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  • Faut-il abandonner le papier?

    "Etats généraux de la presse: et si on laissait tomber le papier"?, c'est la question-provoc que pose Benoît Raphaël (animateur du Post) sur son blog Demain tous journalistes.

    Une manière de contre-pied par anticipation sur les propos tenus hier par le chef de l'Etat en ouverture de ces états généraux où le message sous-jacent ressemblait un peu à: l'écrit, le papier et le payant ne doivent pas être condamnés et le salut ne vient pas que du gratuit et d'internet. Les éditeurs de la presse quotidienne ont d'ailleurs pour la plupart réagit très positivement à ces intentions affichées...

    Benoit Raphael renvoyant aussi sur Frédéric Filloux (l'ancien directeur de la rédaction de 20 Minutes) échaffaude un scénario où très radicalement les éditeurs papier basculaient du jour au lendemain du print vers le web intégral pour réduire leurs coûts, selon l'idée reçue (à vérifier encore) que cela coîte moins cher d'entretenir une rédaction pour une publication numérique que pour une version à imprimer qui rentre dans un processus industriel lourd et coûteux.

    Mais derrière ce type d'hypothèses, qui ont au moins le mérite de pousser à la réflexion, se terre une autre question: quelle valeur peut-on créer uniquement sur le web vs/le print?

    Pour sa part, Jean-Clément Texier, observateur et conseiller avisé du monde des médias, observe:  "le numérique est un défi, qui va peut-être donner un nouvel essor à l’écrit. Demain, on ne parlera plus de quotidien, d’hebdo, de papier, d’écran. Il y aura des producteurs d’info labellisée sous des marques fortes. Ces marques déclineront différents types de contenus sur différents supports. Il faut espérer que ces marques seront celles des éditeurs de presse, sinon elles seront développées par de nouveaux entrants."

     

     

     

     

  • L'encre numérique sera-t-elle sympathique pour la presse?

    medium_PlasticLogicOffice.jpgQuel journal lirons-nous demain?

    Le thème avait déjà abordé dans ce blog il y a quelques temps. Le lancement d'une édition e-paper (encre numérique) par le quotidien Les Echos vient alimenter l'actualité de cette question.

    Mais à quoi ça ressemble finalement l'e-paper? Et ses supports de lecture?medium__2C66DBFE-D69B-4BE9-A64C-5AA005F1588E_picture.2.JPG

    Voici la version plastic-logic (photo à gauche) qui affiche une certaine souplesse et un profil très fin et le modèle Iliad d'i-rex (à doite) plus proche de l'e-book déjà connu et que vont utiliser Les Echos.

    Les lecteurs vont-ils adopter ce type de supports dont la matérialité change radicalement le rapport au vieux quotidien papier imprimé?

     

  • Quel journal lirons-nous demain?

    medium_ebook-thumb.jpgCela commence comme un film d'anticipation: Tom Cruise dans un métro futuriste lit ce qui ressemble encore à un journal mais dont les articles s'actualisent au fil de la lecture. Nous sommes dans le film de Steven Spielberg Minory report et ces images ne servent que d'introduction à une présentation proposée par Nicolas Boutet de Wedia lors du dernier congrès Vive l'écrit à Strasbourg. Une manière d'aller directement au sujet de la question: le papier "papier" est-il condamné? Lira-t-on demain son journal sous une autre forme physique que ces pages imprimées dont le format a certes changé pour passer du plus grand au plus petit, mais dont la matérialité reste toujours la même? En d'autres termes encore: l'e-paper (l'encre numérique en fait) va-t-il permettre devenir un support de diffusion grand public dans les prochaines années?

    De l'e-book à l'e-journal? Les Echos ont choisi d'explorer cette piste, lmedium_e-paper.gife journal De Tidj a testé pendant 4 mois auprès de 200 lecteurs ce nouveau support avec 90 % de taux de satisfaction et 50 % de lecteurs prêts à acheter le support en question. La technologie en tout cas est là, prête à être utilisée. L'e-book n'a pas encore - et de loin pas - encore détrôné le livre. Mais on a vu à d'autres occasions qu'une nouvelle technologie perçue à ses débuts comme marginale et peu susceptible de devenir d'usage universel pouvait aussi soudain basculer de la confidentialité de quelques experts et "geeks" au statut d'objet grand public à usage quotidien. Et l'on ne peut prédire toutes les évolutions liées à la toile.

    L'e-book existe déjà, mais les nouveaux e-readers qui arrivent sur le marché à des prix encore assez élevés (on n'est pas encore sous la barre des 100 dollars) donnent des pistes pour l'e-journal de demain peut-être...

