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  • Le numérique se rêve en papier

    Des sites d'information sur le web qui annoncent une version papier? Non, vous ne rêvez pas. Après certains américains, en France aussi cette tendance pointe son nez. Ainsi, Edwy Plenel et Médiapart sont-ils en train de cherher à lever de nouveaux fonds pour lancer une version papier hebdo de Médiapart... Backchich, c'est fait.

    On peut remarquer, avec une pointe de sens critique, que jusqu'à présdent c'est plutôt le mouvement inverse qui faisait tendance. Des journaux ou magazines imprimés (et payant) se lançait sur le net. Avec, toujours aux Etats-Unis, des titres qui basculaient entièrement sur une version numérique en abandonnannt complètement leurs éditions imprimées.

    On le constate, dans ce monde incertain et mouvant des médias, dans un contexte de crise profonde, les modèles économiques sont loin d'être avérés...

  • En préambule des états généraux de la presse

    La presse française compte 7.000 titres (quotidiens, magazines, nationaux, régionaux ou locaux^). Elle réalise un chiffre d'affaires de 10,5 milliards d'euros. Elle est organisée en 300 groupes.

    C'est néanmoins la presse quotidienne payante, nationale (PQN) et régionale (PQR) qui rencontre le plus de difficultés ces dernières décennies. La concentration constitue par ailleurs une nouvelle donne dans ce paysage médiatique. Outre les grands groupes de la presse magazine (Lagardère, Prisma, Mondadori), la PQN a connu quelques soubressauts avec le rachat des Echos par Bernard Arnault par exemple.

    Mais la PQR a certainement été un secteur particulèrement métamorphosé ces dernières années, avec la constitution de grands groupes régionaux. Auparavant, il y avait Ouest-France, qui a encore élargi son périmètre lors du rachat des titres du groupe Presse-Océan. Mais aujourd'hui, plusieurs nouvelles galaxies régionales se sont constituées. Si la Voix Nord fait désormais partie de l'entité belge du groupe Rosset, le groupe Hersant Média a repris la Provence et Nice-Matin, alors que Midi Libre, La Dépêche et Sud Ouest se sont également rapprochés dans le sud. A l'est, du nouveau aussi. Le groupe Est Républicain avait racheté le groupe Rhône-Alpes (Le Progrès, Le Dauphiné, Le Bien Public, le Journal de Saône et Loire), qui ont ainsi rejoint sous la bannière d'EBRA (Est-Bourgogne-Rhône Alpes), l'Est Républicain, la Liberté de l'Est et les Dernières Nouvelles d'Alsace. Mais ce premier regroupement, opéré grâce aux capitaux du Crédit Mutuel,  n'a fait qu'esquisser la constitution d'un ensemble plus vaste. La banque mutualiste était jusqu'alors (juste) actionnaire principal du groupe L'Alsace-Le Pays en Alsace et Franche-Comté. Le Crédit Mutuel a affirmé ces dernières années sa volonté de devenir un acteur majeur de l'univers des médias et de la communication. Avec sa prise de participation dans EBRA  d'abord (49%), puis par le rachat à 100 % du titre historique de Metz, le Républicain Lorrain. La prise de contrôle récente de l'Est Républicain ajoutant encore une pierre décisive à cette montée en puissance du Crédit Mutuel.

    Tous ces groupes de presse sont en train de se restructurer avec l'affirmation d'une ambition désormais élargie: le socle traditionnel de la presse écrite payante ne sera pas suffisant pour assurer un développement futur. Qu'à cela ne tienne! On va donc tous se lancer dans le plurimédia. Plus vite dit que fait.

    L'un des enjeux de ces états généraux sera sûrement ce changement de culture dans les médias papier qui pose non seulement la question es investissements dans les nouvelles technologies, ou la compensation de la perte des recettes publicitaires, mais aussi celle de la question des droits d'auteurs des journalistes. Les éditeurs aimeraient pouvoir disposer des droits sur tous les supports et sur une certaine durée d'exploitation. Les journalistes restent relativement crispés sur cette question, réclamant plutôt une rémunération pour chaque support (papier,internet... ). Si les états généraux débouchent, comme le souhaite Christine Albanel, la ministre de la Culture et de la Communication sur les éléments d'une loi cadre, ce seront aux partenaires sociaux de cette branche, dans les entreprises de presse, de négocier l'application de cette intention. Trouveront-ils facilement un accord "gagnant-gagnant" ou plutôt "donnant-donnant"?

