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  • 31 millions d'internautes, mais seulement 31% de confiance dans la fiabilité de l'information sur internet

    L'enquête mensuelle Médiamétrie nous apprend que nous sommes désormais 31,24 millions d'internautes en France. Soit 4% de plus qu'il y a un an.

    Une autre étude, réalisée par TNS Sofres pour le journal La Croix ne place internet qu'en 4e position en terme de confiance des Français dans les médias.

    La radio reste en tête des médias (57% disent avoir le plus confiance en elle), devant la presse écrite (49%) et la télévision (46%). Seulement 31% des presonnes interrogées considèrent qu'internet constitue "une source d'information fiable".

    L'autorité de régulation des communications électroniques et des postes (l'ARCEP) livre une autre statistique: au 3e trimestre 2007, les Français ont plus utilisé leur mobile que leur gfixe pour téléphoner. 24 milliards de minutes pour les appels émis à partir d'un téléphone portable et 23,9 milliards de minutes pour les coups de fil à partir d'un poste fixe.

     

  • Qui doit contrôler l'information?

    Dans sa série "changement d'ère", Libé se penche aujourd'hui sur "l'info citoyenne" ou comment concilier le souci aujourd'hui de plus en plus partagé par les médias en plein évolution de donner la parole à l'internaute et celui d'une information dite de qualité. C'est-à-dire pertinente, fiable et non polluée par des intérêts spécifiques ou particuliers?

    Certains avaient rapidement décrété que le journalisme était mort. Et que, puisque tout un chacun pouvait devenir contributeur, il n'y avait plus besoin de ces médiateurs d'info qui passaient dans l'opinion publique pour des donneurs de leçons, privilégiés fréquentant le pouvoir et étant dès lors soupçonnés de complaisance à son égard...

    D'accord, c'est un peu caricatural et cela résonne comme un résumé un peu simplifié d'une tentation poujado-populiste de renvoyer les journalistes dans leur coin.

    Mais, la contribution de l'internaute peut prendre plusieurs formes. Et ce n'est pas parce qu'une information remonte par un canal "non professionnel" que cela sera intéressant, pertinent et tout simplement juste.

    Gardons-nous de tout manichéisme. Il n'y a pas d'un côté des internautes qui prennent le pouvoir sur l'information et de l'autre des vilains journalistes devenus inutiles.

    C'est plus subtil. Le métier de journaliste peut simplement aujourd'hui se lancer le défi de réussir cette nouvelle forme de coproduction de l'information en réaffirmant son expertise, son sens critique et son indépendance.

     

  • Vous avez dit désir?

    Dernier  hoquet en date de la campagne, celui de Michel Rocard appelant - dès le premier tour - à une sorte d'union sacrée de principe Royal-Bayrou pour faire front à l'axe Sarkozy-Le Pen dans une interview au journal Le Monde. Souvenons-nous au passage que ce dernier avait été mandaté par la candidate du PS pour rédiger un rapport sur "les enjeux numériques", intitulé "République 2.0 Vers une société de la connaissance ouverte".

    Beaucoup d'observateurs, mais encore plus de simples électeurs, n'y retrouvent plus leur latin politique traditionnel dans cette messe qui soudain paraît loin d'être dite même si les pithies sondagières se piquent de lancer leurs oracles médiatiques.

    A tel point qu'ils risquent de se retrouver à voter par défaut, par souci de contrecarrer la tendance des affichages statistiques partiels des instituts de sondage, pour un candidat pour lequel ils n'ont aucun "désir". Une manière d'aboutissement logique du désamour des Français pour la politique.
    Cet absence de désir, évoquée ce soir sur l'antenne de France Inter par le philosophe Bernard Stiegler, contraste tristement ( eh oui, la chair est triste!) avec les "Désirs d'avenirs" markettés par Ségolène Royal.

    INTERNET: UN EVENEMENT IMPORTANT, EN POLITIQUE AUSSI 

    Stiegler oppose à ce désir absent, l'omniprésence de la "pulsion", qui se travestit dans tous les simulacres télévisuels notamment. Qu'on n'imagine pas pour autant qu'il rejette la société de la communication dans son ensemble. Et notamment pas internet dont il perçoit le caractère important dans l'évolution des modes relationnels et culturels dans le monde d'aujourd'hui. Particulièrement dans sa dimension participative remettant en jeu l'idée de démocratie, ec qui rapportée au débat présidentiel actuel est ainsi formulée par le philosophe: "Je pense qu’Internet va transformer très profondément la vie politique. Je crois que ça va conduire à une participativité, à une implication, à une contribution des gens beaucoup plus grande dans la vie politique et c'est une très bonne nouvelle. Il s’est produit une coupure pendant les dernières décennies du fait des médias de masse qui ont produit des courts-circuits dans l'individuation collective, à travers le fait que la radio et la télévision, les médias se sont substitués aux appareils démocratiques (ce que j'appelle la télécratie). Internet permet d'imaginer une relance de la démocratie. Ce peut être aussi un outil de manipulation beaucoup plus fort aussi."

    Plus qu'une évolution, une révolution à l'image de l'invention de Gutenberg ainsi que le suggère Stiegler en affirmant que "Si on considère l'informatique comme une nouvelle écriture, la mise en réseau des ordinateurs individuels sur le web correspond à un événement de même portée que l'invention de l'imprimerie". Avec un sacré enjeu à la clef: "L'accès aux textes, aux images, aux sons, à toute la mémoire matérialisée de notre civilisation fait surgir la même possibilité neuve: celle que chacun d'entre nous puisse accéder à ce fonds directement, sans passer par ces intermédiaires obligés que sont aujourd'hui les médias, les chaînes de télévision, les détenteurs du savoir... "

    "LA SORTIE DU MODELE"

    Au-delà de la seule cyber-révolution, l'émergence du web 2.0 inspire aussi Stiegler: "La grande nouveauté réside dans le fait que le destinataire n'est plus seulement passif sous la sujetion des médias, il est média lui-même, qui créé sa propre information. Internet, en ce sens, permet d'envisager la sortie du modèle (...) dans lequel le producteur délivre quelque chose d'en haut à des individus qui se contentent de l'absorber, et l'entrée dans un autre système, s'autoproduisant en permanence".

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