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Carla Bruni

  • Carla et Nicolas en Egypte

    Fatalement la peopolisation de la vie politique influence désormais les modes de traitement de l'actualité d'une presse généraliste et réputée sérieuse, dans ces registres où il y a peu de temps encore n'évoluaient que les titres spécialisés.

    TOUT CELA EST BIEN "EMBALLE" 

    Du coup sur le terrain, reporters et paparazzi se retrouvent dans un destin lié. Comme le décrit fort bien un article d'Elise Vincent récemment paru dans Le Monde soulignant la présence des principales agences de presse et quotidiens français en Egypte dans le sillage du très glamour séjour présidentiel où le privé et le public se confondent de manière ostentatoire.

    Tout cet "emballement" - si l'on reprend la formule inventée par Daniel Schneidermann que l'on peut prendre au sens d'un étrange mimétisme des médias, grégaires et suiveurs comme l'avait déjà défini Bourdieu jadis mais aussi comme l'acte de "packager" l'information façon "bling bling" et courrier du coeur - se trouve évidemment conforté par la posture communicante permanente de Nicolas Sarkozy. L'hyper-président le plus médiatique du moment a choisi en Carla Bruni une compagne qui ne passe pas inaperçue. Un casting parfait pour nourrir les magazines sur papier glacé que l'on lit dans les salles d'attente mais qui pour beaucoup de lecteurs-électeurs constituent la seule manière de consommer de l'information. On voit qu'on est loin du débat politique sérieux que s'escrime encore à privilégier la presse "ordinaire".
    Cette dernière pourtant a emboîté le pas à cette tendance people. Et l'AFP, agence de référence de toutes les rédactions de France et de Navarre et bien au-delà, consacre désormais des dépêches aux moindres faits et gestes de notre nouveau président. Une chronique mondaine qui fait écran de fumée par rapport à d'autres préoccupations que l'actualité pourrait nous proposer comme l'augmentation du prix du gaz ou la question des sans-abris, mais que l'AFP traite aussi...

    QUELS FAITS? 

    "Nous sommes une agence, nous sommes obligés d'être présents. C'est le président de la République, il était de surcroît accompagné d'une femme connue dans le monde entier, il ne se cachait pas, nos clients n'auraient pas compris qu'on ne soit pas là." Et d'ajouter : "L'écriture que nous avons choisie est factuelle, sobre. A partir du moment où le président se montre en public, on n'est pas dans la "peopolisation". Ce n'est pas comme si on allait chercher des confidences.", se défend le rédacteur en chef du service France de l'AFP, Hervé Guilbault en réponse aux questions du Monde.

    Là où les choses deviennent délicates, c'est quand le "factuel" ne présente aucun intérêt mais qu'on va quand même broder autour de la visite des pyramides main dans la main, histoire de justifier un envoyé spécial.

    BONNE CONSCIENCE 

    Bien sûr, les rédactions en chef se défendent de "peopoliser" la hiérarchie de l'information. Et chaque journaliste pourra toujours, bonne conscience oblige, se cacher derrière sa déontologie et prétendre à une forme de distanciation critique par rapport au sujet. En Egypte, le seul fait que les services de sécurité egyptiens aient tiré en l'air des coups de sommation pour éloigner les photographes et les journalistes vient à point nommé pour prêter le flan à ce réflexe salvateur.

    Reste la question essentielle, celle de l'intérêt du lecteur...

     

     

     

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