    En guise de prélude à ces débats que nous suivrons sur ce blog, voici (cités par la Newsletters de Presse-Editiion) quelques citations pour réfléchir à tout cela...

    • "L’ensemble des groupes de presse – à diffusion constante – devront dépenser 143 millions d’euros de plus d’ici à 2015 et l’État 139 millions de moins" Bruno Frappat, Président du Directoire du Groupe Bayard, édito paru le jeudi 24 juillet dans La Croix, à propos des accords État Presse Poste.
    • "Le syndicat du livre CGT est la verrue qui explique l’état calamiteux de la presse", Alain Minc sur France Inter.
    • "La distribution et la commercialisation de la presse sont de vrais enjeux. Ce ne sont pas les seules causes des difficultés de ce secteur, profondément bouleversé par l’irruption d’internet et des quotidiens gratuits" Christine Albanel, ministre lors de l’inauguration d’une nouvelle Maison de la presse, dans le 13e arrondissement de Paris.
    • "Le problème auquel nous sommes confrontés aujourd’ui : faire que les jeunes de la génération numérique aient l'envie de lire nos journaux. Le défi est clair, à défaut d’être simple. Il s’agit de combiner le paradoxe d’un éditorial plus exigeant et d’une forme plus séduisante et créer des maquettes toujours plus attractives " Christian de Villeneuve, Directeur de la Rédaction du JDD.

     

  • Etats généraux, quels enjeux?

    Sur médiachroniques, Jeff Mignon et quelques autres bloggeurs, s'interrogent sur les enjeux des états généraux de la presse annoncés dernièrement et qui devraient débuter d'ici le mois d'octobre.
    Question centrale de l'article en question, quelle est la valeur de l'information? Entendue comme: qu'est-ce qu'un lecteur-consommateur est prêt à payer ou à investir comme temps pour prendre connaissance d'une information? Quel est son rapport à l'utilité de cette information? La seule valeur d'une information est-elle sa valeur d'usage? L'expertise des journalistes est-elle suffisante pour justifier d'une valeur ajoutée suffisament attractive pour déclencher ne serait-ce qu'un réflexe de... lecture? Autant de questions que nous abordons régulièrement dans tous ces blogs où s'interrogent et dialoguent des professionnels des médias souvent, parfois des universitaires et plus rarement des consommateurs d'info...

    Je ne pense pas que les états généraux aborderont ces questions de fond qui touchent aux préoccupations des "professionnels de la profession"... En revanche, le filtre à travers lequel il faudra sûrement continuer de réfléchir - que ce soit par rapport à l'adéquation offre/demande ou plus simplement à la question; quelle plus value pour quelle valeur? - sera fatalement d'ordre économique. Très prosaïquement, les éditeurs recherchent le meilleur ratio possible entre l'effectif et le coût d'une rédaction, les frais de production et de diffusion, les recettes (directes pour les médias encore payants, ou indirectes pour les gratuits) pour s'interroger au final sur la marge potentielle...
    Va-t-on encore obtenir de l'Etat des plans de "modernisation sociale" pour dégraisser les effectifs sans garantie que les journaux traditionnels ne réinvestissent ensuite dans la modernisation du média lui-même?
    Pour les journalistes, le défi est de réinventer leur métier tout simplement. Vaste programme, comme disait l'autre...

  • Déficit de l'offre?

    A lire l'interview de Pierre-Jean Bozzo, directeur général du quotidien gratuit 20 Minutes, on peut effectivement s'interroger sur la crise de l'offre dans le domaine de la presse d'information.

    « Le premier problème est un problème de contenus pas adaptés. Le second est la question de l’éthique des journalistes, confrontés à la perte de confiance du public et au déclin  de leur crédibilité », confie l'intéréssé à l'AFP, un rien provocateur quand on sait que beaucoup de journalistes restent très distants par rapport à l'offre éditoriale d'un produit comme 20 Minutes, osant souvent la sanction extrême de "mal information" (comme on parle de mal bouffe) ou de zapping sans intérêt sur l'actu...

    Crise de l'offre donc, comme le pense certains observateurs, plus que crise de la demande? Le scoop fait-il vendre, du moins la presse dite "de qualité"? Les sites comme Rue 89 ou Médiapart ont tablé sur cette posture de l'information exclusive, indépendante... Mais peuvent-ils s'aligner contre des "exclus" du type "qui est le père du futur bébé de Rachida Dati"?

     

     

     

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