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  • Et le public dans tout cela?

    Alors que des groupes de travail ont commencé à plancher sur l'avenir de la presse, que peut en attendre le public, lecteur ou internaute? Laurent Joffrin, directeur de Libération a soulevé la question jeudi dernier, en proposant justement d'ajouter une dimension à ces états généraux en créant un groupe ouvert au public.

    "Si les journaux vont mal, ce n'est pas seulement en raison d'une évolution économique défavorable ou de l'indifférence supposée des pouvoirs publics. C'est aussi parce que les journalistes, pour une grande part, ont perdu la confiance de l'opinion", suggère le patron de Libé. Et de proposer: "Pourquoi ne pas organiser partout en France des réunions entre les professionnels et le public ? (...) Pourquoi ne pas regrouper ensuite les représentants de ces instances et ceux des organes d'information dans une grande réunion nationale ?".

    Sur internet, le débat est déjà possible. Les journaux papier pourraient eux aussi ouvrir leurs colonnes à leurs lecteurs pour leur permettre d'exprimer leurs attentes...

  • Une crise de l'offre?

    "Il manque une réflexion sur le contenu des journaux" affirme le sociologue Jean-Marie Charon en prélude aux états généraux de la presse qui s'ouvrent aujourd'hui. Au-delà de l'effet "Grenelle de l'information" recherché, on pourrait même aller plus loin et affirmer que la réflexion qui ne doit pas faire défaut dans cette démarche est celle sur l'offre des médias. Sujet déjà évoqué dans ce blog mais qu'il faut une nouvelle fois mettre en débat.

    Le succès des quotidiens gratuits, notamment auprès des jeunes, mais pas seulement, ont un peu laissé penser que la question du gratuit-payant pouvait être une clef pour mieux comprendre ce que se passe dans la presse en crise ou en tout cas pour ajuster son offre à la demande (en tout cas au niveau tarifaire). D'ailleurs, un grand groupe comme Ouest-France n'est pas rentré pour rien dans le capital de 20 minutes.

    Mais là où "la profession" doit aussi s'interroger, c'est sur la nature de l'offre faite aux nouveaux infos-consommateurs comme le soulignait d'ailleurs le patron de 20 minutes France Pierre-Jean Bozzo.

    Avant le rapport Giazzi dont on dit déjà qu'il donne les réponses aux questions que les états généraux se posent... le rapport du sénat avait déjà insisté sur ces pistes nouvelles pour les médias traditionnels. Tout comme le rapport Tessier "La presse au défi du numérique".

    Le débat est donc ouvert, pas seulement pour savoir quel prix vendre une information (gratuite, payante, low-cost), sur quel support la diffuser (papier, internet, téléphone mobile... ), mais surtout quelle information pour quel info-consommateur?

     

  • En préambule des états généraux de la presse

    La presse française compte 7.000 titres (quotidiens, magazines, nationaux, régionaux ou locaux^). Elle réalise un chiffre d'affaires de 10,5 milliards d'euros. Elle est organisée en 300 groupes.

    C'est néanmoins la presse quotidienne payante, nationale (PQN) et régionale (PQR) qui rencontre le plus de difficultés ces dernières décennies. La concentration constitue par ailleurs une nouvelle donne dans ce paysage médiatique. Outre les grands groupes de la presse magazine (Lagardère, Prisma, Mondadori), la PQN a connu quelques soubressauts avec le rachat des Echos par Bernard Arnault par exemple.

    Mais la PQR a certainement été un secteur particulèrement métamorphosé ces dernières années, avec la constitution de grands groupes régionaux. Auparavant, il y avait Ouest-France, qui a encore élargi son périmètre lors du rachat des titres du groupe Presse-Océan. Mais aujourd'hui, plusieurs nouvelles galaxies régionales se sont constituées. Si la Voix Nord fait désormais partie de l'entité belge du groupe Rosset, le groupe Hersant Média a repris la Provence et Nice-Matin, alors que Midi Libre, La Dépêche et Sud Ouest se sont également rapprochés dans le sud. A l'est, du nouveau aussi. Le groupe Est Républicain avait racheté le groupe Rhône-Alpes (Le Progrès, Le Dauphiné, Le Bien Public, le Journal de Saône et Loire), qui ont ainsi rejoint sous la bannière d'EBRA (Est-Bourgogne-Rhône Alpes), l'Est Républicain, la Liberté de l'Est et les Dernières Nouvelles d'Alsace. Mais ce premier regroupement, opéré grâce aux capitaux du Crédit Mutuel,  n'a fait qu'esquisser la constitution d'un ensemble plus vaste. La banque mutualiste était jusqu'alors (juste) actionnaire principal du groupe L'Alsace-Le Pays en Alsace et Franche-Comté. Le Crédit Mutuel a affirmé ces dernières années sa volonté de devenir un acteur majeur de l'univers des médias et de la communication. Avec sa prise de participation dans EBRA  d'abord (49%), puis par le rachat à 100 % du titre historique de Metz, le Républicain Lorrain. La prise de contrôle récente de l'Est Républicain ajoutant encore une pierre décisive à cette montée en puissance du Crédit Mutuel.

