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  • Et le public dans tout cela?

    Alors que des groupes de travail ont commencé à plancher sur l'avenir de la presse, que peut en attendre le public, lecteur ou internaute? Laurent Joffrin, directeur de Libération a soulevé la question jeudi dernier, en proposant justement d'ajouter une dimension à ces états généraux en créant un groupe ouvert au public.

    "Si les journaux vont mal, ce n'est pas seulement en raison d'une évolution économique défavorable ou de l'indifférence supposée des pouvoirs publics. C'est aussi parce que les journalistes, pour une grande part, ont perdu la confiance de l'opinion", suggère le patron de Libé. Et de proposer: "Pourquoi ne pas organiser partout en France des réunions entre les professionnels et le public ? (...) Pourquoi ne pas regrouper ensuite les représentants de ces instances et ceux des organes d'information dans une grande réunion nationale ?".

    Sur internet, le débat est déjà possible. Les journaux papier pourraient eux aussi ouvrir leurs colonnes à leurs lecteurs pour leur permettre d'exprimer leurs attentes...

  • Une autre posture professionnelle

    Le web 2.0 stimule la réflexion sur l'exercice du métier de journaliste. Une simple évolution ou une véritable révolution? L'avenir le dira, mais par les temps qui courrent, les rédactions doivent s'interroger sur leur pratique professionnelle à deux niveaux:

    - quels outils et quels supports pour l'information?

    - quels rapports avec l'info-consommateur?

    Avec une question connexe, celle de la valeur (marchande?) de l'information dans un monde de la communication où la gratuité bouge les lignes traditionnelles.

    Les deux questions sont évidemment liées.

    Sur la première, cela fait longtemps maintenant que l'ordinateur d'abord, puis l'accès à internet, ont modifié le travail du journaliste. Dans son rapport à l'écriture et aux processus de production par exemple, notamment dans la presse écrite. Mais aussi dans la rapidité de la recherche d'information facilitée par le web, par l'immédiateté des sollicitations que permet le net (on s'attend toujours à une réponse immédiate à une question qu'on pose à son interlocuteur...).

    Mais aujourd'hui, le web 2.0 et la téléphonie en rajoutent une couche dans l'immédiateté, la réactivité, la rapidité et remettent en question l'exclusivité des professionnels sur le traitement de l'information.

    Dans ce contexte, le schéma habituel du journaliste communiquant traditionnel générant une information descendante ou sortante diffusée à une audience plus large, est remis fortement en question.

    L'infoc-onsommateur veut participer aujourd'hui au "progrès" de la communication: il veut immédiatement de l'info sur tout mais veut aussi pouvoir lui-même nourrir ce flux avec ses propres "iniformations", réactions, questions ou opinions, en résumé être acteur et plus simplement consommateur.

    Cela déstabilise réellement des journalistes encore persuadés que leur métier est indispensable à la qualité, à la fiabilité et à l'indépendance de l'information.

    L'utilisation de nouveaux outils pour traiter l'information s'ajoute à ce trouble existentiello-corporatiste.

    Je prends ici l'exemple des journalistes de presse écrite qui évoluaient jusqu'à présent dans une dimension temps particulière. En effet, quand on travaille dans un journal quotidien, on évolue sur plusieurs strates temporelles. On cherche (et on trouve!) l'information en temps réel, on écrit pour une parution le lendemain en parlant déjà d'hier...

    Avec internet, bien sûr, cette dimension de temps décalé explose. Et la pression sur l'information devient plus forte avec le risque de ne pas toujours prendre le temps de vérifier son information qui est une règle de base du métier.

    L'autre nouveauté, c'est la nécessité d'entrer dans un processus conversationnel avec son "lecteur". Et d'accepter la légitimité de la prise de parole de ce dernier...

    Quant aux outils, on ne dit pas la même chose de la même manière quand on écrit un papier de 3000 signes à paraître le lendemain, qu'un flash sur un fil info sur le net ou un message d'alerte SMS sur un portable. Et là, on ne parle que du texte, car du côté de l'image, tout cela bouge aussi énormément!

     

     

  • Le web a-t-il une influence sur les électeurs?

    24% des électeurs internautes confessent qu'ils pourraient être influencés dans leur vote par Internet (sites web, e-mails, blogs, vidéos), c'est ce que nous apprend un sondage réalisé pour RTL par Novatris/Harris Interactiv.

    Mais 71% des électeurs interrogés affirment au contraire ne pas être sous l'influence de la toile dans leur choix citoyen.
    Pourtant entre internautes le débat est parfois vif et nourri sur les blogs. Les bloggeurs hyperactifs sur le web ne réussissent pourtant pas à modifier les intentions de vote de ceux qui les lisent: le sondage en question indique en effet que
    75% des personnes interrogées estiment qu'elles ne sont pas en mesure d'influer sur le vote des autres via Internet, contre 25% qui sont d'un avis différent.

    Alors, peut-être faut-il d'abord croire à la vocation de lieu de discussion et de débat d'internet, une sorte de creuset d'idées d'un peu partout, de tout un chacun, une addition de points de vue que ne ferait donc pas une opinion plus générale et mesurable électoramement.

    La notion de démocratie participative - ce que le philosophe Michel Onfray désigne par le terme de "Barnum participatif" - peut certes s'alimenter en "citations" venues du "peuple" communiquant, mais peut-elle pour autant légitimer cette prise de parole comme l'expression structurée d'attentes et de besoins auxquels les programmes électoraux devraient apporter des réponses politiques. L'addition d'opinions - ici donc dans une configuration de démocratie d'opinion qui incite certains candidats à jouer de la corde populiste - ne fait certainement pas l'opinion générale, ni le score électoral, a fortiori elle ne donne pas non plus les garanties d'une plateforme spontanée et émergente (façon crowd sourcing) crédible pour les candidats.

  • Présidentielles: le match télé contre internet

    medium_La_Blogosphere_politique_2006.jpgQuand ce n'est pas un post sur le net qui dévoile les propos de Ségolène sur le temps de travail des enseignants, c'est la télé qui permet à Montebourg de gaffer! On l'a compris, cette campagne des présidentielles 2007 va se jouer sur ces deux médias. Un match intéressant à suivre, en sachant que la télévision - et notamment par le passé les fameux face-à-face entre candidats - pénètre vraiment dans tous les foyers alors que l'internet n'irrigue que 60 % d'entre eux.

    Arlette Chabot, la directrice de l'information de France 2 remarque à ce propos: "Internet est un formidable espace de liberté et tous les candidats tentent de s'appropier cette part de liberté". Constat que la chaîne publique a dynamisé en proposant aux internautes de rentrer eux aussi dans le jeu via le site internet de la chaîne. medium_France_2_web.pngFrance 2 propose ainsi aux internautes de faire remonter leurs points de vue et questions, une forme nouvelle de dialogue avec les candidats, par média interposé...

    Les internautes eux sont déjà très sollicités, mais aussi très actif sur la toile comme en témoigne la floraison de blogs. Une blogosphère politique (voir illustration). Ce que la directrice de l'info de France 2 désigne par l'expression très marketée de "faire appel au génie créatif des internautes".

    De là à dire que tout se jouera sur internet, quand même pas! "Il faut voir internet comme un nouveau moyen d'expression qui éclairera certainement les citoyens dans leur choix, pense Arlette Chabot, pour autant je ne crois pas que ce soit internet, pas plus que la télévision, qui puisse "faire" l'élection présidentielle".

     

     

     

     

     

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