignac (patron de l''Est Républicain et des Dernières Nouvelles d'Alsace ) a constitué en rachetant Le Progrès, Le Dauphiné Libéré, Le Bien Public... Quelle sera la suite de cette nouvelle donne à l'Est?

    Et puis, bien sûr, la troisième catégorie d'opérateurs dans cet univers médiatique tumultueux ce sont les fameux fonds d'investissements qui privilégient le modèle "royal", ironise Jean-Clément texier, autrement dit le "R.O.I" (le retour sur investissement).

    En nous laissant méditer sur cet axiome de Ruppert Murdoch - "Ce ne sont plus les plus gros qui battent les plus petits mais ce sont les plus lents qui seront écrasés par les plus rapides", l'expert financier de BNP-Paribas pronostique "des années marquées par le retour en force des actionnaires" mais aussi un regain de poids des "familles", ces actionnaires familiaux qui pourraient représenter le contre-poids nécessaire à ceux qui pensent que "le court-termisme" va gagner.

    Ah, j'ai failli oublié mais Jean-Clément Texier, lui ne les a pas oubliés: les autres nouveux entrants de demain que seront les Indiens, Russes ou Chinois...

    Prochain post: le face à face lecteurs-éditeurs

     

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