    Tous ces groupes de presse sont en train de se restructurer avec l'affirmation d'une ambition désormais élargie: le socle traditionnel de la presse écrite payante ne sera pas suffisant pour assurer un développement futur. Qu'à cela ne tienne! On va donc tous se lancer dans le plurimédia. Plus vite dit que fait.

    L'un des enjeux de ces états généraux sera sûrement ce changement de culture dans les médias papier qui pose non seulement la question es investissements dans les nouvelles technologies, ou la compensation de la perte des recettes publicitaires, mais aussi celle de la question des droits d'auteurs des journalistes. Les éditeurs aimeraient pouvoir disposer des droits sur tous les supports et sur une certaine durée d'exploitation. Les journalistes restent relativement crispés sur cette question, réclamant plutôt une rémunération pour chaque support (papier,internet... ). Si les états généraux débouchent, comme le souhaite Christine Albanel, la ministre de la Culture et de la Communication sur les éléments d'une loi cadre, ce seront aux partenaires sociaux de cette branche, dans les entreprises de presse, de négocier l'application de cette intention. Trouveront-ils facilement un accord "gagnant-gagnant" ou plutôt "donnant-donnant"?

    En guise de prélude à ces débats que nous suivrons sur ce blog, voici (cités par la Newsletters de Presse-Editiion) quelques citations pour réfléchir à tout cela...

    • "L’ensemble des groupes de presse – à diffusion constante – devront dépenser 143 millions d’euros de plus d’ici à 2015 et l’État 139 millions de moins" Bruno Frappat, Président du Directoire du Groupe Bayard, édito paru le jeudi 24 juillet dans La Croix, à propos des accords État Presse Poste.
    • "Le syndicat du livre CGT est la verrue qui explique l’état calamiteux de la presse", Alain Minc sur France Inter.
    • "La distribution et la commercialisation de la presse sont de vrais enjeux. Ce ne sont pas les seules causes des difficultés de ce secteur, profondément bouleversé par l’irruption d’internet et des quotidiens gratuits" Christine Albanel, ministre lors de l’inauguration d’une nouvelle Maison de la presse, dans le 13e arrondissement de Paris.
    • "Le problème auquel nous sommes confrontés aujourd’ui : faire que les jeunes de la génération numérique aient l'envie de lire nos journaux. Le défi est clair, à défaut d’être simple. Il s’agit de combiner le paradoxe d’un éditorial plus exigeant et d’une forme plus séduisante et créer des maquettes toujours plus attractives " Christian de Villeneuve, Directeur de la Rédaction du JDD.

     

  • Les modèles économiques à l'épreuve du web

    ee307318fb4fc36412b2ddf8eb039737.jpgBakchich, Rue89, ou bientôt MediaPart, les sites d'info pur player ont le vent en poupe. Pourtant, leur modèle économique, entièrement gratuit comme Rue89 ou Bakchich, entièrement payant comme MediaPart, n'est pas encore vraiment éprouvé.

    Le journal Les Echos signale ainsi dernièrement que ces trois sites sont encore en recherche de  fonds.

    Même si le postulat journalistique qui les anime - faire de l'information autrement, de manière participative et citoyenne, et en tout cas en restant indépendants - est salué par toute la profession comme une bouffée d'air frais et une forme de résistance encourageante dans un contexte général de "sarkozysation" des médias (ceux des amis du président: Bouyghes, Lagardère, Bolloré, Arnault... ), certaines questions restent ouvertes.24f07b2a4df3a7b2673b6f8a606b2a04.jpg

    Ainsi, comment assurer le coût d'une ligne éditoriale dégagée de toutes pressions économiques (on appelle cela des actionnaires, des annonceurs... ) alors même que pour exister ces médias doivent trouver des capitaux. Même si de bonne fées (capitalistiques) se penchent sur le berceau de ces nouveaux nés.

    La publicité reste le ressort financier le plus répandu de ces modèles économiques pur web. Mais celle-ci est fortement motivée par l'audience d'un site quel qu'il soit. Et afficher 500 000 visiteurs uniques mensuels suffit-il à drainer des budgets en adéquation avec les besoins d'une rédaction qui veut se donner les moyens de travailler en toute liberté? La liberté dans ce cas étant aussi de se donner du temps, des moyens humains, voire des garanties financiières en cas de poursuites judiciaires (qui restent un bon moyen de tuer un journal fragile financièrement, sur le papier ou sur le web).

    A l'heure où, par mimétisme avec le grand modèle américain (The Washington Post, The New York Times... ) la tendance est plutôt à la gratuité de l'information sur internet, ces nouveaux sites pourront-ils perdurer?

    Edwy Plenel et MédiaPart veulent pousser le défi encore plus loin, avec un modèle financé par les lecteurs qui pourrait se passer de la mane publicitaire. Son "point mort" annoncé, entre 65 000 et 75 000 abonnés selon Les Echos.

     

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