    • la lecture multimédia ( texte, photo, vidéo, son)
    • l'hypertextualisation du contenu (par exemple remonter à partir d'un mot clef dans un texte vers les autres articles déjà publiés sur le même sujet ou vers d'autres liens multimédias)
    • un mode de lecture modulaire (on peut zoomer dans la page, aller directement à une rubrique... )
    • la multifonctionnalité du matériel utilisé: on peut lire son journal certes, mais aussi écouter de la musique au format mp3, s'en servir comme d'un GPS, lecteur RSS

    Pour la production de l'information et sa consommation, un e-journal cela signifie aussi

    • un journal qui de "quotidien" (paraissant toutes les 24 h, de manière hebdomadaire ou mensuelle...) devient un journal en temps réel ou, selon l'expression utilisée par Nicolas Boutet de Wedia: "un journal en bouclage permanent". On imagine ce que cela peut changer dans la vie d'une rédaction!
    • Un journal qui peut se lire "à la demande", multiéditionné en quelque sorte selon des critères géographiques, de centres d'intérêt ou de typologie de lecteurs
    • Un journal qui préserve le plaisir de lire grâce à un feuilletage encore amélioré par des outils de navigation et de recherche
    • Un journal naturellement interactif: sondage en direct, panels lecteurs, notes d'intérêt pour les articles ou les rubriques, jeux à télécharger...

    Quelques pistes d'avenir? On verrra, en tout cas on s'en voudrait de ne pas évoquer la dimension économique de ce questionnement d'ordre technologique. Si on arrive à diffuser dans le grand public une information constamment actualisée sur des supports numériques nomades, conviviaux et communicants, pourra-t-on se passer d'imprimer encore des journaux papier paraissant chaque matin?medium_616_photo.jpg

    J'entends déjà vos cris:

    "Comment? Vous imaginez que je vais lire un journal sur e-paper en prenant mon petit déjeuner et renoncer à ce contact quotidien avec le papier et l'encre qui accompagne mon réveil d'un doux cérémonial?????"

    C'est Hegel qui a dit que la lecture du journal c'est la prière du matin?

     

  • Vive l'écrit: 4. Journalistes acteurs du changement

    Face à l'émergence des nouveaux médias et plus particulièrement du développement d'internet, "la presse résiste assez bien" pense Henri Pigeat, président du CFJ et président de la Task Force "Quality" de la WAN (l'association mondiale des journaux). L'ancien président de l'Agence France Presse ne lance pas ce cri de résistance sans arguments:

    • 1,2 milliard de personnes disent lire un quotidien chaque jour dans le monde
    • les quotidiens restent le deuxième support de publicité au monde avec un chiffre d'affaires de 190 milliards de dollars
    • les nouvelles formules et les innovations sont en augmentation ces dernières années dans la presse

    "Nous ne sommes pas devant une crise de demande, mais devant une crise d'offre", en déduit Henri Pigeat qui du coup pose cette question: "Comment nous adapter?" Evidemment, face à ces enjeux, les rédactions se retrouvent en première ligne. Sont-elles aujourd'hui en configuration et dans un état d'esprit suffisamment offensif pour relever ce défi?

    L'adaptation suggérée par Henri Pigeat doit selon lui s'appuyer sur trois nécessités:

    • la formation continue des équipes rédactionnelles
    • le contrôle qualité de nos produits
    • la réorganisation de nos rédactions

    "Les journalistes ne doivent pas être victimes du changement, mais acteurs du changement", lance avec conviction Jacques Camus, le patron de la République du Centre. Cela signifie "mettre en oeuvre de nouvelles pratiques, en liaison avec les acteurs sociaux", repenser le "contrat de lecture", "assumer ses responsabilités de journalistes avec le lecteur".

    Pour ce dirigeant de la presse quotidienne régionale, "nous avons aussi une légitimité sur internet": en suscitant des débats permettant la confrontation des idées et des points de vue via internet repris ensuite dans l'édition papier par exemple; en travaillant avec des panels de lecteurs sur des sondages réguliers, en faisant du journal dans sa combinatoire papier-web "un facilitateur de relations", contribuant ainsi au "renforcement de la fonction de lien social du journal".

    La presse doit donc réagir sur le web, repasser à l'offensive, remobiliser ses troupes sur de nouvelles stratégies relationnelles avec le lecteur (ou plutôt l'ex-lecteur ou le non-lecteur), ce média-consommateur qui demande autre chose qu'un rapportage d'information du lendemain, institutionnel souvent, autre chose qu'un simple miroir présenté à la vie locale avec tous ses archétypes, une autre manière de prendre en considération la diversité des points de vue par rapport à la pensée dominante, un autre rapport à l'utilité, un vrai service gagnant (le consommateur cherche le profit à retirer de l'usage d'un média), mais aussi une forme de divertissement dans la relation sociale tel que l'expression dans des blogs ou des forums le permet.

    Cette presse qu'on croit volontiers sclérosée dans ses certitudes, coulant lentement comme le Titanic au mileu des icebergs hostiles des nouveaux médias, abandonnée par des cyber-consommateurs en quête de gratuité et de zapping ou d'encyclopédisme au rabais (l'internet c'est le meilleur et/ou le pire), cette presse donc, semble se réveiller aujourd'hui. Mais attention, il faut aller vite...

     

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