Avertir le modérateur

Raynaud

  • Catherine Millet a raison

    Catherine Millet a bien raison de rappeler dans son éditorial d'Art Press de novembre que le "coup" de Damien Hirst qui a mis ses oeuvres aux enchères n'est pas inédit.

    En effet, Jean-Pierre Raynaud , deux ans auparavant, avait aussi (bien) "soldé" les oeuvres de son fonds chez Christie"s. Lire à ce sujet, le post publié sur ce même blog à l'époque: "Le plaisir de l'enchère".

    JEAN PIERRE RAYNAUD JUIN 1999.jpg

    La critique procède toutefois dans son article à un comparatif intéressant entre les deux démarches. "La différence entre les deux tient à quelque chose de profond" affirme Catherine Millet.
    Ainsi voit-elle dans l'action de Hirst "un commentaire, par exarcerbation et provocation, du marché".

    En revanche, la démarche de Raynaud, selon elle, relève de "la prise de conscience existentielle. L'artiste venant d'exposer au musée de Nice les oeuvres qu'il avait conservées depuis plus de quarante ans de travail. Il décidait qu'elles ne pouvaient pas rentrer à l'atelier. Tout à coup, le passé devient trop étouffant, il fallait le disperser pour mieux se remettre au travail".

     

     

  • Les objets-drapeaux de Jean-Pierre Raynaud

    Raynaud a connu une forte actualité ces derniers mois. Une rétrospective au Mamac de Nice, et surtout la vente aux enchères de ses oeuvres chez Christie's. medium_RA2YNAUD.JPGPas moins de quatre-vingt-cinq pièces de sa collection personnelle, finalement parties pour 2,2 millions d'euros, "soit 1,4 million d'euros de plus que prévu" note Judith Benamou-Huet dans artpress.

    "JE SUIS VIVANT!"

    "Je suis vivant" clame l'artiste après cette démonstration de sa capacité à s'affirmer de manière singulière sur le marché "je suis arrivé à faire admettre que quand on n'est pas dans un tandem avec un marchand on peut exister", commente encore Jean-Pierre Raynaud.

    medium_Raynaud_couv.jpgL'Arsenal de Metz accueille actuellement la nouvelle exposition de Jean-Pierre Raynaud sous le titre "Objet drapeau" (ci-contre la couverture du catalogue paru à cette occasion).

    "Il y a 45 ans, j'ai pris l'objet comme moyen d'expression, comme moyen de communication, avec pour geste autobiographique des pots de fleurs que je remplissais de ciment. Aujourd'hui je me situe à l'antithèse de ce geste intime en employant les drapeaux internationaux en tant que code génétique du monde. Une autre façon de rencontrer "l'autre" sans en être l'épicentre, une petite révolution pour moi. Finalement, on a toujours une alternative: être dans le champ ou hors du champ", confie l'artiste en introduction à cette exposition.

    On les avait vu apparaître déjà à Nice installant leur plastique colorée sur le drapeau israélien. Les revoici disposés sur les 21 drapeaux déployés par Raynaud à Metz. Les petits canards plastifiés multicolores, jouets enfantins par excellence, remettent ainsi en jeu la première approche du drapeau-tableau que Raynaud explore depuis 1998, date où est apparu lors de sa retrospective à la galerie nationale du Jeu de Paume son premier drapeau français tendu sur un châssis.  Un "objet supplémentaire" donc auquel le plasticien ne veut pas donner de charge particulière: "C'est un archétype de l'enfance medium_Canard_de_Raynaud.jpgque nous avons tous rencontré, il n'y a pas de double langage, il n'est suspect de rien. Il apporte simplement ce qu'il est, ce qu'il représente", indique Raynaud. En quelque sorte, il s'agit de la rencontre de deux symboles universels: celui très subversif finalement du drapeau, étendard d'une nation et de ses valeurs fortes, ici "kidnappé" selon l'expression de Raynaud pour être redonné au monde dans un geste devenu artistique; celui tout aussi troublant du jouet enfantin que l'on fait flotter dans les baignoires des plus petits et qui nous renvoie à un temps d'innocence au monde. La conjonction de ces deux objets transitionnels résume assez bien la manière dont, une nouvelle fois, Jean-Pierre Raynaud par sa prise de parole artistique oblige son spectateur à se "recharger" de toute cette symbolique, ne lui laisse que le choix de se positionner par rapport à cette proposition presque "neutre".

    Ce face-à-face, Raynaud le rend immanquable par la multiplication du nombre d'objets- canards déposés sur ses drapeaux: "La méthode que j'ai mise au point procède de l'idée de "semis". Les objets candards sont déployés de manière aléatoire. Il y a l'idée d'un marquage de la surface de l'objet drapeau. Au final, c'est une méthode qui me fait penser au dripping de Pollock dont le but était de saturer l'espace", explique Raynaud. Une sorte de "all-over" pétant de couleurs!

    medium_objet_drapeau.jpg

     

  • Jean-Pierre Raynaud : le plaisir de l'enchère

    medium_JEAN_PIERRE_RAYNAUD_JUIN_1999.jpg« Je ne suis pas fou. N'importe quel artiste sait qu'il ne faut pas disperser 80 œuvres en même temps sur le marché » : Jean-Pierre Raynaud, une fois de plus, prend tout le petit monde du marché de l'art à contre-pied. Après lui avoir fait acheter les débris de sa maison de la Celle-Saint-Cloud en carreaux blancs répartis dans 1000 cuvettes exposées au CAPC de Bordeaux, ses pots rouges ou dorés, l'artiste français choisit de laisser son œuvre une nouvelle fois se disperser. La vente aux enchères – sans mise à prix minimale – qui aura lieu ce 27 octobre permet à Raynaud de mettre en jeu son œuvre dans la logique d'un marché où c'est habituellement la cote qui fait sa loi. Du zéro à l'infini, l'œuvre libère simplement sa valeur intrinsèque, expression de l'artiste qui croit toujours que « La société dans laquelle on vit est une société qui n'est pas capable de faire aboutir un projet qui a du sens ». Alors, cette vente aux enchères inhabituelle ne serait-elle pas un « non-sens » justement ?
    http://www.christies.com]www.christies.com

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu