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  • Une nouvelle icône

    863330084.jpg8,3 millions de téléspectateurs, pour une part d'audience de 40,2%, selon les chiffres de Médiamétrie, c'est le score obtenu par le journal télévisé de 20 h de TF1 hier soir. Une audience à mettre au crédit de la nouvelle présentatrice-vedette, Laurence Ferrari, la remplaçante de l'historique PPDA, débarqué par la nouvelle direction de TF1 avant l'été.

    Une Ferrari a donc remplacé la vieille Rolls ronronnante depuis 21 ans de grand messe télévisuelle hexagonale quotidienne. Et la nouveauté a bien buzzé dans les médias.

    Les commentaires sont variés: "Un 20 heures sans Poivre ni sel" titre Libération qui accorde même un appel avec photo en Une de son édition d'aujourd'hui. Certains ont noté qu'elle avait ouvert son premier JT par un "Bonsoir à tous et bienvenue dans VOTRE (en insistant sur le mot) journal préparé par LA REDACTION de TF1". Une manière de se démarquer par rapport au culte de la personnalité de son illustre prédécesseur?

    La vraie question reste de savoir si l'information sur TF1 va changer sur le fond et pas seulement sur la (belle) forme d'une présentatrice déjà bien peopolisée...

  • Quel avenir pour la télé publique?

    a2657c94cc0d22ee8c99ce9b315b54f2.jpgAprès le scud lancé en pleine conférence de presse présidentielle, le monde des médias s'est mis en agitation soutenue pour savoir quel sera l'avenir de l'audiiovisuel public.

    Si les actions de TF1 et de M6 ont soudain bondi, en tant que favoris potentiels à la récupération d'une (grosse) partie du gâteau publicitaire (voir le dossier publié à ce sujet par CB News), dans les chaînes publiques le doute s'est installé.
    Pas seulement dans les têtes des 300 personnes des services de publicité de France Télévisions qui s'interrogent légitimement sur leur devenir, mais aussi dans celles de tous les acteurs de l'audiovisuel: journalistes, techniciens, producteurs, animateurs...

    Diverses spéculations circulant: on va vendre France 2 au privé ou on va fourguer France 3 aux Régions... De Carolis, Albanel et Fillon se sont empressés d'entonner le choeur des garanties données au service public de survivre à ce nouveau coup médiatique de Nicolas Sarkozy.

    N'empêche, en déshabillant le service public de 800 millions d'euros de recettes publicitaires, le président de la République lance aussi une forme de défi aux chaînes nationales, celui de reconquérir un vrai statut de service public.

    Mais c'est quoi une télévision publique de qualité? Une télé libérée des contraintes de l'audimat? Certainement pas, en tout cas, ne doit-on pas exiger de notre service public qu'il soit aussi au service d'une grande idée: la démocratisation de la culture par exemple. Verra-t-on plus de théâtre en prime-time, plus de débats, plus d'émissions d'analyse pour comprendre l'évolution de notre société? Ou va-t-on considérer que toute publique qu'elle est France Télévision doit aussi divertir son auditorat, se rendre accessible à tous les publics, éviter un élitisme qui l'isolerait de la France profonde et jetterait dans la fosse aux lions de la téléréalité et de la télé poubelle pour cerveaux disponibles, une grande majorité de téléspectateurs?

     

  • Quand les candidats se plantent

    En journalisme il existe un principe désigné par le terme "droit de suite". Il consiste, pour celui qui pense que ce métier requiert encore quelque rigueur, à revenir à la charge sur un sujet déjà traité pour vérifier si tout cela colle vraiment ou si les réponses obtenues aux questions posées correspondent bien à la réalité.

    Le journal Le Monde a dernièrement repris ce principe pour épingler les candidats passés dans l'émission de TF1 "j'ai une question à vous poser".

    L'exercice confirme que souvent le discours politicien ne s'embarrasse pas de précision et surfe allégrement sur la vague de l'à peu près ou de l'intox.

    Quelques exemples cités dans l'article du Monde, déclinés par candidat à l'Elysée:

    Sarkozy pour commencer, qui affirme que la moitié des Français touchent le SMIC. Perdu! Selon Eurostat, rapporte Le Monde, près de la moitié des Français perçoivent 1484 euros par mois et seulement 15,6 des salariés gagnent le SMIC à plein temps.

    Même plantage su re prix du baril de pétrole: le record historique du baril s'établit à 77,25 dollars, le 13 juillet 2006. Sarkozy joue la surrenchère quand il affirme: "Lorsque j'étais ministre des Finances, le Brent était à 42 dollars le baril, c'est monté jusqu'à 90, c'est redescendu".

    Fâché avec les chiffres, l'ancien locataire de Bercy, l'est aussi avec les dates: quand il évoque l'inflation: "Il y a 40 ans, on empruntait à 18 % et il y avait une inflation à 24". Faux! Il y a 40 ans, on était donc en 1967, l'inflation était de 2,7 % seulement. C'est en 1974 (choc pétrolier!) avec 13,7 % et en 1980 avec 13,6 % que l'inflation bat ses records et donc que le différentiel avec les taux d'emprunt joue de son effet positif.

    Bon d'accord, c'est du direct et du "sans fiches" genre "je vous regarde dans les yeux et je vous dis ce que je crois savoir", mais quand même ce sont là des repères classiques de l'histoire économique hexagonale qu'un ancien ministre des Finances devrait parfaitement maîtriser.

    Pour respecter l'ordre juste, passons à Ségolène Royal, qui n'est pas en reste dans "l'inexactitude" tout en ayant fait preuve d'une grande 'bravitude" lors de son passage d'examen participatif télévisuel.

    Sur la question du salaire minimum, elle ne fait guère mieux que son adversaire UMP quand elle lance que "notre salaire minimum est l'un des plus bas, notamment par rapport aux pays du Nord". Plantée! Le salaire minimum français (1254 euros mensuels brut) est au contraire l'un des plus élevés d'Europe après le Luxembourg, L'irlande et la Belgique. Quant aux pays du Nord, Suède et Finlande, il n'y a tout simplement pas de salaire minimum!

    Comme quoi, on a beau avoir fait l'ENA, on peut tout de même être fâchée avec le calcul. Quand la candidate socialiste dit que la revalorisation de 5% des minimum vieillesse mettrait immédiatement 50 euros de plus dans la tirelire de nos anciens chaque mois, elle se trompe. 5% de 625 euros, cela fait 31 euros! Elle sert à quoi la calculette?

    Bon, ça suffit, arrêtons le massacre! On peut se dire que quand les discours plus classiques sont préparés toutes ces données sont vérifiées par une cohorte de conseillers experts et vigilants et que finalement c'est l'épreuve médiatique qui dans ce cas a troublé la bonne intelligence de nos candidats... Et que dans ce spectacle politique, l'animateur de la soirée (un journaliste nommé PPDA qui a plutôt l'air de s'emmerder) ne sert pas non à rectifier en direct ce genre d'erreurs et d'approximation..

     

     

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