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  • Vive l'écrit: 3. La "mal info" et les nouveaux média-consommateurs

    La "mal info": Denis Muzet, directeur de Médiascopie auteur du livre portant ce même titre provocateur, a explicité ce concept au parterre d'éditeurs de presse en congrès à Strasbourg. L'évidente parenté avec la "mal bouffe" dont on alimente volontiers la problématique de la qualité de ce que nous trouvons dans nos assiettes et nos cuisines, nous renvoie donc aux catégories détestables et forcément mauvaises pour la santé de nos titres et de nos lecteurs!

    FAST NEWS, BAD NEWS! 

    Vite dit, quand même... Car si derrière cette expression qui fait mouche se cachent en effet les fast news qui seraient à la presse ce que le hamburger est à la gastronomie, nous n'avons de loin pas encore atteint l'indigestion en consommant l'info étiquetée fast food que nous livrent chaque matin (restons en France), 20 minutes ou Métro et quelques autres quotidiens d'informations gratuits (dont ceux édités par des journaux régionaux) qui n'hésitent pas au contraire à revendiquer le qualificatif de "plus" alors qu'il y en aurait moins (de l'info, bien entendu).

    Mais laissons Denis Muzet développer sa théorie. En posant tout d'abord ce constat, qui s'apparente à une forme de diagnostic de l'état de santé d'un lecteur rendu au rôle de patient, victime soudain d'une nouvelle maladie du siècle naissant: les médias sont confrontés, nous suggère Muzet, à de nouvelles attentes qui nécessitent une nouvelle forme de veille face à un flot ininterrompu d'informations en continu qui déferle sans qu'on le réclame fatalement. A la réception de cette houle d'infos, le "média-consommateur" mémorise des titres, des bribes éparses et successives, des messages partiels, aux formats brefs, comme autant de "flashes" qui le mettent dans un état second: approximation des paramètres de l'information, "paupérisation du sens" ose même Denis Muzet, qui en déduit qu'"à force de consommer du fast news, le média-consommateur souffre de mal info".

    C'est grave docteur? Rassurons-nous, le remède suit le scanner critique et s'affiche avec sûreté et conviction:

    1. Pratiquer une forme de "jeûne médiatique"
    2. Se tourner vers des "médias d'approfondissement"
    3. Consommer des médias "jardin-terrasse"
    4. Participer à la co-production de l'information.

    Une fois qu'on a dit cela, rien n'est réglé. Car face à ces ripostes proposés à l'individu-lecteur-consommateur, la tentation du "multimédia" -cette sollicitation polymorphe et perverse qui de gratuit en internet, de blogs en Yahoo actu ou Wikio, en passant par l'autoradio ou le podcast, l'alerte et la vidéo sur téléphone mobile - sort ses armes et la rechute menace! Et le lecteur n'arrive pas toujours à reconstituer sereinement le puzzle de l'info entre "médias verticaux" (TV, radio, presse) et "médias horizontaux" (internet).

    L'INFO SUR LE MODE CONVERSATIONNEL 

    Cette multi-consommation tourne au café du commerce planétaire (salut Mc Luhan!) et a fait apparaître cette nouvelle info sur le mode conversationnel. L'immédiateté, l'accès permanent (n'importe où , n'importe quand) renforce la tension qu'exerce ce vacarme médiatique sur la psychologie de notre média-consommateur : s'il rate une alerte, entre deux SMS à sa femme qui fait les courses, le voici déjà semé par l'actu... mais Denis Muzet y voit - plus sérieusement - aussi, à travers cette tension permanente suspendue à l'alerte info, le moteur d'un climat de peur qui rend finalement cette info anxiogène. Nous assistons à "la mise en concurrence des médias par un lecteur qui perd confiance et s'éparpille", résume le responsable de Médiascopie.

    Du coup, dans ce contexte de perversion du langage médiatique le malaise s'installe, le citoyen-consommateur se rebelle et "se réapproprie l'info pour donner du sens au monde". "Son" média se nourrit d'interactivité et d'esprit contributif, prêt à court-circuiter le réseau officiel des médias "pros".

    Avec tout ça, nos bons vieux médias et la presse écrite en particulier peuvent-ils encore redresser la tendance?

    DU JARDIN A LA TERRASSE 

    Denis Muzet mise lui sur "l'opportunité de l'approfondissement et de la mise en perspective" de l'information, vertu à redécouvrir par la presse et ses journalistes. Parallèlement, une autre manière de réagir consiste à cultiver son jardin, du moins, selon l'expression du directeur de Médiascopie, les supports thématiques joliment baptisés "jardin-terrasse": c'est dans son jardin qu'on se retrouve dans un univers et des centres d'intérêt familiers; c'est sur sa terrasse qu'on peut prendre de la hauteur pour considérer et essayer de mieux comprendre le monde...  Et de croire qu'il y a un métier à poursuivre entre le traitement court et rapide sur le web, le développement plus long sur le papier, sans omettre une bonne doser d'interactivité et de "connivence" avec ses lecteurs-internautes, dimension de la relation avec son lecteur devenue impérative!

  • Papier-Web: quelle valeur pour l'info?

    Tel le serpent de mer, le débat sur l’internet payant-gratuit concernant les sites de journaux quotidiens régionaux (ou nationaux d’ailleurs) ressurgit... Je crois qu'on n'a d'ailleurs pas fini d'en parler parce que tout simplement la réponse dépend de la manière dont on pose la question: d'abord, sur quel contenu se pose-t-on la question?

     http://mediacafe.blogspot.com/2006/10/internet-pour-la-pqr-info-locale.html

    Le clonage numérique de l'édition papier?
    Qu'est-ce qui ferait que le contenu numérique de la PQR aurait soudain un intérêt pour un lecteur de 30-45 ans qui n'est pas passé à l'acte d'achat sur le papier? La gratuité à elle seule justifie-t-elle soudain ce regain de curiosité et surtout va-t-elle aussi permettre une fidélisation de ce "cyberlecteur"?
    La baisse d'audience des sites PQR qui ont viré du gratuit au payant se fait néanmoins clairement ressentir et cela n'a évidemment pas engendré en symétrie une hausse des ventes papiers...


    Un vrai (autre) « journal » sur le net?

    Alors, seconde hypothèse, proposer "autre chose" que la copie de l'édition papier?
    La première différence qu'on peut introduire par rapport au papier, c'est l'information en temps réel par rapport à une édition papier numérisé qui couvre 24 h... passées. Cette démarche impliquera de toute façon aussi un changement du contenu de l'édition papier, car là encore on peut poser la question en miroir: si cela n'a pas d'intérêt de donner le jour même sur le net le même contenu que l'édition papier du même jour, est-il intéressant de donner le lendemain dans le papier la même information que celle donnée de manière immédiate et en temps réel dès la veille sur le web?
    Raisonnons simplement en considérant la demande et en calibrant l'offre en conséquence. On peut même se dire que si les sites web de la PQR deviennent de vrais médias et pas simplement des appendices numériques qui viendraient "compléter" sans le "cannibaliser" le produit amiral papier, ils trouveront leur audience. Et peut-être même que des lecteurs - y compris abonnés - du quotidien papier pourront ainsi enrichir leurs sources d'information en faisant confiance à la "marque" PQR déclinée sur internet; voire même que certains internautes, clients exclusifs au départ du site web, pourront - avec une bonne interactivité web-papier - acheter parfois (en ligne ou en kiosque) la version papier du titre... ou d'autres hors série et suppléments...

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