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  • Les objets-drapeaux de Jean-Pierre Raynaud

    Raynaud a connu une forte actualité ces derniers mois. Une rétrospective au Mamac de Nice, et surtout la vente aux enchères de ses oeuvres chez Christie's. medium_RA2YNAUD.JPGPas moins de quatre-vingt-cinq pièces de sa collection personnelle, finalement parties pour 2,2 millions d'euros, "soit 1,4 million d'euros de plus que prévu" note Judith Benamou-Huet dans artpress.

    "JE SUIS VIVANT!"

    "Je suis vivant" clame l'artiste après cette démonstration de sa capacité à s'affirmer de manière singulière sur le marché "je suis arrivé à faire admettre que quand on n'est pas dans un tandem avec un marchand on peut exister", commente encore Jean-Pierre Raynaud.

    medium_Raynaud_couv.jpgL'Arsenal de Metz accueille actuellement la nouvelle exposition de Jean-Pierre Raynaud sous le titre "Objet drapeau" (ci-contre la couverture du catalogue paru à cette occasion).

    "Il y a 45 ans, j'ai pris l'objet comme moyen d'expression, comme moyen de communication, avec pour geste autobiographique des pots de fleurs que je remplissais de ciment. Aujourd'hui je me situe à l'antithèse de ce geste intime en employant les drapeaux internationaux en tant que code génétique du monde. Une autre façon de rencontrer "l'autre" sans en être l'épicentre, une petite révolution pour moi. Finalement, on a toujours une alternative: être dans le champ ou hors du champ", confie l'artiste en introduction à cette exposition.

    On les avait vu apparaître déjà à Nice installant leur plastique colorée sur le drapeau israélien. Les revoici disposés sur les 21 drapeaux déployés par Raynaud à Metz. Les petits canards plastifiés multicolores, jouets enfantins par excellence, remettent ainsi en jeu la première approche du drapeau-tableau que Raynaud explore depuis 1998, date où est apparu lors de sa retrospective à la galerie nationale du Jeu de Paume son premier drapeau français tendu sur un châssis.  Un "objet supplémentaire" donc auquel le plasticien ne veut pas donner de charge particulière: "C'est un archétype de l'enfance medium_Canard_de_Raynaud.jpgque nous avons tous rencontré, il n'y a pas de double langage, il n'est suspect de rien. Il apporte simplement ce qu'il est, ce qu'il représente", indique Raynaud. En quelque sorte, il s'agit de la rencontre de deux symboles universels: celui très subversif finalement du drapeau, étendard d'une nation et de ses valeurs fortes, ici "kidnappé" selon l'expression de Raynaud pour être redonné au monde dans un geste devenu artistique; celui tout aussi troublant du jouet enfantin que l'on fait flotter dans les baignoires des plus petits et qui nous renvoie à un temps d'innocence au monde. La conjonction de ces deux objets transitionnels résume assez bien la manière dont, une nouvelle fois, Jean-Pierre Raynaud par sa prise de parole artistique oblige son spectateur à se "recharger" de toute cette symbolique, ne lui laisse que le choix de se positionner par rapport à cette proposition presque "neutre".

    Ce face-à-face, Raynaud le rend immanquable par la multiplication du nombre d'objets- canards déposés sur ses drapeaux: "La méthode que j'ai mise au point procède de l'idée de "semis". Les objets candards sont déployés de manière aléatoire. Il y a l'idée d'un marquage de la surface de l'objet drapeau. Au final, c'est une méthode qui me fait penser au dripping de Pollock dont le but était de saturer l'espace", explique Raynaud. Une sorte de "all-over" pétant de couleurs!

    medium_objet_drapeau.jpg

     

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